AVANT LA DÉCOCVERTE DE L'AMÉRIQUE
Quelle était la quantité d'or et d'argent qui circulait dans le monde avant la découverte de l'Amérique? C'est ce qu'on ne saurait dire, même d'une manière approximative; et les statisticiens qui ont essayé de le déterminer, en fondant leur système sur des hypothèses, ont fait preuve d'esprit d'invention plus que d'e?:actitude. Ce qui est certain, c'est que la société antique avait beaucoup moins d'or et d'argent que la nôtre, que ces deux métaux lui étaient fournis uniquement par l'Asie occidentale, le nord de l'Afrique et l'Europe, et qu'une partie de la quantité extraite des mines restait enfouie dans des trésors et n'avait presque aucune influence sur la circulation : le commerce, d'ailleurs, était beaucoup moins étendu et moins actif qu'il n'est aujourd'hui, et exigeait moins de numéraire.
Si la statistique ne nous a rien laissé sur les chiffres de l'exploitation, l'histoire nous donne du moins certains indices qui permettent de retrouver quelques-unes des révolu-
miste du xix« siècle. Il veut encourager ses concitoyens à exploiter plus activement leurs mines d'argent, et il s' applique à leur démontrer en ces termes la supériorité de l'argent sur Tor. Je traduis littéralement : a Quand un État est affligé d'une disette ou d'une guerre, la terre restant en friche, on a besoin d'une bien plus grande quantité de monnaie pour se procurer des vivres et des soldats. Mais, dira-t-on, l'or n'est pas moins utile que l'argent : je n'en disconviens pas : Je sais toutefois que Vor, quand il paraît en grande quantité {sur le marché) perd lui-même une partie de son prix, et donne plus de valeur à V argent. >i,{Sur les Revenus , ch. iv, 9 et iO.)
SUR L'BISTOIBE p£S MÉTAUX PRÉCIEUX AVANT 1848. 5
lions économiques produites par la rareté ou Tabondance des métaux précieux.
V^ PÉRIODE. Le monde ancien ne paratt jamais avoir eu un marché plus étendu, un commerce plus florissant que sous l'administration romaine durant les deux premiers siècles de TEmpire. Du temps de Pline et sous les Antonins, le kilogramme de pain valait fr. 46 ; l'argent possédait à peu près la même puissance d'achat qu'il avait en France il y a dix ans. Si l'on représente par iOO la production annuelle de marchandises et par 10 la somme totale de la monnaie au xix* siècle, il est évident que cette monnaie aura la même valeur qu'à une époque où la production était représentée par 10 et la monnaie par i . On peut prendre ces chiffres comme exemple du rapport qui existait au commencement du second siècle de l'ère chrétienne.
Il* période: Ce rapport était bien changé à la fin du iii« siècle. Dioclétieh se plaignait du renchérissement de toutes les marchandises. « Le prix des denrées, disait-il, négociées dans les marchés ou apportées journellement dans les villes, a tellement dépassé toutes les bornes que le désir effréné du gain n*est modéré ni par l'abondance des récoltes, ni par l'af • fluence des denrées. » L'empereur joignait à ces plaintes un tarif qui mettait l'hectolitre d'épeautre à 23 francs, le kilogramme de bœuf à 1 franc, le kilogramme de pain à 1 fr. 45, et il défendait, sous peiné de mort, de vendre à un prix plus élevé. Les marchands enfreignirent la défense aimant mieux s'exposer au supplice que de vendre à perte, et le tarif finit par être aboli. Dioclétien n'avait pas compris que cette cherté provenait, d'une cause sur laquelle ses édits étaient impuissants : le rapport entre la marchandise et l'argent était changé au profit de ce dernier. Comment? aucune mine nouvelle n'avait été ouverte, aucun trésor enlevé à un peuple vaincu. C'est vrai ; mais les misères de l'empire avaient tari les sources de la richesse ; si la quantité de la monnaie était toujours re-
présentée par i, celle de la marchandise ne Tétait peut-être plus que par S. La demande avait diminué pendant que l'offre ne changeait pas ; et par conséquent il fallait deux fois plus d'argent pour acheter le même produit, tout aussi bien que si, la production restant stationnaire, la quantité de monnaie avait doublé.
