‹ La question de la limitation des armements de nos joursChapitre 55 sur 70 · L'INITIATIVE AMÉRICAINE · texte numérisé non relu

L'INITIATIVE AMÉRICAINE

Pour accueillir anssi chaudement la démarche des Congressistes interparlementaires, le gouvernement américain avait un but. Dès le 21 octobre 1904, M. John Hay, secrétaire au département d'État, envoyait une circulaire aux représentants du gouvernement américain accrédités près des puissances signataires des actes de la Conférence de La Haye. Cette circulaire faisait nettement allusion à l’œuvre de la Conférence interparlementaire et aux vœux de Saint-Louis, et rendait hommage à son action. Le président des États-Unis indique ainsi le compte qu'il veut tenir de l’opinion. Toutefois la circulaire de 1904 n’esquisse aucun programme, si ce n’est l’allusion à la non-capture de la propriété privée sur mer. Si l’on songe qu'à cette époque la guerre russo-Japonaise battait son plein, et que le moment semblait aussi mal choisi que possible pour proposer une conférence, il faut en conclure que les États- Unis, sans espoir de succès immédiat,voulaient supplanter la Russie dans la direction des conférences futures, et, flattant l'opinion publique, se poser en arbitre des efforts pacifiques. Le renouvellement traditionnel de la question de la propriété privée sur

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mere, l'intervention ultérieure dan; la guerre russojaponaise lors de la paix de Portsmouth, la lutte un peu aigre (1) qui eut lieu à la Conférence de la paix entre les délézations de la Russie et des États-Unis, à propos de la mention, d’ailleurs méritée, du nom de président Roosevelt à côté de celui du tzar, dans le préambule de l’acte final, la position spéciale des États-Unis dans le continent américain où, régnant en maîtres, ils peuvent sans danger agiter Îles problèmes pacifistes, tous ces intérêts concordants nous montrent bien que l'initiative américaine fat plutôt politique qu'humataire, et qu'ici encore les pacifisles n'ont pas à triompher.

Ce qui nous confirme pleinement dans cette façon de voir, c’estle brusque changement d'aspect que subit à cette époque la personnalité du président Roosevelt. On ne peut oublier que le nouvel apôtre de la paix était resté jusque-là le vaillant colonel des rough-riders cubains. l’auteur de la Vie intense si fortement imprégnée des idées à la fois poétiques et brutales de Nietzsche, et l’homime d’État si notoirement imprégné des réalités pratiques qui proclamait bien haut que la décadence pour un peuple, c’est de vouloir la paix à tout prix ; le même enfin qui disait

1. Ceci au comité de rédaction. Inutile de dire qu’on n’en trouve pas de trace dans les comptes rendus mais les bruits ne sont pas toujours des légendes.

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aux représentants du peuple américain (1) : «Jusqu’à présent il nous manque, en droit international, un procédé pour faire respecter notre droit... Jusqu’à ce qu'une méthode de contrôle international soit trouvée, aucune nation civilisée... n'aurait le droit de procéder à un désarmement... L'argent dans le gouvernement dispose pour faire respecter ses droits c’est la flotte des États-Unis, je recommande donc de la façon la plus sérieuse de ne pas interrompre l’augmentation de la marine américaine. »

Suivait une brève mais très nette illustration en ce qui concernait les États-Unis de cette doctrine évidente : « Nous avons entrepris de creuser le canal de l'isthme, nous avons entrepris de nous assurer une part dans le commerce de l’Orient..…., dans notre atmosphère nous tenons à ce que la loi de Monroë soit appliquée. Si nous ne voulons pas que notre attitude en toutes ces questions et en tant d’autres, soit jugée comme une simple forfaiture, nous ne saurions abandonner notre programme maritime. Notre voix compte pour la paix, parce que nous ne craignons pas la guerre. »

Excellentes paroles, mais si on réfléchit que le message est contemporain de la circulaire, on ne peut s'empêcher de constater que le président prêche le pacifisme ou la limitation des arguments pour les

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