VTRE PERSONNES A REMPLACER; TROIS REMPLAÇANTS
4(»p. 100; par conséquent, les naissances naturelles ne correspondent même pas au Simple recrutement • les personnes adultes qui ne se marient pas il).
On dira peut-être que, parmi les mariages, il y a de seconds mariages intéressant des veufs ou
' veuves ou des divorcés convolant en nouvelles noces et que, en tenant compte de ces successifs mariages, il ne serait pas indispensable d'avoir
i tout à fait deux naissances par mariage pour qu'il y eût autant de remplaçants que de gens à remplacer. Celte remarque est fondée en soi ; mais elle n'a qu'une portée très restreinte. La proportion des veufs, veuves, divorcés ou divorcées se remariant annuellement ne représente pas tout à fait
p 4 p. 100 du nombre des personnes contractant mariage chaque année (2).
(1) Daprès le recensenii-nt de 11)06, le dernier dont on ait les résultats détaillés, sur 5.850.015 personnes du se.xe masculin âgés de vingt à trente-neuf ans. il y avait 3.124.826 hommes mariés. 81.967 veufs ou divorcés et 2.643.2i2 célibataires. Sur 6.588.077 personnes du sexe masculin de quarante ans et plus, on comi>tait : 5.022.06'J hommes znariés, 920.580 veufs et divorcés et 045.428 célibataires, soit pour ceux-ci à peu près le dixième du nombre total des hommes d'âge supérieur à quarante ans.
La proportion des célibataires était plus forte parmi les femmes qui, dans 1 ensemble de la population, sont, d'ailleurs, un peu pins no.'ubreuses que les hommes : sur 5.959.946 femmes de vingt à trente-neuf ans, on comptait 3.959.131 femmes mariées, 198.642 veuves ou divorcées et 1.802.773 femmes célibataires: parmi les femmes de quarante ans et plus, au nombre de 7.146.845. on recensait 4.128.319 femmes mariées. 2.237.783 veuves ou divorcées et 780 743 célibataires : le nombre des femmes de quarante ans et plus célibataires représentait pns de 11 p. 100 du chiffre total des femmes de cet àfje (Voir Résultais statistiques du recensement général de la population etfectué le 4 mars 1906. t. !•', *• partie, p. 21).
Il ressort des chiffres ci-dessus que le nombre des hommes et femmes adultes qui restent célibataires dépasse sensiblement le dixième du nombre des adultes en France.
(i\ Kn 1907, sur 628.122 conjoints unis dans l'année, il y avait 18.378 veufs ou veuves, et 4.333 divorcés de lun ou l'autre .-^exe, ensemble 23.211 : en 1908. le nombre de,-< veufs et veuves, parmi
On peut donc presque le négliger et admettre, en définitive, notre formule : étant donnée la mentalité française contemporaine, pour W personnes à remplacer, il ne se produira bientôt que 15 remplaçants ; il en résulte que, cCune génération à l'autre, mettons en cinquante années, la population française d'origine perdra prochaineme?it le quart de son effectif et sensiblement plus de la
moitié en un siècle.
Si l'on suppose que ces données sont exagérées et qu'on veuille les réduire, il est certain que, en mettant les choses au mieux, la population française d'origine doit tout au moins, en un siècle, perdre le quart de son effectif.
Cette perspective est-elle tolérable ? Peut-on ne pas s'y arrêter et s'en tenir aux dithyrambes habituels, qui remplissent les harangues officielles, les discours de distribution de prix et les chroniques de presse au sujet de l'énergie nationale, du réveil national ? etc. Toutes ces congratulations
les conjoints de l'année, était de 18.642, et celui des divorcés et divorcées de 5.160, ensemble 23.802; en 1909, les veufs et veuves parmi les conjoints de l'année étaient au nombre de 18.312, et celui des divorcés de l'un et de l'autre sexe de o.05i, ensemble 23.363 ; enfin, en 1910, on comptait, parmi les conjoints de l'année, 18.814 veufs ou veuves et 5.554 divorcés ou divorcées, ensemble 24.368; si l'on réunit les quatre années 1907-1910, sur un total de 2.490.198 personnes qui ont contracté mariage, il se trouve 94.744 veufs ou veuves et divorcés de l'un et de l'autre sexQ, soit 3,80 p. 100 du nombre total des conjoints de cette période. On remarquera que le nombre des divorcés des deux sexes qui se remarient est de 5.000 à 5.500 par an, sur 13.000 à 14.000 divorces prononcés chaque année, ce qui ferait ressortir qu'environ 20 p. 100 des divorcés des deux sexes se remarient; mais la proportion doit être un peu plus forte, parce que le chiffre de 13.000 divorcés n'a été atteint qu'en 1910: en 1909, le nombre des divorces était de 12.874, en 1908 de 11.517 et dans les années 1905 à 1907 il était au-dessus de 10.000, sans encore atteindre 11.000 (voir plus haut, page 198, noie).