lu* PÉRIODE. . Cent ans plus tard, le rapport a encore une fois changé. Symmaque a signalé, à propos d'une réforme monétaire, ce phénomène économique peu observé de son temps. <c L'empereur Gratien, dit-il (Ép. x, 42), a décidé que les changeurs ne donneraient plus pour iin sou que la quantité de métal qu'il était juste de donner à cette époque; mais bientôt, le prix de l'or continuant à augmenter, le remède est devenu impuissant. Gomme sur le marché le sou a une valeur plus élevée, les denrées se vendent à plus bas prix. » En effet, du temps de Valentinien, l'hectolitre de froment se paye 67 grammes 50 d'argent, tandis que du temps de Dioclétien la même quantité d'épeautre, marchandise inférieure, était évaluée dans un tarif inapplicable à 103 grammes 50. Pourquoi ce changement? Le commerce était -il plus prospère au IV* siècle qu'au m*? Non. Mais les invasions avaient commencé ; et. à l'approche deç barbares, quiconque avait de l'or le cachait. Les métaux précieux avaient presque cessé de circuler, ceux qui étaient enfoui? n'avaient pas plus d'action sur le marché que s'ils eussent été encore dans la mine, et ceux qui restaient dans la circulation étaient devenus chers par leur rareté. Si les marchandises continuaient à être représentées par 5, et que les métaux le fussent seulement par 1/2, il en aurait fallu moitié moins pour acheter le même produit que sous Dioclétien ; mais il est plus vraisemblable de supposer que les marchandises n'étaient plus à l'argent que comme 2 1/2 à 1/4, ce qui donne le même rapport dans un commun amoindrissement du travail et de la richesse métallique.
w PÉRIODE. Les commencements du moyen âge ne de-
SUR l'histoire des métaux précieux avant 1848. 7
valent pas être beaucoup plus favorables à la production et à la circulation monétaire que les dernières années de TEmpire. La plupart des trésors enfouis à Tépoque des invasions étaient perdus. La barbarie de ces temps de désordres et de misères avait interrompu presque partout le travail des mines comme celui des autres industries. Ceux qui avaient de Tor ou de l'argent le conservaient précieusement sans le faire passer dans la circulation ; on le mettait sous forme de vases plus souvent que sous forme de monnaies. Les rois francs se faisaient gloire de posséder des trésors de ce genre. Et combien peu de valeur avaient ces trésors si vantés par les contemporains ! Chilpéric, celui des rois mérovingiens qui, après Dagobert, aima le plus le faste, étalait un jour avec complaisance ses richesses devant Grégoire de Tours, et lui montrait, comme l'objet le plus précieux, un vase d'or pesant 16 kilogrammesl/2, en disant : « C'est moi qui ai fait faire ce vase pour orner et pour illustrer la nation des Francs. » A aucune époque les métaux précieux n'ont été aussi rares que pendant les siècles qui suivirent l'invasion. Aussi n'eurent-ils jamais une puissance d'achat aussi grande : l'hectolitre de blé, qui valait 67 gr. 50 d'argent sous l'Empire, à l'époque de la plus grande rareté des métaux, ne coûtait plus que 12 gr. 37 en l'an 794, et le kilogramme de pain ne revenait pas tout à fait à 4 centimes.
Pour expliquer cette différence de prix entre les deux époques, il faudrait, en supposant que l'industrie fût restée dans le même état, dire qu'il y avait cinq fois moins de métaux dans la circulation. Mais, comme il est évident que Tinduslrie avait considérablement décru, et qu'indépendamment des autres considérations historiques, on en a la preuve dans le prix des objets manufacturés, qui n'a pas subi la même baisse que celui des produits agricoles, il faut bien croire que la diminution des métaux précieux est plus grande encore.
