‹ La question de l'or; les mines de Californie et d'AustralieChapitre 122 sur 148 · LA QUESTION J)£ L'OR. LIV. IV, CHAH. V · texte numérisé non relu

LA QUESTION J)£ L'OR. LIV. IV, CHAH. V

droit de transporter en certaine quantité sans déclaration. Les employés négligeraient probablement beaucoup une surveillance si pénible; mais leur indulgence n'empêcherait pas le public de se plaindre d'une loi fâcheuse, ncTn plus que les saisies qu'ils feraient de temps à autre, n'empêcheraient la fraude de s'exercer avec profil.

Une dernière objection. En supposant même que le droit puisse être perçu dans toute sa rigueur, et que l'argent ne sorte plus de nos frontières, atteindra-t-on le but proposé? Esl-il bien certain qu'on verra augmenter ou tout au moins qu'on ne verra pas diminuer la proportion de notre monnaie d'argent? J'en doute. Les métaux, comme toutes les marchandises, viennent naturellement sur les marchés où ils sont traités avec le plus de faveur ; c'est pourquoi, grâce à notre rapport de 1 à IB 1/2, nous avons aujourd'hui tant d'or. Si l'argent est frappé d'un droit à la sortie, il devient une monnaie moins commode, et les importateurs français achèteront de préférence l'or, qui aura pour eux le triple avantage de se vendre meilleur marché à l'étranger et de pouvoir, après avoir été introduit en France, servir également au commerce intérieur et au commerce extérieur. On exportera moins d'argent, c'est vrai, mais on en importera beaucoup moins; car les banquiers et les spéculateurs n'auront aucun intérêt à importer un métal qui leur coûtera plus cher que l'autre, qui ne vaudra pas plus que l'autre en France, et qui perdra à la sortie 1 1/2 ou 2 p. O/q. En admettant qu'il nous reste aujourd'hui un milliard d'argent, la perte annuelle peut être estimée à cinq millions. Il pourrait bien arriver que les importations du commerce ne comblassent même plus ce déficit annuel, et que l'État fût obligé de faire lui-même à grands frais des achats de métaux, sous peine de voir notre monnaie d'argent diminuer encore^ non plus par suite d'un courant trop rapide de la circulation qui fertilise et anime notre industrie, maiâ par suite d'une sorte de stagnation et de sécheresse dont souffriraient nos transactious.

(UlTIVERSITY)

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