mai 1899, loc. cit., p
&5« Ne semble-t-il pas excessif d'autoriser l'emploi de machines infernales qui paraissent tomber du ciel? Je sais bien que quand on est contraint de faire la guerre il faut la faire le plus énergiquement possible, mais cela n’implique pas encore que tous les moyens soient permis... »
Nous voyons ici, comme pour les explosifs, que la discussion dévie. Il s’agit des moyens de limiter les budgets et non des prohibitions des armes inutilement cruelles, ou des moyens perfides. Cependant le général rappelle que tous les moyens de nuire à l'ennemi ne sont pas licites, et termine en ces mots: « Les progrès de la science, de la chimie en particulier, sont tels que les choses les plus incroyables hier encore, se réalisent aujourd’hui. On peut prévoir l'emploi de projectiles ou autres choses remplis de gaz délétères, soporifiques, qui précipités du haut des ballons au milieu des troupes les mettraient du coup hors de combat. Comme on ne peut se garder contre de tels procédés (?), cela ressemble à une perfidie, et tout ce qui y ressemble doit être écarté scrupuleusement ».
Ici l'erreur du général est manifeste. On peut se garantir des ballons, etil n’y a pas de perfidie là où il n’y a pas eu parole donnée. En outre la discussion n’a, rappelons-le, qu’une très indirecte liaison avec l’objet confié à la sous-commission, en ce qu’elle rend moins utile la constitution d’une flotte aérienne,
et par suite, contribue, parte in quæ, à la limitation des armements.
Malgré qu'on n’imagine pourtant pas encore la construction de ces flottes aériennes, la méfiance se fait jour; le colonel de Schwarzoff fait constater qu'il ne s’agit pas d’interdire l'emploi de mortiers et autres canons à tir élevé, et queles mots « moyens analogues » ne cachent aucun piège, et s’appliquent seulement à des matières nouvelles, pas encore inventées et analogues à l’emploi des ballons. Il demande ensuite si l'interdiction une fois votée et acceptée restera en vigueur pour toujours ou seulement pour un délai de cinq ans comme on l’a proposé pour les fusils.
La sous-commission, d’accord avec l'interprétation du délégué allemand, ajoute, pour écarter tout malentendu le mot « nouveaux » entre les mots («moyens » et « analogues ». Le délégué de Roumanie réclame la limitation de l’interdiction à cinq ans, et la souscommission vote à l’unanimité, moins la voix du délégué anglais qui s’abstint. La France déclara également vouloir limiter à cinq ans l'interdiction.
Le vote que l’on croyait platonique faillit cependant être remis en question dans une séance ultérieure de la sous-commission (1).