V* PÉRIODE. Il fallait, en effet, qu'il y eût bien peu de métaux précieux pour qu'un événement qui, en d'autres temps.
eût été sans importance, exerçât sur la circulation monétaire une influence aussi marquée. En 796, les Francs pénètrent en vainqueurs dans le camp des Avars, s'emparent des trésors que le pillage y avait entassés et les rapportent en Gaule. L'effet de cette importation subite est tel qu'en 806 le prix des céréales est d'un tiers plus élevé qu'en 794 : Thectolitre de blé vaut 16 gr. 50.
Les métaux restèrent rares et chers jusqu'à l'époque des Croisades. Le rapport de l'argent à l'or avait plus d'une fois varié dans le cours de ces révolutions. A Athènes et en Orient, il était longtemps resté comme i est à 10. A Rome, sur la fin de la République, et dans les premiers temps de l'Empire, il s'était à peu près maintenu à 1 1 1/2. Il changea dans les derniers siècles de l'Empire et sous la domination des barbares; à travers de nombreuses variations, qui le portent successivement à 15.61, 14.44, 18, 15.10, 12.95, 15.37, on remarque une hausse nettement accusée de l'or ; c'est qu'aux époques de mfsère et de pillage, l'or, qu'il est plus facile de dérober aux regards des envieux et des spoliateurs, est plus recherché et disparaît plus tôt de la circulation.
VI® PÉRIODE. Sous saint Louis, le rapport n'était plus que de 1 à 12. A celte époque, la société européenne commençait à se rasseoir dans sa nouvelle organisation. Les hommes s'étaient remis au travail; les anciennes mines avaient été reprises, do nouvelles avaient été ouvertes. Dès le milieu du viii* siècle (745 et 770), on s'était mis à exploiter en Hongrie les mines de Chemnitz et de Kremnitz qui donnaient de l'or et de l'argent. Au x* siècle, un chasseur égaré avait découvert celles du Harz, dont l'exploitation, entreprise par l'empereur Othon, bientôt interrompue en 1006, à la suite d'une famine, reprise dix ans après, interrompue de nouveau en W86, fut régulièrement suivie de 1209 à 1353 pendant 144 ans; arrêtée ensuite durant un siècle, elle recommença en 1453 pour ne plus cesser. Elle donnait de l'argent et un peu d'or; et elle four-
SUR l'histoire des mktactx précieux avant 1848. 9
nil au commerce du moyen âge de précieuses ressources. Au XIII* et au xiv* siècle , d'autres mines non moins importantes étaient en activité : celle de Schneeberg, en Saxe, donnait en argent une valeur de 7,500,000 francs par an ; celles de Brixen, dans le Tyrol, 1,2^0,000 francs; celle de Siderocapso, en Macédoine, 180,000 francs; jointes à ces mines, celles de Joachimsthal, en Bohême, d'Altenberg et de Schellgadin, dans les Alpes Noriques, celles de Facejaber, en Hongrie, celles d'Espagne, dont l'exploitation avait été déjà reprise depuis plusieurs siècles, celles de Suède et de Norwége, fournirent à l'Europe une quantité de métaux précieux assez considérable, non-seulement pour soutenir l'égalité des rapports en face d'un commerce chaque jour plus croissant, mais pour le déplacer en amenant une augmentation sensible dans les prix du marché. Ainsi l'hectolitre de blé valait.
