TRE PERSONNES A REMPLACER; TROIS REMPLAÇANTS 35S
tants (1), les conséquences que l'on tire de ces recensements récents, quand on les applique à l'avenir sont abusives. Jamais, en effet, dans aucune année antérieure, la natalité n'avait été aussi faible qu'en 1911 et les symptômes les plus concordants et les plus décisifs annoncent que la natalité continuera de baisser.
On soutiendra, il est vrai, que la mortalité, qui - rst déjà sensiblement restreinte en France peut se réduire encore dans des proportions plus accentuées. Elle est tombée de 23 ou 24 pour 1.000 habitants sous le règ:ne de Louis-Philippe et sous le second Empire à 21 ou 22 p. l.OOU en moyenne dans les vingt dernières années du xix® siècle, à 10 ou 19 1/2 p. 1.000 dans les onze premières années du xx^ siècle, ayant même été un peu au-dessous de 18 p. 1.000 en 1910. On peut espérer qu'elle fléchira à 16 p. 1.000 et il se peut que ce ne soit pas là le dernier terme de la réduction. On peut invoquer que dans les États Scandinaves et en Angleterre, le taux de la mortalité est descendu à 13 ou 14 p. 1.000. Le climat de la France, notamment dans sa pau-tie méridionale, rend douteux que
1) Ces raisoDs, sans parler des rivalités comme celle de Lyon le Marseille, sont notamment de maintenir le nombre des st^illers municipaux, tisé sur la population des communes ; u avoir droit à deux écoles, l'une do gardons, l'autre de filles, au lieu d'une école mixte; de maintenir, sinon d'élever, la classe du tribunal et de la préfecture ou de la sous-prélecture: par contre, il y a certains impots dont le tarif peut être relevé si la population do la commune augmente ; d'autre part, quand la population d une ville dépasse 150.000 habitants, elle doit pourvoir davantaffc aux frais de linslruction primaire, l'État lui accordant moins de subsides; c'est à cette cause que l'on attribue l'absolue ^»tagnatlon officielle de la population de la ville de roulouse, qui depuis bien de.* recensement.»; e.st portée comme étant de quelques centaines d'àmes au-dessous de I.jO.oOO habitant». Mais les cas où il y a un intérêt local à réduire le chiffre de la population offi- '•"•11c se présententplus rarement que les cas où l'intérêt e!>t inverse.
3o6 LA QUESTION DE LA POPULATION
l'on puisse réduire le taux de la mortalité aussi bas qu'il est dans les contrées plus septentrionales.
Admettons, toutefois, qu'on y parvienne et que, dans un temps donné, dans un quart de siècle, par exemple, le taux de la mortalité dans notre pays fléchisse à 14 décès pour 1.000 habitants, soit environ 560.000 décès seulement par an. Quoique ce nombre éventuel de décès soit inférieur de 180.000 environ au nombre si modique des naissances en 1911, ce serait se flatter d'espérer, sauf modification profonde dans la mortalité française en ce qui concerne les naissances, que l'abaissement de la mortalité puisse faire compensation à l'abaissement de la natalité.
Le problème se pose ainsi : les décès représentent les personnes à remplacer; les naissances représentent les remplaçants. N'est-on pas dans une direction où le nombre des remplaçants va se trouver, d'une manière quasi constante, inférieur au nombre des personnes à remplacer?
Jl y a deux catégories de naissances : les naissances légitimes correspondant à des couples régulièrement formés et en général permanents, d'une part, les naissances naturelles ou illégitimes d'autre part, correspondant à des unions irrégulières et fréquemment temporaires.
Considérons la première catégorie des naissances et rapprochons-la des mariages : on a vu plus haut (p. 217) le tableau, depuis le commencement du xix" siècle jusqu'à l'heure présente, du nombre des naissances légitimes par mariage. Après avoir été successivement de plus de quatre naissances légitimes en moyenne par mariage dans les toutes premières années du xix" siècle, ce rapport a gra-,