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LA QUESTION DE L*OR. UV. III, CHAP. V

ne retrouve plus son ancien niveau ; il ne descend pas une seule fois au-dessous de 22 gr. 20, et la moyenne des dix années suivantes, de 1532 à 1542, est de 32 grammes. Survient une nouvelle disette durant les années 1544, 1545 et 1546; rhectolitre monte jusqu'à 94 grammes ; il redescend ensuite, mais il ne redescend qu'une seule fois au-dessous de 26 grammes, et la moyenne des cinq années suivantes est supérieure à 35 grammes. Après une assez longue fertilité, les disettes reparaissent; d'abord, en 1560, une année médiocre, puis, en 1561 et 1562, des années mauvaises; le blé augmente, la cherté devient en quelque sorte permanente, et ce n'est plus qu'à de rares intervalles qu'une belle récolte abaisse le prix à 84 grammes. Bientôt même, à partir de l'année 1566, où la cherté le porte à 112 grammes, on ne le voit plus une seule fois au-dessous de 41 gr. 50, et il se maintient en général au dessus de 60. Ce qui trente ans auparavant était un prix de disette est devenu le prix normal, et le changement s'est opéré par soubresauts, si l'on peut s'exprimer ainsi, à la suite de chertés subites et accidentelles produites par des disettes, et qui ont à leur tour produit une cherté permanente. Nous assistons à la première phase d'une révolution du même genre. Dans le prix de 30 h 35 francs, auquel s'est vendu le froment durant quatre années, je vois un effet de la guerre, un effet de la disette et un effet de l'or; dans le prix de 16 à 18 francs auquel il se vend en 1858, je vois un effet d'une abondance extraordinaire de la récolté et d'une panique des spéculateurs. La guerre et la disette ont cessé de faire sentir leur, influence; quand l'abondance extraordinaire et la panique auront également cessé, et que toutes choses seront rentrées dans leur état normal, l'or continuera à agir, et la valeur de l'hectolitre de blé prendra son niveau entre les deux excès de la hausse et de la baisse, c'est-à-dire entre 35 et 16 francs, mais en se maintenant au-dessus des anciens prix d'un chiffre d'autant plus âevé que la baisse de la monnaie aura été plus grande.

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