En 1202 — 16 grammes 73 d'argent fin; 1256 — 13 98
C'est que l'offre des métaux augmentait encore plus rapidement que l'offre des marchandises. Il fallait presque trois fois plus d'argent au xiv' siècle qu'il n'en avait fallu au viii® pour se procurer le même produit; et, comme la masse des produits était beaucoup plus considérable, il faut en conclure que la masse des métaux avait fait plus que tripler.
vil* PÉRIODE. Ce mouvement de baisse des métaux s'arrêta dans le courant du xiv* siècle. La production générale des marchandises qui s'était laissé dépasser par la production particulière de l'or et de l'argent prit les devants à son tour; toutes les mines connues en Europe étaient en exploitation, et la production en était limitée. Le commerce, au contraire, malgré les troubles de la guerre de Cent ans, continuait
10 , INTRODDCTION
à s'accroître par suite des relations plus fréquentes des peuples entre eux. Qu'arriva-t-il? c'est que le rapport changea encore. Bien qu'il n'y ait eu aucune diminution dans la quantité des métaux qui chaque année sortaient des mines, l'or et l'argent reprirent de la valeur; et ce retour à la hausse se marqua surtout d'une manière très-forte à l'époque où les guerres d'Italie avaient étendu les relations et animé la production en répandant le goût du luxe et delà dépense. L'hectolitre de blé valut à Paris durant cette période :
En 1328 — 21 grammes 89 d'argent fin.
Dans aucun temps les métaux n'ont eu autant de valeur. A l'époque mérovingienne, l'hectolitre de blé n'était pas descendu au-dessous de 12 gr. 37, lorsque le travail des mines était interrompu, et que le peu d'or et d'argent qui avait échappé aux désastres et aux terreurs de l'invasion, était presque uniquement employé en objets de luxe inutiles à la circulation. Sans doute il y avait au commencement du xvi"" siècle une quantité de métaux beaucoup plus considérable qu'au VIII*, mais la quantité des marchandises était bien plus considérable encore. En représentant le numéraire par 1 au vm* siècle et par 5 au xvi®, il faudrait admettre que la somme des marchandises doit être représentée par 30 dans la pre-
SUR l'bistoibc des métaux précieux avant 1848. il
mière période, et par 200 ou 180 au moins dans la seconde.
Dans aucun temps la journée des ouvriers ne fut à un aussi bas prix. Les manœuvres qui travaillaient alors à la construc* tion du château de Gaillon avaient 1 sou 4 deniers, 2 sous au plus par jour, c'est-à-dire à peine 2 grammes d'argent fin ; les maçons 3 ou 4 sous, c'est-à-dire 3 ou 4 grammes ; et pourtant le travail était beaucoup plus recherché et devait être mieux rétribué qu'aux époques précédentes. Phénomène étrange et incompréhensible pour quiconque ignorerait les lois de la valeur de l'argent! Les contemporains le voyaient et n'en pouvaient pénétrer la cause. Louis XII se plaignait, en 1506, que « les prix d'or et d'argent estoient haussés, » et, ne sachant à qui s'en prendre, accusait les orfèvres et les marchands des foires.
Les successeurs de Louis XII allaient voir un phénomène bien plus surprenant encore : l'Amérique était découverte et on était à la Veille de la grande révolution économique du XVI® siècle.
Avant d'aborder cette révolution, revenons sur les sept périodes précédentes et cherchons à déterminer, au m*oins d'une manière approximative, quelle a été dans chacune d'elles la valeur ou la puissance d'achat des métaux précieux. Prenons pourpoint de départ l'époque moderne, où de 1846 à 1855, le prix moyen de l'hectolitre de blé sur le marché de Paris a été de 98 gr. 47 d'argent fin, et pendant laquelle nous disons que la puissance de l'argent a été 1 .
V^ PÉRIODE. Elle était également représentée par 1 à l'époque des Antonins, où le kilogramme de pain valait 1. 46.
II* PÉRIODE. Du temps de Dioclétien, quand les marchands refusaient de livrer l'hectolitre d'épeautre contre 103 gr. 50, elle n'était guère que de 0.8.
m* PÉRIODE. Au IV* siècle de l'ère chrétienne, quand l'hectolitre de blé valait 67 gr. 50, elle était à peu près de 1. 3.
lY* PÉRIODE. Pendant la domination des barbares et la
période des invasions, Thectolitre s*est vendu 12 gr. 37, et la puissance de l'argent s'élevait à 7.6.