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nationales ne sont-elles pas déplacées en présence de ce mal qui rongée la nation ?
Tous les palliatifs que l'on vante se heurtent à cette terrible formule ; la réduction de la mortalité, si loin qu'on pense pouvoir la pousser, si désirable et si bien venue qu'elle soit, ne fera qu'ajourner le désastre ou plutôt l'étendre sur une période plus prolongée ; elle ne peut, à elle seule, procurer le salut ; elle ne peut maintenir, à elle seule, la population. Il faut toujours revenir à ces deux termes : dix couples mariés ne vont bientôt produire en moyenne en France que 15 enfants, c'est-à-dire 13 remplaçants pour 20 personnes à remplacer, les naissances naturelles ne suffisant pas elles-mêmes au remplacement des célibataires adultes. Tel est le refrain fatal qui sonne le glas th la nation.
Notez, en outre, que le nombre des mariages qui, en lui-même, actuellement est satisfaisant, à savoir 305.000 à 310.000 mariages par an, dont 5.300 mariages où l'un des époux est un divorcé, le nombre des mariages est certainement appelé à décroître d'ici à une demi-douzaine ou à une dizaine d'années tout au plus. Étant donné que les hommes en France se marient, pour la plupart, entre 23 et 30 ans et les femmes entre 20 et 25 ans, les mariages des années 1910 et 1911 correspondent approximativement aux naissances des années 1880 à 1885 ; or le nombre des naissances dans cette période dépassait encore 900.000 par an ; vers 1900, au contraire, les naissances n'ont plus atteint que 820.000 à 850.000 ; le nombre des mariages, dans 10 ou 15 ans, devra fléchir dans des proportions corres-
pondantes. Et que sera-ce dans un quart de siècle quand les mariages correspondront à la natalité présente qui n'est que de 742.000 naissances par an? Au lieu de 305.000 à 310.000 mariages, il n'y en aura, sans doute, plus alors que 250.000, sinon moins encore et le total des naissances, les naturelles comprises, pourra choir aux environs et : peut-être au-dessous de 500.000.
Prétendra-t-on qu'il y a quelque exagération à compter que bientôt la natalité légitime tombera aux environs de 15 enfants pour 10 mariages, c'est-à-dire pour 20 personnes à remplacer ; il nous semble, quant à nous, que cette prévision pour la fin du premier quartier du xx"" siècle, sinon même auparavant, sauf revirement complet dans la mentalité française, est parfaitement justifiée par les tendances contemporaines et leur inévitable développement.
Supposons, toutefois, que, au lieu de 15 enfants pour 10 mariages, on se maintienne toujours aux environs de 17 enfants,' le déclin de la population française, tout en étant un peu moins rapide, resterait, néanmoins, très considérable : au lieu de perdre un quart de son effectif par génération et la moitié en un siècle, on ne perdra, supposons-nous, qu'un cinquième ou un sixième de cet effectif par génération et un quart ou un tiers ou un siècle. Au lieu de 38 à 39 millions d'habitants de race française, comme aujourd'hui, la France n'en compterait plus que 27 ou 28 millions à la fin du siècle en cours, et 17 à 18 millions à la fin du xxi^ siècle; c'est toujours un effroyable désastre.
La population française est ainsi vouée à une disparition rapide. Quinze siècles avaient forme le