‹ La question de la limitation des armements de nos joursChapitre 30 sur 70 · Quatrième séance, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Quatrième séance, loc. cit., p

Le délégué américain, capitaine Crozier, qui avait voté oui sans réserves, se demanda après coup si vraiment les ballons étaient inutilisables :

«Nous sommes sans expérience, dit-il, dans l'usage d’armes dont nous proposons d'interdire à jamais l'emploi. Qui peut dire, en supposant qu'on arrive à inventer des procédés pratiques, d'employer les ballons, si cette invention ne sera pas de nature à en rendre possible l'emploi au point critique du champ de bataille, au moment critique du conflit, dans des conditions tellement définies et concentrées que cet emploi décidera de la vicioire...Je ne connais pas de machines aussi efficaces... dans la période d'invention incomplète où se trouve l’aérostation ; mais est-il désirable de fermer la porte à leur introduction possible parmi les armes admises ? En le faisant n’agissons-nous pas dans l'obscurité et ne courons-nous pas les risques d’erreurs inhérentes à une telle façon d'agir? Le ballon tel que nous le connaissons, n’est pas dirigeable, il peut transporter peu de choses, il est capable de lancer seulement sur des points inexactement déterminés, au-dessus desquels il est susceptible de passer par hasard, des quantités non décisives d’explosifs, qui tomberont comme de la grêle inutile, également sur les combattants et les non-combattants. Dans ces conditions ilest tout à fait convenable d’en défendre l'usage,

mais la restriction doit être temporaire et non perma-

nente..….. bornons-nous à confiner notre action dans les limites de notre connaissance. »

En conséquence les États-Unis demandent eux aussi une limitation de cinq ans. Le capitaine Crozier voyait juste. Il ajoutait également que tous les nouveaux modes de guerre paraissaient cruels, sans l'être en réalité plus que les anciens, et qu’il ne s’agissait pas en l’occurrence de prohiber les ballons à titre de cruauté inutile.

Cependant, le président déclara que le vote était acquis, et renvoya le capitaine Crozier à la commission plénière, où d’ailleurs son idée devait triompher.

e) Les balles dum-dum. — En ce qui concerne les projectiles d’un poids inférieur à 400 grammes qui s’aplatissent ou s’épanouissent dans le corps humain, la conférence, comme on l’a fort bien fait remarquer, opérait un recul sur la Convention de 1868 (1). Ï] était inutile de viser une question implicitement résolue par la Convention de Pétersbourg, aussi on croyait obtenir un succès facile, lequel fut en réalité chèrement acheté, grâce à l'opposition sournoise et opiniâtre de l'Angleterre, qui, encore, ne souscrit pas à l'engagement de s'abstenir de l’emploi des dum-dum.

Mais nous n'insislerons pas sur ce point, car avec

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