Principles of International law. Essay IY
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ses conceptions, ce n’est pas le conseil utopique qu’il donne aux États d'abandonner leurs ambitions d'expansion coloniale et leur lutte pour les débouchés économiques. L'avenir s’est chargé de prouver qu'il est vain de prêcher l’irréalisable. Mais où Bentham devient intéressant, c’est lorsqu'il signale les difficultés du problème de la réduction des armements, sans oser en proposer la solution. Il démontre aisément qu'un désarmement ne peut être que général. Les États assez imprudents ou naïfs pour se risquer à montrer aux autres la voie, deviendraient vite la pâture des États moins généreux, mais plus avisés. Il faut donc que des stipulations contractuelles de bonne foi interviennent tout d’abord. Sur quelles bases, par quels moyens se réaliseront-elles ? Comment l’accomplissement en sera-t-il assuré ? Ici les difficultés s’amoncellent, et Bentham, très lucide-
ment, laisse entendre qu’elles sont insolubles.
SECTION II
Nous venons de voir à l’œuvre les philosophes et les penseurs, voici que les souverains, auxquels ils avaient fait appel, vont à leur tour entrer en scène. Que ne saurait-on espérer de l’appui de ceux-là mêmes qui détiennent la force contre laquelle on
s’insurge, s'ils viennent d’eux-mèêmes faire amende honorable sur l'autel de l’humanité? N'est-il pas vraisemblable que ceux dont les passions ont été les causes de guerre les plus fréquentes, dont les ambitions sont l'origine même de la paix armée, vont être le mieux à même de trouver les moyens de remédier à ce déplorable état de chose, à cette concurrence dont Kant (1) signalait déjà le péril en ces termes : « Les troupes réglées... étant toujours prêtes à agir, menacent sans cesse d’autres États et les excitent à augmenter à l'infini le nombre des hommes armés. Cette rivalité, source inépuisable de dépenses qui rendent la paix plus onéreuse que la guerre, fait entreprendre quelquefois les hostilités dans la seule vue de se délivrer par là d’une si pénible charge. »
Et si, au contraire, les efforts des puissants monarques et de leurs hommes d'État n'aboutissent qu’à des conceptions pratiquement aussi peu satisfaisantes que celles des métaphysiciens, ne sera-t-on pas fondé à conclure que les charges de la paix armée, et cette Qrivalité qui rend la paix plus onéreuse que la guerre» sont peut-être inhérentes à l’état d'indépendance nécessaire dans lequel vivent les nations, et que les «pasteurs de peuples» en croyant agir à leur guise, ne sont bien souvent que