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grammes, y* Mais rien ne fixait leur valeur. On avait même t)résenté un projet de loi dont l'article Y était ainsi conçu :
<c Art. V. La valeur légale de la pièce d'or ne sera pas fixe ; elle variera comme le prix des matières d'or dans le commerce. En conséquence, les citoyens pourront se transmettre les pièces d'or au taux stipulé entre eux de gré à gré.
» Mais pour prévenir les abus et les entraves dans le service public, le cours légal de la pièce d'or sera toujours, pendant chaque semestre de l'année, égal à la moyenne du prix commercial de la pièce d'or à Paris dans les six mois précédents, d
Ce système ne fut jamais appliqué ; la République ne frappa que des pièces de cinq francs en argent. Quand, sous le Consulat, on commença à fabriquer des pièces d'or, le système était changé. La question avait été toutefois vivement débattue au Conseil d'Etat; mais le ministre des finances avait représenté avec sagesse les inconvénients qu'avaient ces perpétuelles variations pour les gens de la campagne, pour la plupart des petits commerçants, et surtout pour l'Etat dans ses rapports avec ses officiers comptables ; la loi du 7 germinal an xi avait établi la proportion fixe de i à 15.5.
Dans une convention toute récente, l'Allemagne vient de reprendre le système abandonné par le Consulat. Le S4 janvier 1857, l'Autriche, la Prusse et les Etats du Zollverein ont adopté pour étalon monétaire l'argent, et fixé le poids du tha- 1er, du florin d'Autriche, et du florin de Bavière, les seules monnaies légales de l'association. Ils ont décidé de plus qu'ils auraient deux espèces de monnaies d'or : la couronne à la taille de 80 par livre d'or fin et la demi-couronne à la taille de 100. Mais nul ne sera obligé de les recevoir en payement, et chacun ne les acceptera qu'au prix qui lui cpnviendra ; la loi ne fixe rien à cet égard et laisse aux particuliers une entière liberté. Seuls les Etats qui voudront bien les accepter dans leurs caisses, feront savoir à l'avance à quel prix ils ks prendront par des déclarations auxquelles ils donneront une grande
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publicité, qu*ils renouvelleront au moins tous les six mois, et même plus fréquemment s'il leur convient dans Tintervalle de ne plus accepter Tor au même taux.
L'expérience n'a pas encore prononcé son arrêt ; mais il est à craindre que l'Allemagne n'éprouve les inconvénients que signalait en 1803 le ministre français; il est à craindre que dans l'intervalle des six mois, les officiers comptables ne profitent de la moindre baisse de l'or pour vendre tout l'argent de leur caisse et pour faire un profit illicite au détriment de leur gouvernement, que les contribuables au moins ne profitent de la différence des cours pour payer avec la monnaie la moins coûteuse, que les Etats n'éprouvent quelquefois des pertes graves par suite d'une baisse qui ne leur permettrait de donner qu'à un prix beaucoup moindre Torque, dans les six mois précédents, ils auraient reçu pour une valeur supérieure ; il est à craindre qu'au moment de la déclaration de la valeur officielle, l'or ne donne lieu à un agiotage fâcheux dont le gouvernement serait la dupe et dont le commerce souffrirait, que les particuliers n'éprouvent des embarras et n'hésitent à accepter cette monnaie, si commode dans les circonstances ordinaires, que les campagnes effrayées par la complication du calcul des cours ne la repoussent entièrement, et que l'Allemagne ne soit à peu près réduite à sa monnaie d'argent.
