‹ La Question de la PopulationChapitre 117 sur 177 · II.IMlni · texte numérisé non relu

II.IMlni

Alpes-Mari limes . .

Bouches-du-Rhrtne .

Var

Nord

Territoire de Belfort.

Meur the-et-Mose lie.

Ardennes

^'"® f Banlieue. .

ï*yrénéesOricntales.

Basses-Alpes. . . .

uo.dtn

-Vinsi, sur 366.568 habitants en 1906, le département des Alpes-Maritimes comptait 102.872 étrangers et 6.858 naturalisés, soit ensemble 30 p. 100 de sa population. On peut dire que ce département est dans des conditions spéciales, ayant été acquis, pour la plus grande partie, de l'Italie qui le céda en 1860 et ayant toujours eu un fond de population italien, ce qui explique que l'attraction pour l'immi-

[l] Certains de ces chilTies sont des chiffres ronds, comme celui des étrangers à Paris, et, par cette raison, sans doute des chiffres approximatifs : nous n'en sommes pas responsables et nous reproduisons textueilement les données do document officiel.

gration italienne y soit grande. Mais voici deux départements bien anciennement français, les Bouches-du-Rliône et le Var, qui ont une très forte proportion de population étrangère. Dans les Bouches-du-Rhône, en 1906, sur 769.533 habitants, on comptait 124.426 étrangers et 12.780 naturalisés, ensemble plus de 136.000, soit, pour ces deux éléments réunis, 18 p. 100, en nombre rond, du chiffre de la population totale. Quant au Var, sur 322.933 habitants, il comptait 42,640 étrangers et 4.818 naturalisés, ensemble 47.458, soit' environ 15 p. 100 du total de sa population. Dans le vaste département du Nord, sur 1.882.219 âmes, il y avait 183.153 étrangers et 36.363 naturalisés, ensemble 219.516 âmes hétérogènes ou près de 12 p. 100 du total de la population. La proportion est à peu près égale pour plusieurs départements de l'Est : le territoire de Belfort, Meurthe-et-Moselle, les Ardennes où, pour tous les trois, les étrangers et les naturalisés réunis constituent entre un peu plus de 10 et un peu plus de 12 1/2 p. 100 du total des habitants.

A Paris, le nombre des étrangers était, en 1906, de 170.000 et celui des naturalisés de 42.673, soit 782 p. 10.000 habitants; il est moindre dans la banlieue de Paris, faisant partie du département de la Seine, soit 36.949 étrangers et 14.533 naturali- • ses, ou 48^2 habitants d'origine hétérogène pour 10.000 âmes de population. Pour l'ensemble du département de la Seine, le total des étrangers et des naturalisés atteignait presque 265. 000 âmes, à savoir 206.949 des premiers et 57.206 des seconds.

D'autre part, sur la frontière méridionale, limitrophe de l'Espagne, les Pyrénées-Orientales, sur

2 1 1 .788 âmes de population totale, comptent 1 1 . 103 étrangers et 1.103 naturalisés, ensemble 12.206 ou près de 6 p. 100 du total des habitants.

Toute la périphérie de la France et le cœur même, en ce qui concerne la capitale et sa banlieue, sont ainsi envahis par les étrangers, dont la proportion, par rapport à la population totale, dans une dizaine de départements, parmi lesquels trois sont des plus importants, variait, naturalisés compris, entre 4 12 p. 100 et près de 30 p. 100 en 1906. Ces proportions doivent être aujourd'hui assez sensiblement dépassées, puisque le recensement de 1911 a fait ressortir une augmentation, depuis 1906, de 85.791 étrangers, soit de 8,19 p. 100, tandis que le total des habitants de la France ne s'est accru dans le même intervalle que de 349.242 ou seulement de 0,89 p. 100; le nombre des étrangers, dans l'intervalle des deux recensements de 1906 et de 1911 s'est donc accru dix fois plus relativement que le nombre total des habitants de la France.

Peu importe que les départements de la Creuse, du Morbihan, de la Vendée, du Finistère, du Cantal, de la Lozère, de la Mayenne, de la Corrèze et quelques autres n'aient qu'un nombre tout à fait insignifiant d'étrangers et de naturalisés, quelques dizaines ou quelques centaines, de 4 à 8 p. 10.000 habitants: ou plutôt il vaudrait beaucoup mieux qu'ils «'n continssent dix fois plus et que les étrangers et naturalisés ne constituassent pas de grosses agglomérations sur la périphérie du territoire et dans quelques grandes villes.

Cette concentration des étrangers en certains districts est encore plus forte que les chiffres cités l>lus> haut n'en donnent l'idée ; ces chifires concer-

nent l'étendue entière des départements indiqués: mais, à l'intérieur de ces départements, la concentration des étrangers est souvent plus forte dans un arrondissement que dans les autres, de sorte que les étrangers peuvent arriver à constituer la majorité des habitants d'un arrondissement: ainsi, les 44.608 étrangers de Meurthe-et-Moselle se trouvent, en très grande partie, dans le seul arrondissement de Briey. Les 124.426 étrangers du département des Bouches-du-Rhône sont, pour plus des quatre cinquièmes, dans la ville de Marseille; ils v peuplent presque exclusivement des quartiers spéciaux 011 retentit presque uniquement l'idiome italien.

Ce qui ajoute encore au nationalisme persistant de ces étrangers, c'est que, dans chaque région, ils appartiennent presque tous à la même nationalité. Voici la répartition des étrangers par nationalité :

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