L ^ LES BANQUES
Les billets de banque et les effets de commerce n'ont par eux-mêmes aucune valeur déterminée. Un billet de cent francs est simplement un billet qu'une banque s'engage à échanger à vue contre un poids d'or ou d'argent qui, d'après la loi du pays, fait cent francs : il ne vaut donc que ce que vaut le métal lui-même, et il obéit à toutes ses variations. Je suppose un pays dans lequel la circulation de la monnaie de papier soit ordinairement de 300 millions. Si les métaux viennent à perdre un tiers de leur valeur, qu'en adviendra-t-il? Que les 300 millions, ne représentant plus qu'une valeur moindre d'un tiers, ne suf' firent plus à la circulation, et qu'il faudra nécessairement, en supposant que les besoins du commerce soient restés les mêmes, porter à 400 millions l'émission des billets. C'est à peu près ce qui arrive, pour la France en particulier, depuis quelques années. Mais nous avons dit que les besoins du commerôe ne restaient pas les mêmes et que l'activité communiquée à l'industrie par l'affluence de l'or , rendait nécessaire une somme de monnaie représentant une valeur bien plus grande qu'auparavant, n faudra plus de billets, non-seule-
INFLUENCE DE l'OR SUR LE GOUVERNEMENT. S33
ment poar combler le vide fait par la baisse de l'argent, mats encore pour satisfaire à une demande plus considérable. Le pays qui avait 300 millions de billets, peut, après une baisse d'un tiers dans la valeur des métaux , avoir besoin d'en posséder dans la circulation 5 et 600 millions. C'est encore ce qui est arrivé depuis quelques années.
En Angleterre, la circulation des billets de banque de toute nature qui était évaluée, pour les trois royaumes, à 878 et à 840 millions en 1848 et en 1849, était portée è 1 milliard et à 975 milUons en 1853 et en 1854.
En France, il y a eu un accroissement non moins grand dans les opérations de la banque, comme le montre le tableau suivant :