‹ La question de l'or; les mines de Californie et d'AustralieChapitre 24 sur 148 · RÉSUMÉ. — AVENIR DBS MINES · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ. — AVENIR DBS MINES

{ères, mais dans rélévation du coût de production et dans la baisse de la valeur de l'or sur le marché général du monde.

Si l'avenir promet pour de longues années encore une abondante production aux mines d'or, il promet aussi de grandes richesses aux mines d'argent. On parle beaucoup aujourd'hui de l'inondation de l'or ; il y a dix ans on ne parlait que de l'inondation de l'argent; et la possibilité d'un énorme accroissement dans la quantité de ce métal inspirait des craintes à l'économie politique. La longue chaîne qui parcourt les deux Amériques, depuis les montagnes de l'Orégon jusqu'au Chili, renferme, dans toute sa longueur, sur sur une étendue de plus de 13,000 kilomètres, des filons d'argent, comme elle renferme des minerais d'or. Elle n'a encore été attaquée que sur quelques points isolés; et ces quelques points , tels que le Potose, au Pérou , la Veta- Madre, au Mexique, ont déjà rendu d'immenses richesses ; c'est de ses flancs qu'est sorti presque tout l'argent qui est aujourd'hui dans le commerce, puisque sur 31 milliards d'argent, l'Amérique seule en avait fourni 27 en 1848. Au Mexique, dans la Nouvelle-Grenade, au Pérou, dans la Bolivie, au Chili, on exploite des mines. Dans l'Amérique septentrionale, presque tous les fleuves, tous les ruisseaux qui descendent des hautes vallées des Andes roulent des sables argentifères. M. de Humboldt pensait que l'Amérique n*avait pas une richesse moins grande en argent qu'en or. « La richesse des chaînes de montagnes de l'Amérique en gisements d'or et d'argent est étonnante, dit-il. En passant en revue la quantité des gisements d'or qui y abondent visiblement, gisements dont on a à peine commencé l'exploitation maintenant, et même dans quelques localités seulement, on reste convaincu que si on parvenait à apaiser les troubles politiques qui mettent obstacle à toute espèce d'industrie, et si on introduisait dans ces mines les procédés dont on se sert en Europe pour l'exploitation, les seules mines du Mexique déjà

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connues pourraient fournir une immense quaatité d'argent. » Ailleurs, il ajoute : a L'Europe serait inondée de métaux précieux, si Ton attaquait à la fois, avec tous les moyens qu'offre le perfectionnement de l'art du mineur, les gîtes de minerais de Bolanos, de Batopilas, de Sombrerete, de Rosario, de Pachuca, de Moran, de Zultepec, de Chihuahua, et tant d'autres qui ont joui d'une ancienne et juste célébrité... En général, l'abondance de l'argent est telle dans la chaîne des Andes, qu'en réfléchissant sur le nombre des gîtes de minerais qui sont restés intacts, ou qui n'oiît été que superficiellement exploités, on serait tenté de croire que les Européens ont à peine commencé à jouir de cet inépuisable fonds de richesses que renferme le Nouveau - Monde. » M. Boussingault, qui a plus récemment visité les mêmes contrées, partage entièrement sur ce point l'opinion de M. de Humboldt.

Trois obstacles ont entravé jusqu'ici l'industrie des mines d'argent.

Dans les pays où sont actuellement les plus riches filons, il faut mettre en première ligne les troubles politiques et la mauvaise administration. Le Mexique et le Pérou sont loin d'être dans des conditions favorables à la production. Pendant cfue les États-Unis ont des voies de communication plus faciles et plus multipliées qu'aucun autre pays du monde, le Mexique n'a ni canaux ni routes dans le voisinage de ses mines ; ce sont des chemins de montagne par lesquels il faut faire porter souvent à dos de mulet tout ce dont on a besoin ; les seuls frais de transport s'éjèvent à plus de 30 pour 100 dans le prix de l'argent. Le gouvernement, loin de faciliter aux mineurs les moyens de produire à meilleur marché, surcharge encore la production de droits divers qui figurent dans les frais généraux pour la somme énorme de 145 pour 1000.

Voici comment s'exprimait à ce sujet M. Dufrenoy dans

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