Article précité dans la Revue du droit international de
Or
à Jamais, comme moyen d’assainir les masses et de développer les courages.
En Autriche et en Italie, on suivit l'Allemagne à la remorque, sans enthousiasme. En Amérique, la question paraissait oiseuse, comme n'intéressant que l’Europe, et c'était surtout à l'arbitrage que l'on songeait. Quant aux petits États, malgré les paroles enthousiastes de leurs délégués et la faveur toute de façade avec laquelle ils accueillirent la proposition, il semble que l’on puisse quelque peu mettre en doute leurs bonnes dispositions. Il suffit pour cela de songer aux animosités qui séparent cerlains d’entre eux, aux armements qu'ils font, par exemple dans les Balkans, à la crainte qu'ils ont des grands États, par exemple en Suisse, en Hollande, en Belgique, crainte qui se manifesta à plus d’une reprise lors de la discussion des lois de la guerre. Sans doute une limitation eût affaibli leurs puissants voisins, mais n’y eussent-ils pas perdu davantage encore, et ne vaut-il pas mieux conserver, lorsqu'on en a peu,tous les moyens d’action qu'on possède.
Animée de pareils sentiments, l’Assemblée ne devait pas aisément engager la discussion sur le terrain de la confiance et de la concorde mutuelles qui seul lui eût permis d’escompter une réussite.
ÉUR e
SECTION II
Les DiscussIoONS AU SEIN DE LA CONFÉRENCE (1) Les QUESTIONS ANNEXES
Pourtant, comme la limitation des armements était l’idée maîtresse du programme, la pensée du tzar et l'espoir de l’opinion publique, on la mit à la place d'honneur. Ce fut la première des commissions entre lesquelles la Conférence partagea le travail qui fut chargée de la résoudre.
Ce fut M. Beernaert qui fut chargé de la présider. Elle tint sa première séance le 23 mai, et se subdivisa en deux sous-commissions, l’une navale et l’autre militaire, mais ce n’est qu’à la deuxième séance, le 26, que la répartition du travail s'effectue entre les deux sous-commissions et les commissions plénières. Comme on l’a fort exactement remarqué (2), il ne semble guère que l'on soit pressé d’arriver au fait. Le président commence par constater les difficultés de l’œuvre à accomplir, mais aussi par vanter sa grandeur. Il énumère le programme qui est dévolu à la commission. Dans ce programme se trouve non seulement la question de la stabilisation
1. V. G. de Lapradelle, op. cit. et actes de la Conférence. Ninjoff. La Haye, 1899.