V. la Guerre, t. IV, op. cit
2. La circulaire du 6 avril 1899, par laquelle le ministre des Affaires étrangères hollandais invita les puissances à se réunir à La Haye, le disait expressément : « J'ai l'honneur de vous charger d'inviter le gouvernement de... a bien vouloir se faire représenter à la couférence susmentionnée afin de discuter les questions émises dans la seconde circulaire russe... ainsi que toutes autres questions se rattachant aux idées émises... avec exclusion toutefois des délibérations de tout ce qui touche aux rapports politiques des États ou à l’ordre des choses établi par les traités. » On se souvient que c’est l'absence de précision en ce qui touche l'exclusion des problèmes politiques qui avait, en grande partie contribué à l’échec de la tentative de Napoléon III. Au cours de la conférence, il fallut également écarter sans pitié les délégués des Polonais, des Arméniens, etc.,afin de maintenir les délibérations dans la sphère d’abstraction qui seule pouvait procurer à la conférence, sinon le succès du moins la possibilité de vivre.
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corée, ce qui était déjà d’assez mauvais présage (1).
Une première circulaire du comte Mouravieff, en date du 12-24 août 1898, débutait ainsi :
« Le maintien de la paix générale, et une réduction possible des armements excessifs qui pèsent sur toutes les nations se présentent dans la situation actuelle du monde entier, comme l'idéal auquel devraient tendre les efforts de tous les gouvernements.
» Les vues humanitaires et magnanimes de Sa Majesté l'Empereur, mon Auguste Maître y sont entièrement acquises. »
La circulaire continuait :
«.. Le gouvernement impérial croit que le moment actuel serait très favorable à la recherche, dans les vues d’une discussion internationale des moyens les plus efficaces d’assurer à tous les peuples les bienfaits d'une paix durable, et de mettre avant tout un terme au développement progressif des armements actuels. La conservation de la paix a été posée comme but de la politique internationale : …, c'est pour mieux garantir la paix qu'ils (les grands États) ont développé dans des proportions inconnues jusqu'ici leurs forces militaires et qu'ils continuent encore à les accroître.
1. V. Geouffre de Lapradelle, La Conférence de la Paix. Publié par la Revue de Droit international public, 1900.
» Tous ces eflorts pourtant n’ont pu aboutir aux résultats bienfaisants de la pacification souhaitée.
» Les charges financières suivent une marche ascendante, atteignent la prospérité publique dans sa source ; les forces intellectuelles et physiques des peuples, le travail et le capital sont en majeure parlie détournés de leur application naturelle et consumés improductivement.
» Des centaines de millions sont employés à acquérir des engins de destruction effroyables, qui, considérés aujourd’hui comme le dernier mot de la science sont destinés demain à perdre toute valeur à la suile de quelque nouvelle découverte.
» Les crises économiques dues en grande partie au régime des armements à outrance, et le danger continuel qui gît dans cet amoncellement du matériel de guerre, transforment la paix armée de nos jours en un fardeau écrasant que les peuples ont de plus en plus de peine à supporter. Il paraît évident, dès lors, que si cette situation se prolongeait, elle conduirait fatalement à ce cataclysme même qu’on tient tantà écarter et dont les horreurs font frémir à l’avance toute pensée humaine.
» Mettre un terme à ces armements croissants... tel est le devoir suprême qui s’impose aujourd’hui à tous les États. » (x).