Quatrième séance de la commission, op. et loc. cit
en constitue véritablement le nœud. Ilindique ensuite que le gouvernement russe, afin d’obtenir un accord, a fait de larges concessions. « C’est pour cette raison que je vous prie de porter toute votre attention sur les propositions que MM. les délégués techniques de Russie vont développer devant vous : vous verrez que ces propositions constituent véritablement un minimum... Il ne s’agit pas de procéder à un désarmement. Ce que nous souhaitons, c’est d'arriver à une limitation, à un temps d'arrêt dans la marche ascendante des armements et des dépenses. Nous le proposons dans la conviction que si l'accord s’établit, on verra un mouvement en sens contraire s’accentuer peu à peu : l’immobilité n’est pas du domaine de l’histoire, et, si pendant quelques années nous avons pu garder une certaine stabilité, tout porte à croire que la tendance bienfaisante à la diminution des charges militaires pourra s’affermir et se développer... mais nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment nous ne tendons qu'à la stabilisation, pour un terme à fixer, des effectifs et des budgets militaires. »
Ainsi ce n'est même plus à proprement parler de diminution des armements, il ne s’agit plus ici de la doctrine de Lorimer où de Dudley-Field, que l'on pourrait appeler les & proportionnalistes » et selon laquelle les puissances pourraient, sans modifier leurs situations respectives, lorsqu'elles sont à 6
contre 6,se réduire à 3 contre 3. Il ne s’agit d'aucune réduction, mais du simple maintien de la situation actuelle, telle qu’elle est, la limitation vise l'avenir, et non plus le passé ni le présent. Nous voilà loin de la seconde circulaire Mouravieff qui, elle, visait nettement une réduction des effectifs et des budgets (1).
Pourtant les apôtres de la proposition craignent que le terrain se dérobe encore. On appelle à la rescousse l’éloquence du général den Beer Portugaël qui, pessimiste, prédit la ruine fatale des États militaires, puis optimiste, ajoute : «Je n’ignore pas toutes les difficultés qui existent, mais nous autres militaires, nous savons qu’il n’y en a pas d’insurmontables. Le colonel Gilinsky lui succède. »
Son discours reproduit les thèmes connus des dépenses improductives, et des contradictions de la paix armée. Il devient ensuite plus insinuant, lorsqu'il indique le caractère anodin de la proposition russe, Une stabilisation, mais n'est-elle pas déjà réalisée dans beaucoup de pays où le budget de la guerre n’est pas annuel? Et la Russie demande:telle autre chose qu’un accord de durée limitée, très limitée ?
« Nous ne vous proposons, dit-il, rien de nouveau. La fixation des effectifs et des budgets de la guerre