‹ La question de la Légion étrangèreChapitre 5 sur 41 · LA TENDANCE INSIDIEUSE · texte numérisé non relu

LA TENDANCE INSIDIEUSE

Divers journaux allemands font campagne d'une manière plus réservée — j'allais écrire, plus insidieuse — et que leurs lecteurs doivent trouver très calme et impartiale. On en verra un exemple dans les lignes suivantes du Frankfurter General- Anzeiger, citée par le Matin du 1er octobre 1913 :

La campagne contre la Légion étrangère a été très maladroite, toute de faux sentimentalisme. Elle ne s'appuyait que sur des données insuffisamment contrôlées. Aussi la presse française eut-elle l'occasion de s'élever avec indignation contre les mensonges allemands. Comment doit-on mener cette lutte? Tout d'abord en mettant de notre côté l'opinion publique

non seulement en Allemagne, mais dans les autres pays, et surtout en France. Nous devons prouver aux Français et leur faire démontrer par leurs amis que, somme toute, la présence d'Allemands dans la Légion leur attire plus d'ennuis politiques que de satisfactions militaires. En évitant toute contrainte ou pression, on peut espérer que le gouvernement français qui, entre parenthèses, est, sur ce point, tout à fait indépendant du Parlement, limitera discrètement le nombre des engagements allemands, pour arriver peut-être à les supprimer complètement.

Ainsi, on commence par reconnaître prudemment que l'agitation pangermaniste est « insuffisamment contrôlée », pour ne pas dire créée de toutes pièces. Il faut donc renoncer à s'appuyer sur ses allégations «maladroites ». Mais comme il est désagréable aux Allemands que de leurs compatriotes s engagent dans la Légion, on s'efforcera d'ameuter l'opinion européenne contre cette troupe, et l'on fera faire d'amicales représentations aux Français jusqu'au jour où, pour avoir la paix, ils consentiront à la supprimer, ou au moins à

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