‹ La question de la Légion étrangèreChapitre 14 sur 41 · SUR LES DESERTEURS, EN GENERAL · texte numérisé non relu

SUR LES DESERTEURS, EN GENERAL

Quant aux déserteurs, leur cas n'est pas si simple qu'on paraît le croire, et mérite une étude détaillée.

On méprise très justement, en tous pays, ies hommes qui ont abandonné leur drapeau par lâcheté, par l'appât du gain ou d'un grade supérieur, par mépris de leur devoir civique, bref ceux qu'un sentiment vil et inavouable a poussés à combattre leur patrie et leurs anciens compagnons d'armes.

Mais les lâches et les sans -patrie ne quittent évidemment pas une armée pour aller s'enrôler dans une autre, et notamment dans une troupe qui est constamment en campagne ou

sur le qui-vive ; et d'autre part, si cette dernière assure à ses soldats une vie matérielle très convenable, elle ne leur offre pas un pont d'or suffisant à attirer les hommes capables de trahir par esprit de lucre. Une des raisons pour lesquelles aucune somme d'argent n'est payée au moment de l'engagement est précisément que l'État français ne veut pas s'exposer au reproche d'attirer les étrangers par la constitution d'une sorte de prime à la désertion.

Tout ce gibier de potence se garde donc de venir à la Légion. Et si, par aventure, le cas se présente sous l'influence d'un excès momentané de misère, il est très vraisemblable qu'un homme de ce genre ne tardera pas à tomber sous le coup des punitions graves qui détermineront la rupture de son engagement, en vertu des dispositions citées plus haut.

Mais tous les déserteurs ne méritent pas la réprobation qui s'attache à ceux que nous venons de considérer. Bien au contraire, il en est qui, victimes de circonstances extérieures, ont pris, pour des motifs dignes de tout res-

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