ÉTRANGERS
ANNÉES
NÉS FIIANÇAIS
Au totah
Par 10,000 habitants.
Au total.
Par 10.000 habitants.
Ce tableau mérite quelques commentaires : en 1851 il n'y avait en France que 379.289 étrangers et 13.o2o naturalisés, ensemble 392.814 habitants pouvant être considérés comme un élément hétérogène ; c'était une proportion quasi négligeable de 11 p. 1.000 habitants, guère plus de 1 p. 100. En 1872, au lendemain de la chute du Second Empire, lequel avait été une époque de grande prospérité économique et de natalité relativement bonne en France, le nombre des étrangers et des naturalisés avait presque doublé, les premiers s'élevant a 740.668 et les seconds à 15.303, ensemble 755.971, ou 20,7 p. 1.000 habitants, un peu plus de 2 p. 100. En 1886, le nombre des étrangers monte à 1.126,531 et celui des naturalisés à 103.886, ensemble 1.230.417, ou 32,5 p. 1.000 habitants; la proportion des éléments hétérogènes a augmenté de pluf de 50 p. 100 sur le sol français dans 1^ quatorzt:
années de 1872 à 1886. Depuis lors, le nombre des étrangers a paru ne guère s'accroître et même reculer un instant; l'effet de la loi de 1889 se faisait sentir par l'accroissement sensible du nombre des naturalisés, avec un léger fléchissement ou la stagnation du nombre des étrangers proprement dits. En 1906, on comptait 1.046.905 de ceux-ci et 222.162 de ceux-là, ensemble 1.269.067, ou 32,7 p. 1.000 habitants.
Le recensement de 1911 constate une augmentation assez sensible des étrangers, dont l'efiectif atteint 1.132.696, soit 85.791 de plus qu'en 1906; nous ignorons encore (septembre 1912) le nombre des naturalisés d'après le recensement de 1911, mais il a dû s'accroître légèrement; la proportion des seuls étrangers à la population totale étant de 286 pour 1.000, en supposant que la proportion des naturalisés fût restée la même que lors du recensement de 1906, on aurait, pour ces deux éléments hétérogènes réunis , une proportion de 34,3 p. 1.000 habitants, soit de près de 3 1/2 p. 100, plus que triple de celle de 18ol et de 70 p. 100 plus •'levée que celle de 1872.
Notons que ce tableau présente ces éléments hétérogènes sous un jour atténué; il ne s'agit, en • Ifct, parmi les naturalisés, que de ceux qui sont nés à l'étranger; mais il est bon de tenir compte que la première génération d'enfants de naturalisés français, alors même qu'elle serait née sur le sol liancais, peut être considérée comme ayant une origine étrangère qui n'a pas eu encore toujours le temps de se perdre; les enfants nés en France de parents naturalisés ont été élevés dans une famille qui, en beaucoup de cas, conserve, en partie du
moins , une mentalité étrangère . Cela est vrai surtout quand il s'agit de naturalisés qui se trouvent au milieu d'une agglomération importante de leurs compatriotes concentrée sur un point spécial du sol français. La mentalité étrangère, la conscience étrangère, ne disparaît pas, dans ce cas, rapidement. Si l'on tenait compte de cette observation et que Ton classât parmi les naturalisés tous les enfants nés à l'étranger ou en France de ceux qui ont reçu personnellement la naturalisation, le nombre des naturalisés devrait être relevé tout au moins de moitié et se rapprocberait de 330.000. Joints aux 1.132. 6% étrangers constatés par le recensement de 1911, cela ferait un ensemble d'éléments hétérogènes d'environ 1,500.000 âmes, soit de près de 4 p. 100 de la population totale de la France. .
Quelques personnes trouveront encore qu'environ 1.300.000 âmes d'éléments hétérogènes, cela ne doit pas susciter de vives alarmes. Mais, outre que ce nombre paraît appelé, avec notre natalité de plus en plus décroissante, à augmenter rapidement, à doubler, à tripler même sans doute dans un laps de quelques dizaines d'années, il faut tenir compte de ce que ces éléments hétérogènes sont très inégalement répartis sur le sol et parmi la population française ; ils se concentrent sur des points spéciaux ; ils mordent graduellement sur les frontières de la France et l'entament peu à peu.
Avec les documents relatifs au recensement de 1906, le seul dont les résultats détaillés soient connus à l'heure actuelle, nous dressons le tableau suivant relatif aux étrangers et aux naturalisés,
LES ÉTRANGEHS KÉSIUANT EN FHANCE
dans les départements où ils sont le plus nombreux. On remarquera que la situation a dû s'agg^raver <]<' 1906 à 19 H, puisque, à celte dernière [date, on comptait 85.791 étrangers de plus qu'en 1906:
XOHBRE d'Étrangers et de naturalisés en 1006 dans les DIX départements français qui en ont la plus forte
PROPORTION relativement A LEUR POPULATION TOTALE H)
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