Article de la Dépêche de Toulouse du 12 juillet
fait M. Naquet, sans avoir eu besoin d’ailleurs d'aller jusqu’à l'étoile polaire, il a dû s'arrêter dans la lune.
Dangereuses encore au point de vue national, ces tendances vaines à un désarmementimpossible, lorsqu'elles font croire au grand nombre que l’heure est venue d'appliquer aux dépenses sociales de solidarité ou d'assistance les ressources inutilement gâchées.
C'est encore M. Naquet qui, à l'heure où se discutait la question des retraites ouvrières, évalue à 1.300 millions la somme nécessaire, somme qui ne peut être demandée à des contributions nouvelles, mais seulement à des économies sur les dépenses militaires (1}. Il ajoute qu’on peut voter la caisse des retraites sans argent. « Le suffrage universel forcera le gouvernement à diminuer les dépenses militaires pour faire les réformes sociales. Aïnsi le militarisme aura vécu et la cause sera la voie indirecte du désarmement. » Cette méthode se recommande autant par sa prudence financière que par sa prudence patriotique. Elle comprend en outre une pointe menaçantequi n’est pas sans saveur et qui montre à quelles folies on peut en effet entrainer le suffrage universel, lorsqu'on ne se fait pas scrupule de lui promettre l'impossible de surprendre la bonne foi ignorante des masses.
Malheureusement les utopies sont séduisantes, et