‹ La question de la Légion étrangèreChapitre 13 sur 41 · LES CHERCHEURS D'AVENTURES ET LES DÉSHÉRITÉS · texte numérisé non relu

LES CHERCHEURS D'AVENTURES ET LES DÉSHÉRITÉS

Passons maintenant à l'examen de la valeur morale des éléments ainsi réunis.

Pour les écrivains et conférenciers pangermanistes, la chose est bien simple. La Légion, suivant eux, comprend un certain nombre d'esprits aventureux, séduits par les hasards d'une existence romanesque ; des victimes du racolage, attirées là par leur misère, leur naïveté et leur imprudence ; puis des déserteurs, autant de traîtres méprisables ; enfin un ramassis de chevaliers d'industrie et même de bandits, contumaces ou libérés, qui, joints

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aux déserteurs, corrompent les autres, et donnent leur empreinte à l'ensemble.

Les chercheurs d'aventures, nous n'en parlerons pas : si la Légion n'existait pas, ils s'engageraient dans d'autres corps coloniaux, où il suffirait de rendre plus élastiques les limites d'âge à l'admission.

La misère, assurément, coopère au recrutement, comme elle amène des malheureux à exercer des métiers bien plus pénibles, et dans lesquels ils sont loin de trouver le confort très réel dont jouissent les légionnaires et d'avoir la garantie d'une pension de retraite au bout de 15 ans.

Et certainement, la plupart des hommes, s'ils avaient le choix entre la rude profession des armes aux colonies et de bonnes rentes ou une occupation facile et richement rétribuée, ne choisiraient pas la première. Mais voilà : tout le monde n'a pas ce choix.

Et alors, on est bien obligé de se demander ceci : ceux des hommes qui ne se sont engagés que par misère absolue, par incapacité de

trouver un autre travail quelconque, ceux qui étaient réellement des épaves de l'organisation économique actuelle, que seraient-ils devenus, si la Légion ne les avait recueillis? — Des assistés? Des mendiants? Des délinquants? Mettons que, pour ces malheureux, la Légion soit une sorte d'œuvre d'assistance par le travail, certainement moins pénible que d'autres, et qui offre des chances d'avenir très appréciables, allant jusqu'au grade d'officier et à la décoration, avec un minimum assuré par la pension de retraite de simple légionnaire ; et l'on sera forcé de convenir que c'est là une institution fort utile. Ce côté de la question n'a d'ailleurs pas échappé à certains auteurs allemands, comme M. Roloffet divers hommes politiques cités phis haut.

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