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LES RENGAGÉS ET CEUX QUI DÉSEBTENT

dant qu'ils aient trouvé une situation civile. A Paris, notamment, ils sont hébergés au poste-caserne du bastion 86, boulevard Kellermann. Or, au mois de septembre 1913, il s'y trouvait un Allemand, nommé Baslen, dont l'histoire est typique. Déserteur de l'armée, allemande, il avait accompli cinq ans de service à la Légion. Au bout de ce temps, il rentre au pays, veut régulariser sa situation, est incorporé dans l'armée impériale ; et il s'y trouve si bien, qu'il déserte une seconde fois, retourne à la Légion, et y reste dix ans, jusqu'à sa retraite (article précité de M. Stéphane Lauzanne).

A la même époque, le 7 septembre, un nommé Charles Schneider, né en Lorraine annexée, se présentait au commissariat de police d'Albert (Somme), en demandant à être dirigé sur un bureau de recrutement pour s'engager à la Légion.

Ce Schneider, âgé de 32 ans, avait servi dix ans au 1er régiment étranger, où il avait obtenu le grade de sergent, la médaille militaire,

l'ordre du Dragon d'Annam, et les médailles du Tonkin, du Maroc et du Haut-Guir. Libéré le 27 février 1912 à Taourirt (Maroc), ir fît part à son capitaine de son intention d'aller en Lorraine voir sa mère malade, et de revenir ensuite contracter un nouvel engagement. Le capitaine lui représenta que non seulement il perdrait ainsi son grade de sergent, le règlement ne permettant l'incorporation1 que comme simple soldat, mais il risquait d'être arrêté en Lorraine comme déserteur. Rien n'y I fit : Schneider voulait revoir sa mère.

Dénoncé, il passa en conseil de guerre et fut condamné à deux ans de forteresse, en Silésie. Il réussit à s'évader, traversa toute l'Allemagne, le Luxembourg et la Belgique, pour arriver, à bout de ressources, à Albert. Il a maintenant, au bout de dix-huit mois d'épreuves, retrouvé la sécurité, à ce régiment qu'il n'avait voulu quitter que pour quelques semaines.

A qui donc fera-t-on croire que, si l'on souffrait à la Légion toutes les privations, toutes les brutalités, toutes les humiliations, il s'y

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