LIMITATION DU MONNAYAGE
On a dit : « La monnaie perd chaque jour de sa valeur, parce que les banquiers spéculant sur la baisse des lingots envoient à l'envi des quantités considérables d'or aux hôtels des monnaies et font d'énormes profits au détriment du public. Il y aurait un moyen bien simple d'empêcher la baisse des métaux ; ce serait d'arrêter le mal dans sa source, de ne pas livrer le monnayage à l'anarchie de la spéculation, mais de le réserver à la sagesse du gouvernement. Si une loi établissait qu'à l'avenir nul particulier n'aurait le droit de faire battre monnaie pour son compte, mais que l'État seul posséderait le privilège de faire frapper ses propres lingots et d'émettre de la monnaie, il n'y aurait plus aucun danger à craindre ; car l'État aurait la prudence de n'en émettre que la quantité nécessaire pour éviter tout changement dans le rapport de la monnaie avec les marchandises ; on ne verrait pas, comme aujourd'hui, le monnayage devenir tout à coup trois fois plus considérable, et la monnaie se déprécier. »
Un pareil moyen peut paraître au premier abord simple et facile à appliquer : mais il faut en général se défier des moyens