POSITION RÉELLE PROCHAINE DE LA QUESTION
DE LA POPULATION EN FRANCE TROIS REMPLAÇANTS A CHAQUE GÉNÉRATION POUR QUATRE PERSONNES A REMPLACER
Rappel du résumé des résultats statistiques concernant la natalité française. — Une notable réduction de la mortalité en France est possible et paraît probable ; elle ne saurait aller du même pas et être poussée aussi loin que la réduction de la natalité. — L'afTaiblissement du nombre des enfants par mariage; ce nombre n'est plus guère que 1res légèrement supérieur à deux. — Certitude, sauf modification profonde dans la mentalité, d'une chute nouvelle de la natalité légitime. — Probabilité, sous la même réserve, d'une moyenne prochaine de quinze enfants seulement pour dix mariages, soit quinze remplaçants pour vingt personnes à remplacer. — La natalité illégitime ne sufGt pas à maintenir l'elTectif des adultes célibataires. - Les mariages en secondes noces, de veufs ou de divorcés, int un appoint d'importance secondaire. — La population irançAise est menacée de baisser d'un quart par génération ou de moitié par siècle. — Eventualité de sa relative disparition i-n deux ou trois siècles. — Espérance d'éviter la dépopulation de la France par la nationalisation des immigrants étrangers. — Cette espérance peut être une illusion.
Il ne s'agit plus, à l'heure présente, pour la France, de population stationnaire, ce qui, dans l'état présent du monde, serait, sans doute un grand mal ; il s'agit de population déclinante et dont le déclin serait appelé à s'accentuer d'une manière progressive et rapide.
On arguera peut-être contre cette proposition qiic
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les années qui présentent un excédent des décès sur les naissances sont des années exceptionnelles qu'en remontant à 1881, on n'en trouve que sept sur trente et une, soit une sur prés de quatre, qui soient dans ce cas, à savoir -.les années 1890, 1891, 1892, affligées par l'influenza, 1895, 1900, 1907 et 1911, que cet excédent des décès, quand il s'est produit, a été de modique importance, 38.000 décès de plus que de naissances en Tannée la plus calamiteuse à ce point de vue qui fut 1890. On pourra peut-être soutenir qu'il y a eu quelque amélioration depuis l'ouverture du xx* siècle, deux années seulement, 1907 et 1911, sur onze années, ayant présenté ce lugubre phénomène. On ajoutera que la population de la France augmente encore, quoique très légèrement, le recensement de 1911 ayant constaté la présence sur le territoire français métropolitain de 39.601. S09 âmes, contre 39.232.267 lors du recensement de 1906 et 38.961.913 lors de celui de 1901 : la population de la France se serait donc, dans les dix premières années du XX* siècle, accrue de 639.364 âmes, soit en moyenne, toutes compensations faites des années à excédent de naissances et de celles à excédent de décès, de 63.936 âmes par an. On pourra même signaler que l'accroissement a été un peu plus sensible dans la dernière période (juinquennale (1906-1911) où il atteignit 349.242 âmes que dans la période quinquennale précédente (1901-1906) où il fut seulement de 290.322.
En admettant, ce qui peut être contesté, que les recensements en France soient tout à fait exacts et que, pour diverses raisons, les communes ne soient pas portées à exagérer le nombre de leurs habi-