‹ La question de l'or; les mines de Californie et d'AustralieChapitre 98 sur 148 · DE LA CRISE COMMERCFALE · texte numérisé non relu

DE LA CRISE COMMERCFALE

se trouve par son commerce moins engagée avec les États-Unis et le Brésil que F Angleterre et que Hambourg ; c'est parce qu'en général les Français sont en matière de crédit beaucoup plus réservés et plus prudents que les Anglais et les Américains, c'est enfin parce qu'une raison particulière venait s'ajouter à ces raisons générales. L'or, en excitant la spéculation, avait en partie causé la crise ; l'or, en fournissant les moyens dé liquider plus promptement les affaires engagées, a rendu la crise moins longue et moins forte. Â la fin de 18S7, nous possédions en France 4,886 millions de métaux précieux, c'est-à-dire 1,386 millions de plus qu'en 1847 ; grâce k cette augmentation, on avait beaucoup plus de chances de trouver des capitaux disponibles. De plus, la France consomme environ par mois 10 millions d'hectolitres de blé; à 30 francsl'hectolitre, c'était un capital de 900 millions qui se serait trouvé absorbé par les marchés de grains pendant le dernier trimestre de 1857. L'abondance de la récolte, en la faisant descendre entre 18 et 16 francs, a libéré pendant ce trimestre une somme de 375 millions qui ont servi à liquider la position plus facilement. La baisse des céréales a été ainsi à la fois une des causes occasionnelles qui ont déterminé la crise et une de celles qui en ont amorti les coups. Mais elle ne l'a fait que par le moyen du numéraire qu'elle a rendu aux transactions commerciales. En définitive, c'est le numéraire, c'est l'or qui se retrouve à l'origine de la crise, comme stimulant de la spéculation, et à la fin comme instrument de liquidation. Jamais on n'avait vu une crise, s'annonçant d'une manière aussi terrible, disparaître aussi promptement. Au mois d'octobre, elle éclatait, paralysait le commerce, élevait l'escompte à 10 p. O/o sur les meilleures places et le rendait impossible sur d'autres ; au mois de janvier 1858, le calme renaissait déjà, l'encaisse des banques augmentait et l'escompte retombait à 4 pour O/o à Londres et à Paris, à 3 pour O/o à Hambourg.

La spéculation élève les prix au-dessus de leur taux normal,

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]a crise les précipite au-dessous. Dans les prix de la fin de 1857 et du commencement de 1858, il ne faut voir que des accidents passagers. Déjà la hausse recommence^ le niveau des valeurs se rétablira peu à peu. Il ne faut pas prendre les oscillations extrêmes du marché pour ce niveau, il faut le calculer sur la moyenne des variations. Certaines marchandises ont pu baisser de 20 pour Ô/q, mais elles se sont relevées, et Ton ne peut pas, toute comparaison faite, attribuer à l'influence passagère de la spéculation plus de 5 pour O/o sur Taugmentalion des prix. Le reste est une augmentation qui a favorisé, il est vrai, la spéculation en provoquant la hausse, mais qui tient à d'autres causes, et qui survivra à la déroute des spéculateurs.

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