CONCLUSIONS SUR LE NÉO-MALTHUSIANISME
j)0{)ulalion quintuple dos 2.140.000 habitants que relevait le recensement de 19i0.
Il est probable que la généralité des pays de l'Europe occidentale et centrale contiennent des sToupements d'adeptes des doctrines néo-malthu- <ionnes; il est vraisemblable qu'il s'en trouve aussi en Russie. Le terrain et les temps sont inégalement jiropices à la propagation de ces doctrines et des l'iatiques qu'elles recommandent : il faut, pour aider à leur succès, un certain détachement des croyances religieuses et des anciennes traditions familiales, l'extension de l'aisance et de l'instruction, l'esprit d'arrivisme et un très "médiocre idéal de vie, faisant consister le bonheur dans les jouisaces faciles et l'absence d'embarras.
Le néo-malthusianisme, avec les pratiques anticonceptionnelles, d'une part, et l'avortement, de l'autre, est, grâce à l'indifférence et à la tolérance des pouvoirs publics et de l'opinion, en train de conquérir la France. Cette conquête est déjà à peu près faite, en ce qui concerne les villes et les agglomérations industrielles. Elle entame maintenant les campagnes; quand celles-ci seront aussi gagnées, la natalité française qui a fléchi, en moins d'un demisiècle, de 1 million de naissances annuellement, vers le milieu du Second Empire, à 742.000 en 1911, perdant 260.000 naissances, et 100.000 depuis à peine dix ans, fléchira encore de 150.000 à 200.000 naissances et tombera à 600.000 ou même à 550.000 naissances par année, chiffre qui, quelle que soit la réduction de la mortalité, laissera un déficit par rapport aux décès de 100.000 à 150.000 âmes par an. Ce sera le suicide de la France, dont on voit déjà les prodromes, suicide
p. LBBOY-BSACLrer. *:*
lent, diront pour se consoler les résignés ; erreur, car en trois ou quatre générations, c'est-à-dire en un siècle ou un siècle et demi au plus, comme on le verra plus loin, la population française, de ce train, pourrait perdre le quart ou le tiers, sinon même la moitié, de son effectif.