‹ La Question de la PopulationChapitre 111 sur 177 · QUATRE PERSONNES A REMPLACER; TROIS REMPLAÇAÎJTS · texte numérisé non relu

QUATRE PERSONNES A REMPLACER; TROIS REMPLAÇAÎJTS

dueilement faibli tout en restant supérieur à trois naissances par mariage jusques et y compris la période quinquennale 1881-1885, en laissant de côté la période 1871-1875 affligée par la guerre franco-allemande ; puis, par une nouvelle chute, on est tombé graduellement à 2,72 naissances par mariage ou 272 naissances par 100 mariages dans la période 1890-1900, à 2,50 naissances par mariage dans la période 1901-1905, à 2,32 naissances par mariage dans celle de 1906-1911, à 2,18 seulement, soit 218 naissances par 100 mariages dans l'année 1911 considérée isolément (1).

On pourrait arguer que le cas n'est pas désespéré puisque, en Tannée 1911, la plus calamiteuse, il y a encore un peu plus en moyenne de deux enfants par mariage, soit 218 remplaçants pour 200 personnes, les deux époux de chaque ménage, à remplacer.

Ce serait là un évident et excessif optimisme. Étant donné la mentalité actuelle en France et les tendances de plus en plus accentuées qu'elle manifeste en ce qui touche la fécondité, il est incontestable que la natalité par mariage va encore se réduire, dans des proportions probablement aussi fortes, sinon davantage même et aussi rapidement, que de 1881-1885 à 1911 ; dans ce laps de trente ans, la natalité a faibli de 3,03 enfants en moyenne par mariage à 2,18; on peut considérer comme certains qu'elle va fléchir rapidement au-dessous de 2 enfants par mariage et se rapprocher graduellement de 1,5, soit de 15 enfants par lu mariages.

(1) Sur la méthode pour eiTectaer ce calcul, voir plus haut, page S17, note.

3b8 LA QUESTION DE LA POPULATION

Etant donné l'idéal contemporain, sur dix jeunes couples mariés, il y en a cinq, tout au moins, qui ne voudraient pas avoir plus d'un enfant; les cinq autres, sauf rares exceptions, ne voudraient pas en avoir plus de deux; les erreurs ou les cas exceptionnels sont ou seront bientôt compensés par les cas d'impuissance; ajoutons que nous n'avons pas tenu compte des couples mariés, et il s'en trouve, qui ne désirent même pas avoir un enfant. Ainsi sur dix couples ou ménages, comportant vingt personnes à remplacer , il ny aura bientôt que quinze remplaçants.

Voilà la formule, elle est nette. Les naissances naturelles qui, elles-mêmes, diminuent, npn pas par vertu, mais par la propagation des moyens préventifs anticonceptionnels, peuvent être considérées comme destinées à maintenir l'effectif des habitants adultes non mariés et elles n'y suffisent pas.

Le nombre des naissances naturelles, en effet, qui depuis 1861 jusqu'en 1908, sauf quelques rares années exceptionnelles, oscillait entre 70.000 et 77.000 par année (voiries tableaux des pages 21"» et 218), a sensiblement faibli dans les années 1909 et 1910, tombant au-dessous de 67.000 : il paraît appelé à baisser encore (1). Tel qu'il est, il ne représente pas 10 p. 100 du nombre total des naissances ; or, il est manifeste que la population adulte qui reste célibataire dépasse sensiblement 10 p. 100 du nombre total des adultes, et atteint plutôt lo ou

(1) Nous en ignorons le nombre pour 1911, la Statistique générale de France ayant la très fâcheuse habitude de ne pas fournir régulièrement ce" renseignement essentiel quand elle publie Ittableaux relatifs au mouvement annuel de la population.

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