V* PÉRIODE. Elle retombe à l'époque du pillage du camp des Avars à 5.8; mais cette baisse n'est qu'un accident passager.
vi« PÉRIODE. La baisse ne devint régulière qu'à l'époque des croisades et de l'exploitation des mines. La puissance de l'argent qui était à peu près de 5.7 au commencement du xiii* siècle n'est plus que de 3.9 à la fin du même siècle, et de 3 seulement au commencement du siècle suivant!
VII* PÉRIODE. La baisse s'arrête et la hausse recommence. La puissance des métaux est environ de 4 au milieu du XIV* siècle, de 5. 7 au commencement du xv®, de Ç.6 au milieu, de 9.9 à la fin. Un moment même, vers 1510, elle s'élève à 12 (d'après la moyenne des quatre années 1508, 1510, 1511, 1512) : c'est son apogée.
Ces chiffres, figurant la puissance de l'argent, donnent, en proportion inverse, non pas la quantité, mais la rareté relative des métaux : c'est une distinction importante sur laquelle nous aurons occasion de revenir. N'oublions pas qu'il n'y avait pas plus de métaux sous Dioclétien, quand la puissance était de 0.8, que sous les Antonins quand elle était de 1, et qu'il y en avait beaucoup plus dans la circulation lorsque, vers 1510, la puissance était de 12, que lorsqu'en 794 elle était de 7.6. C'est que cette puissance n'augmente pas et ne diminue pas mathématiquement d'après la seule diminution ou l'augmentation seule de la quantité des métaux. Sans doute, si les marchandises à acheter restaient toujours les mêmes, il en serait ainsi, et, pour élever ou diminuer les prix d'un dixième, il suffirait d'ajouter ou de retrancher un dixième à la masse de la monnaie. Mais, pour une pareille hypothèse, il faut admettre ce qui n'est pas, c'est-à-dire, qu'un des deux termes reste invariable. Or, l'activité de la production et la quantité de marchandises existant sur le marché sont sujettes à changer souvent, et c'est seulement du rapport des deux termes que
SUR l'histoire des métaux précieux avant 1848. 13 dépend la puissance de l'argent. Si, pendant que la quantité des métaux augmentait ou diminuait d'un dixième, la quantité des marchandises a augmenté ou diminué en même temps d'un dixième, le rapport et par suite la puissance des métaux n'a pas changé. Puissance signi&e donc rareté : quand même l'argent aurait doublé en quantité, il est évident qu'il serait plusraje et qu'il aurait plus de valeur, si, dans le même temps, la somme des marchandises avait quadruplé.
Monnaies et marchandises sont dans un changement perpétuel, tantôt lent et continu, tantôt brusque et saccadé ; rien n'est plus mobile que leurs rapports réciproques que l'on nomme la valeur. Pour trouver la loi de ces variations, il faudrait les observer d'un point fixe, et ce point n'existe pas. Il faut donc l'inventer; il faut faire comme l'astronome qui suppose la terre immobile pour rendre compte du mouvement apparent du ciel, ou le soleil fixe pour calculer les révolutions des planètes. Nous aiissi, forcés par les besoins journaliers de la vie et par une tendance naturelle de l'esprit philosophique, nous supposons la fixité dans le mouvement ; nous prenons, dans un temps donné, l'argent comme le type immuable et l'étalon de la valeur; dans la série des temps, nous prenons le blé et le travail. Et pourtant, dans un temps donné, l'argent change, mais il change moins que les autres marchandises; dans la série des temps, le blé et le travail lui-même changent de valeur avec les progrès de l'agriculture et de la civilisation, mais ils changent moins que l'argent et l'or, et c'est pourquoi ils peuvent à leur tour servir de mesure aux métaux qui les mesurent eux-mêmes dans les transactions ordinaires du commerce. Il n'y a pas de valeur absolue ; mais il y a, en économie politique comme en astronomie, des moyens de rendre compte des phénomènes et de presser la vérité d'aussi près qu'il est possible de le faire.