LOIS QUI RÈGLENT LA VALEUR DES MÉTAUX PRÉGIRUX
ai^SOO millions, et est-elle en 1837 de 37,789 millions? Pas précisément; et, bien que moins fausse que la précédente, cette définition est encore assez éloignée de la vérité. Les bijoux que je possède et que je n'ai nulle intention de vendre, sontils à l'état d'offre? Les trésors qu'enfouit l'avare pendant de longues années, sont<^ils à l'état d'offre? L'argent même que je tiens en réserve dans mon secrétaire pour certaine dépense que je ne ferai que dans six mois, est-il à l'état d'offre? Non sans doute. -De la quantité totale des métaux existant il conyient de retrancher la quantité des métaux fixés ou réservés ; et cette quantité n'est pas sans importance; car elle comprend la plus grande partie des bijoux qui sont entre les mains des particuliers, les lingots et les espèces monnayées qui forment la réserve des banques, l'argent que chacun de nous met de côté pour des dépenses postérieures. On comprend qu'on ne saurait la fixer d'une manière précise par des chiffres, et qu'elle varie selon les circonstances du moment, selon le degré de civilisation des peuples et de sécurité des personnes. Très-considérable chez les nations barbares et aux époques de défiance et d'agitation, parce que chacun entasse chez lui ses richesses et les cache avec soin, elle est très-faible chez les nations éclairées et commerçantes qui aiment bien mieux faire fructifier leur argent que le laisser réposer inutile dans leurs coffres-forts. Elle augmente pendant les révolutions ; et c'est pourquoi, la quantité offerte se trouvant alors amoindrie, l'argent augmente de valeur. Elle n'a peut-être jamais été plus considérable qu'à l'époque des invasions, du iv* au ix^ siècle ; aussi avons-nous vu dans l'introduction que les métaux, devenus rares sur le marché, avaient eu alors une valeur huit fois plus grande qu'au temps de Dioctétien. Elle n'a peut-être jamais été moindre, dans l'Europe en général et dans la France en particulier, qu'elle ne l'est aujourd'hui, parce que jamais on n'a mieux calculé ses intérêts et mieux compris les inconvénients de la thésaurisation. Quelle qu'elle soit, cette quantité doit être
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retranchée de la masse des métaux ; le reste seul est à l'état d'offire et doit être compté comme tel ; ce reste n'était peut-^tre pas de 15 milliards en 1848, il est peut-être de plus de 35 en 1857. Ce qu'il nous importe de savoir, c'est que, toutes choses égales d'ailleurs, il augmente proportionnellement à la quantité des métaux existant, et qu'aujourd'hui, avec le progrès des idées économiques, il tend à dépasser d'une manière sensible cette proportion. Nous arrivons à cette définition que Voffre des métaux précieux ne comprend que la quaniité qui, actuelhment disponible^ se trouve dans la circulation ou est prête à y entrer.
Quelle est la demande des métaux précieux? — La quantité que les acheteurs désirent, et qu'ils ont les moyens de se procurer. S'il ne s'agissait que de désirer, la demande serait infinie et sans limite; mais il faut avoir les moyens de s'en procurer, et ces moyens, ce sont les marchandises de toute espèce. Ne perdons pas de vue que toute vente est un échange, autrement dit une opération double dans laquelle chacune des deux parties vend et achète à la fois. Je suis marchand, et je vends une pièce de toile à Paul. Que se passe-t-il? Paul, qui a des métaux précieux et désire avoir de la toile, me vend une certaine quantité de ses métaux en échange de ma toile ; et moi, qui ai de la toile et désire avoir des métaux, je lui achète des métaux en échange de ma toile. Toute vente qui n'est pas un échange en nature est donc en réalité de la part du vendeur un achat de métaux précieux, et par conséquent tout offre de marchandises est une demande de métaux précieux. Par marchandises, il faut entendre ici non-seulement les produits matériels, mais aussi le travail, qui sous toutes ses formes, travail d'ouvrier, travail d'employé, travail de savant ou d'artiste, est une marchandise et se y end. La demande des métaux précieux est donc égale à la somme totale des marchandises et du travail qui sont actuellement en venie.
Appuyés sur ces définitions, nous pouvons déjà dire que la