‹ La question de la limitation des armements de nos joursChapitre 32 sur 70 · Lapradelle, op. cit., p · texte numérisé non relu

Lapradelle, op. cit., p

voter, pour le principe, une résolution absolument anodine ! Ceci c’est la capitulation par avance, et pourtant les délégués refusent d’adhérer au principe pur et simple. L’amiral Pephau émet cet aphorisme qu’on ne pourra jamais empêcher les inventeurs de ruiner les nations, l’amiral Fisher déclare que ces inventions servent plutôt à retarder et à entraver la guerre qu’à la précipiter, le capitaine Siegel (Allemagne) constate qu’il faudrait une sanction, ou tout au moins un comité de contrôle, lequel constituerait une atteinte à la souveraineté des États tout en ne rendant que des services bien médiocres. Et la souscommission, prudente, déclare réserver sa décision sur le principe, parce qu’elle sent bien qu'elle ne peut être que négative.

La question condamnée en principe, on demande pourtant à M.Schénie de préciser le détail des applications pratiques. Nous ne suivrons pas le délégué russe dans ses considérations techniques, puisque aussi bien ses explications furent discutées par les hommes de l’art réunis à La Haye,lesquels ne purent se mettre d'accord sur leur portée. Disons seulement que M. Scheïne proposait : 1° une limitation du calibre ; 2° de la longueur du canon ; 3% de la vitesse initiale des poudres ; 4° de l'épaisseur de la cuirasse. On s’entend si peu, que l’amiral Pephau, dans le désir de réunir une majorité, propose d’abandonner les

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précisions techniques pour une résolution d'ensemble ainsi COnNÇUE :

«Les nations contractantes s'engagent, pour une période de. à partir du... à ne pas faire subir aux types de canons existants une transformation radicale semblable à celle du canon-bouche remplacé par le canon-culasse. Dans tous les cas les calibres en usage ne seraient pas augmentés. »

Mais alors les délégués trouvent que c’esi trop vague, et l'engagement à prendre trop dangereux. On reproche à la proposition de ne pas parler des cuirassements. On veut attendre des instructions des divers gouvernements (1). Les délégués des petites marines,lorsqu'ils les ont reçues, font ressortir qu'ils les ont reçues, font ressortir qu'ils doivent conserver la possibilité d'améliorer leurs armements pour atteindre le degré de perfectionnement des grandes puissances, car ce sont précisément les petites puissances qui ont besoin de chercher dans la qualité matériel une force qu’elles ne peuvent attendre de l'importance de leurs escadres.

Bref, la proposition Pephan adoptée par quelques puissances est rejetée par la plus grande partie comme trop vague, et comme n'étant, somme toute, qu'un trompe-l’œil destiné à égarer l'opinion.

1. Séance du 31 mai. La discussion est reprise le 5 juin (4° séance).

M. Scheïne rentre alors en scène avec ses dispositions précises mais techniques. A nouveau on ne s'entend pas etce mouvement de balancier entre le vague trop dangereux et le précis trop compliqué, aboutit, comme pour la première sous-commission,en matière de fusils, à renvoyer la question à une étude ultérieure des gouvernements et à une conférence à

venir (1).

b) Torpilleurs-sous-marins et navires à éperon. — Ici, la discussion fut dépouillée d'artifice. L’Allemagne, l’Autriche, l’Angleterre,le Japon n’ont pas de sous-marins, ils sont tout prêts à consentir à l’interdiction. La France a le Gustave Zéde et le Nerval, les États-Unis en construisent également ; ils ne peuvent donc y consentir. Mais ce n’est pas là toutes les faces du problème. Le capitaine Mahan (États- Unis) fait remarquer que toutes les inventions nouvelles ont toujours paru cruelles et lâches au moment de leur invention, ainsi en était-il des armes à feu au moyen âge, ainsi en est-il actuellement des sousmarins, sans qu’on puisse en réalité voir en quoi ces engins diffèrent en cruauté des torpilles ou du canon. L’amiral Pephan insista sur le caractère définitif des sous-marins, et les délégués des petites puissances, estimant que cet engin était destiné à devenir l'arme

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