La monnaie est l'instrument perfectionné des échanges; nous l'avons plus d'une fois dit et démontré dans le cours de ce travail. Mais à quelle condition est-elle un instrument perfectionné ? A condition qu'elle représente une valeur fixe, bien déterminée, bien connue de tous. C'est à ce titre qu'elle est, dès qu'elle se présente, acceptée de tous avec confiance et sans contestation, et qu'elle peut circuler avec tant de rapidité. La monnaie suisse et les pièces de cinq francs belges sont reçues en France sans aucune difficulté et s'y trouvent même en assez grande quantité. Les souverains anglais y sont rares ; ils ne circulent pas ; dès qu'ils se trouvent dans le commerce,
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ils se rendent immédiatement chez les changeurs. Pourquoi cette différence ? C'est parce que les pièces suisses et belges , frappées d'après notre système monétaire, ont pour nous une valeur fixe, c'est-à-dire un rapport invariable avec les autres pièces en circulation. Peu importe que les marchandises haussent ou baissent, la pièce de cinq francs vaut toujours cinq francs ; elle s'échange contre cinq pièces de un franc, et il en faut quatre pour se procurer une pièce de vingt francs ; ce sont des nombres ronds, invariables ; le change n'exige aucun calcul, et tout porteur d'une pareille monnaie sait exactement ce qu'il a dans sa poche : c'est là le point important. Il n'en est pas de mAme des pièces anglaises; le souverain vaut tantôt un peu plus, tantôt un peu moins de 2S fr. 30, selon le cours du change. Combien vaut-il aujourd'hui? C'est ce que j'ignore. Mon voisin à qui je veux donner en payement une pièce de cette espèce, l'ignore comme moi ; et pour savoir la valeur de la monnaie que nous employons, nous serions obligés de consulter un homme du métier ou tout au moins la cote des changes. Il faut avouer que c'est là une grande gène. Aussi d'ordinaire les particuliers reçoivent:iis le souverain coinmc une monnaie fixe au prix de vingt-cinq francs, parce qu'ils sont dans l'impossibilité d'en suivre les variations. Mais dans ce cas, il y a nécessairement une partie lésée. Le vendeur, qui est libre de refuser, déclare souvent qu'il ne donne pas sa marchandise pour une monnaie dont il ne connaît pas la valeur; et le possesseur de la pièce anglaise est forcé de recourir au changeur, soit parce que les autres marchands ne veulent pas lui tenir compte de la.prime, soit parce qu'ils ne veulent pas s'exposer à une perte. La mobilité de la valeur est contraire à l'essence de la monnaie. Elle est un obstacle, au lieu d'être une facilité pour la circulation ; elle réduit les pièces monnayées au simple rôle de lingots marqués par l'essayeur. Les Chinois n'ont pas d'autre monnaie, assure-t-on ; mais devons* nous prendre la Chine comme modèle de nos institutions éco-
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nomiques ? Entre une monnaie variable et une monnaie invariable, le public n'hésitera jamais plus qu'il n'hésite entre la pièce anglaise et la pièce belge.
Deux moyens ont été proposés pour réduire l'or au rang d'auxiliaire de l'argent. Us consistent à frapper des pièces sur lesquelles on inscrira non plus la valeur, mais le poids d'or fin, puis à déclarer ou que ces pièces n'auront pas d'autre valeur que celle qu'il plaira aux particuliers de leur attribuer dans leurs transactions, ou que l'Etat déterminera lui-même tous les six mois cette valeur d'après le cours des lingots sur le marché. Quelleque soit celle des deux mesures que l'on adopte, les conséquences seront les mêmes. On ne voudra pas plus d'une monnaie exposée à changer tous les six mois que d'une monnaie exposée à changer tous les jours. L'or disparaîtra du commerce; il n'aura plus guère cours que parmi les banquiers et quelques grands négociants, et, quand par hasard il paraîtra dans les caisses de TEtat, il deviendra de la part des comptables l'objet d'un agiotage fâcheux, comme le prévoyait en 4803 le ministre des finances.
La France se trouverait dans une situation singulière. En admettant une certaine monnaie d'or, elle déclarerait, ce qui est vrai, qu'elle ne peut se passer de ce métal, et il arriverait que, par la combinaison adoptée, ce même métal émigrerait peu à peu et lui ferait presque entièrement défaut ; elle aurait pris celle mesure dans le but de relever et de rendre plus fixe la valeur de la monnaie, et il arriverait que par suite de la solidarité des deux métaux, l'argent ne remonterait pas, comme elle l'aurait pensé, à son ancien niveau, et que tôt ou tard une découverte de la chimie amènerait tout à coup dans la production de l'argent une pefrturbation semblable à celle qui se produit aujourd'hui pour l'or. II ne serait certes pas prudent, dans la perspective de telles conséquences, d'imposer à l'Etat une énorme dépense ou de faire subir aux particuliers une perte non moins grande afin de donner à la France Tétalon d'argent.