OPINIONS SUR LBS EFFETS DE L*ACCROISS«MENT DE L'OU
que le premier terme. L'une et l'autre hypothèse est peu vraisemblable, et les systèmes qui reposent sur de pareilles données sont évidemment faux.
Entre ces deux extrêmes, il y a une opinion intermédiaire qui mérite toute notre attention.
Hume est un des premiers qui aient signalé rinfluence passagère, il est vrai, mais salutaire qu'exerce sur la production un accroissement subit de la quantité des métaux. « Dans tout royaume où 1^ numéraire commence à affluer en plus grande abondance qu'autrefois, dit-il, dans son Essai sur V argent, toute chose prend une nouvelle face, le travail et l'industrie gagnent de l'activité, le négociant devient plus entreprenant, le manufacturier plus diligent et plus habile, et le fermier lui-même guide sa charrue avec plus de gaieté et d'attention *. »
M. Michel Chevalier, un des auteurs qui ont traité de la manière la plus complète et avec le plus d'autorité toutes les questions relatives à la monnaie, dit que « les métaux précieux convertis en monnaie ne sont pas inutiles à la production, en ce sens qu'on ne produit que ce qu'on est assuré de vendre, et que la présence de bons et sûrs instruments d'échange est une des conditions d'une vente facile et avantageuse ^. »
Un économiste anglais, M. Stirling, qui a étudié la question particulière de la découverte des mines d'or, s'exprime en termes encore plus explicites : « La production, dit-il, dans toutes les branches de l'industrie agricole et manufacturière sera puissamment excitée et stimulée. Les rentes, les salaires et les profits éprouveront une hausse simultanée : le numéraire sera partout abondant et la prospérité matérielle du pays fera des progrès sensibles. La création et l'accumulation du capital, et par ce mot nous entendons non l'or et l'argent,
' Home, Essai sur V argent, p. 36. GaillaamÎD, CoU, des principaux économistes.
^ Cours d* économie politique j tome III, p. 411.