‹ La question de la limitation des armements de nos joursChapitre 33 sur 70 · NEO · texte numérisé non relu

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du faible,demandèrent pourquoi l’on en restreindrait l'usage. Ainsi présentée, la question était jugée, et le sort de la flotte sous-marine était lié à celui de la flotte aérienne et, sans doute, en ce qui concerne la France, n’y a-t-il pas lieu de le regretter.

Vint ensuite la question des navires à éperon. Sur ce point il n’y avait guère à invoquer que des questions d'humanité et peut-être d'archéologie, il paraît inutile d’y insister car l’économie n’était pas en jeu.

La commission, dans sa séance du 3o juin, se borna à enregistrer les conclusions de sa deuxième sous-commission, et de renvoyer à l’étude des gouvernements la question technique des canons de marine. [l n’y fut pas question des sous-marins, mais la commission vota, à une grosse majorité, l’interdiction des projectiles ayant pour but unique de répandre desgaz asphyxiants. Le capitaine Mahan fit remarquer qu'il ne considérait pas comme beaucoup plus cruel d’asphyxier les gens que de lesnoyer, mais la commission passa outre, et n'ayant rien pu faire pour limiter les armements, voulut au moins avoir l’air de faire quelque chose d'humanitaire (1).

Nous avons insisté sur ces discussions, en quelque

1. V. les troisième et quatrième séances de la commission, 22 et 23 juin 1899.

— Jill =

sorte préliminaires, à la réduction proprement dite des armements, parce qu’elles sont, croyons-nous, absolument topiques. Les points spéciaux qui avaient été détachés du problème général, l’avaient été, parce que c'était sur eux que l’on comptait pour pallier un échec à peu près fatal. Or sur ces questions secondaires, aucun résultat, si léger soit-il, ne put être obtenu. Dela mêlée desambitions, des méfiances, des subtilités, il ne sortit rien de positif, rien de pratique. Que pouvait-on espérer de la discussion du point capital, c’est-à-dire du principe de la réduction des effectifs et des budgets ? Tout ce que nous venons de constater, tous les obstacles que les délégués n’ont pu vaincre, vont fatalement se retrouver à présent, et à un degré infiniment plus aigu. Tout ce que les représentants des puissances pourront faire, ce sera de maintenir la discussion dans les bornes d'une entière courtoisie diplomatique en voilant, comme ils l’ont déjà fait, sous des paroles de courtoisie et d’humanitarisme, leurs vrais sentiments, d’ailleurs fort respectables, de patriotes, et les instructions, d’ailleurs fort prudentes, que leur ont données les gouvernements responsables.

SECTION HI

Les DisGussIONS AU SEIN DE LA CONFÉRENCE (Suite) La QUESTION PRINCIPALE

C'est le 23 juin (1) que s'ouvrit la discussion sur le premier thème de la circulaire Mourawief, la limitation des effectifs et des budgets. Les deux souscommissions se sont fondues au sein de la commission. M. Beernaert, qui n'hésite pas à reconnaître que la commission est en face de la tâche la plus difficile, constate aussi qu'elle est «la plus sainte ».

« La matière est difficile, et il serait impossible d'en exagérer l'importance, car la question de la paix armée n'’esl pas seulement liée à celle de la richesse publique et du progrès sous sa forme la plus haute, mais aussi de la paix sociale. Raison de plus pour que l’on donne à nos discussions des bases nettes et formelles. » El pour ces précisions, l'éminent homme d'État belge passe la parole à M. de Staal, le président de la Conférence qui, lui aussi, estime que le moment est assez solennel et la question assez importante pour intervenir personnellement.

M. de Staal commence par retracer les antécédents de la conférence, et indiqué que le point où l’on est

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