‹ La question de l'or; les mines de Californie et d'AustralieChapitre 96 sur 148 · LÀ QUESTION DE L'OR. LIY. III, CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LÀ QUESTION DE L'OR. LIY. III, CHAP. VIII

merciales. De nombreuses faillites se déclarent ; quiconque est trop engagé dans la spéculation périt. Le travail se ralentit ou s'arrête ; on ne produit plus, on ne spécule plus ; le consommateur seul achète. Quand la liquidation est faite, quand le niveau est rétabli entre la production et la consommation, la crise est terminée; mais le champ de bataille est couvert de ruines, et la spéculation, rendue timide, ne se lance pas aussitôt dans de nouveaux hasards ; il y a un intervalle de lassitude et de repos, qui est d'ordinaire d'autant plus long que la crise a été plus forte, une sorte de trêve pendant laquelle chacun panse ses blessures, ou attend que le travail, en créant des capitaux, lui ait forgé de nouvelles armes.

Les crises ont un caractère périodique. Leur retour n'est pourtant pas fatalement marqué et n'a pas d'époque précise. Les événements politiques, les disettes ou les récoltes abondantes, les institutions économiques d'un pays, les habitudes commerciales peuvent les précipiter ou les ralentir. Nous ne sommes pas sur cette matière à notre première expérience. Depuis le commencement du siècle, nous avons eu déjà une première crise en 1803 après la rupture de la paix d'Amiens, en 1805 une seconde crise que la victoire d'Austerlitz dissipa, à la fin de 1810 une troisième crise plus sérieuse dont le commerce sentit longtemps les effets et dont les revers de 1813 l'empêchèrent de se relever sous l'empire; sous le gouvernement constitutionnel nous avons eu une crise en 1818, une autre en 1826; cette fois encore, le commerce, rudement frappé, commençait à peine à reprendre ses forces quand éclata la révolution de 1830 ; une crise en 1836 et en 1837 qui fut terrible en Amérique et qui ne fit qu'effleurer la France ; enfin en 1847 après la mauvaise récolte de 1846, une septième crise qui fut suivie de la révolution de février et de trois années de langueur commerciale.

A toutes les époques, les crises offrent les mêmes symptômes et produisent les mêmes effets. Voici comment s'exprimait

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