‹ La Question de la PopulationChapitre 118 sur 177 · EFFECTIFS DES ÉTRANGERS EN FRANCE · texte numérisé non relu

EFFECTIFS DES ÉTRANGERS EN FRANCE

Allemands 100.114 89.77i' 87.830 »

Américains .... 10.253 16.172 16.956 »

Anglais (Royaume- Uni) 36.134 36.9i8 35.990 »

Austro-Hongrois. . 11.817 11.730 13.021 »

Belges 482.261 323.390 ,

Luxembourgeois. . 37.149(1) 21.999 S ^^"-"^

Espagnols 79.550 80.425 80.914 »

Italiens 264.568 330.465 377.638 »

Russes 11.980 16.061 25.605 »

Suisses 78.584 72.042 68.892 »

Autres nationalités. 10.738 23.669 27.050 » Nationalité inconnue 3.363 11.198 2.570 »

(1) Y compris les Hollandais, ceux-ci étant au nombre de 9.078 lors du recensement de 1891.

Les Allemands jusqu'ici sont en nombre limité; une partie des étrangers qui sont classés sous cette rubrique peuvent être Alsaciens, le cinquième ou, tout au plus, le quart peut-être. Jusqu'ici les Allemands, de la classe ouvrière ou paysanne, largement occupés par l'essor de leur propre pays, ne sont guère attirés en France, surtout dans les campagnes et les petites villes où on leur ferail un accueil peu empressé. Ceux qui viennent en France soit pour V faire fortune, soit pour s'y iixer, sont, en général, des Allemands de la classe moyenne, plutôt petite moyenne, artisans, commis, négociants. Beaucoup y réussissent ; on trouve, par exemple, à Reims, à Bordeaux et dans les villes viticoles du Midi de trè^s importantes maisons de vins qui sont d'origine allemande. Les juifs allemands tendent aussi à affluer chez nous. A Paris, on comptait 25.831 Allemands en 1906 et dans les autres communes du département de la Seine o.iTO.

Nos départements frontières de l'Est Centre, iM-anmoins, ont une assez forte proportion d'Allemands : 17.782 pourMeurthe-et-MoselIe,o. 850 pour les Vosges, 5.094 pour le territoire de Belfort, 1.713 pour la Meuse, 1.439 pour le Doubs, 2.068 pour la Marne, 1.145 pour la Haute-Saône. Ce ne sont pas là des chiffres négligeables, notamment les trois premiers. Même en admettant que les Alsaciens-Lorrains forment un tiers de cet effectif, les deux autres tiers restant pour les véritables Allemands résidant dans ces départements frontières 11'- laisseraient pas d'être préoccupants, d'autant qu'ils ne sont pas disséminés sur tout le territoire «le ces départements, qu'ils s'y concenln'iit flan.<

les villes ou dans les cantons proches de la frontière.

Les Belges et les Luxembourgeois au nombre de 310.433 en 1906 ne donnent lieu à aucune appréhension particulière, leur nationalité n'étant pas redoutable et étant sympathique (1). Les Suisses au nombre de 68.892 sont exactement dans le même cas. Quoique la situation soit différente, en ce sens qu'il s'agit ici de très fortes nationalités, il n'y a pas lieu à alarme, non plus, du côté des 35.990 Anglais, des 23.605 Russes (la plupart, sans doute, Polonais, ouvriers agricoles ou mineurs), ] des 16.936 Américains et même des 13.021 Austro- \ Hongrois, dont la moitié tout au plus, vraisembla- \ blement, est d'origine germanique, ces peuples i divers n'étant pas en antagonisme avec la France : et ayant peu de chances de le devenir. Les 27.030 étrangers résidant de nationalités diverses et les 2.370 de nationalité inconnue, étant à répartir entre de nombreuses nations, ne peuvent non plus être une cause de préoccupation grave.

(1) Disons, en ce qui concerne les Belges, et cela pourra tire ultérieurement aussi le cas pour les Suisses, les italiens et les Espagnols, qu'une nouvelle organisation du travail belge eu France vient de se produire. Un nombx-e croissant d'ouvriers belges, conservant leur résidence en Belgique, viennent chaque malin, par les voies ferrées, travailler dans les villes industrielles ou les campagnes de notre département du Nord et retournent chaque soir chez eux. Avec la brièveté de la journée de travail qui tend à n'être plus que de neuf à dix heures, ces ouvriers belges peuvent faire dans chaque sens 40 à 50 kilomètres par jour pour se rendre au travail en France ; des dizaines de mille et ultérieurement des centaines de mille ouvriers belges peuvent se mettre à ce régime. Notre Chambre des députés avait, dans une de ses récentes sessions, voté une taxe de cinquante centimes par jour sur les ouvriers belges ainsi non résidant: mais sur les représentations du gouvernement belgr. le gouvernement français a dû l'abandonner, reconnaissant qu'ellr est contraire aux conventions internationales.

Les Italiens et les Espagnols, sinon nos frères, du moins nos cousins-germains, liés à nous par bien des traits du caractère, de la mentalité et par le développement historique, seraient, à coup sûr, les bienvenus s'ils se disséminaient davantage sur le territoire français, au lieu de s'y concentrer dans quelques départements en agglomérations compactes. Ces agglomérations par leur importance forment des colonies exclusives qui deviennent difficilement perméables à la langue française et aux conceptions purement françaises. On ne comptait encore que 80.914 Espagnols en 1906; mais le nombre tend à considérablement s'en accroître. Ils envahissent le Roussillon et le Bas Languedoc, ainsi que le Béarn.

En 1906, on comptait 10.404 Espagnols, dans les Pyrénées-Orientales, soit en nombre rond o p. 100 de la population, 13.377 dans les Basses-Pyrénées ou 3 1/4 p. 100, 2.350 dans les Hautes-Pyrénées, 8.182 Espagnols dans l'Hérault, 8.484 dans l'Aude, 5.686 dans la Gironde, 4.599 dans la Haute-Garonne, 4.566 dans le Gers. Ces nombres ont dû notablement s'accroître dans l'intervalle «titre les recensements do 1906 et de 19H et ils sont appelés à augmenter encore notablement. On peut être certain que, d'ici à peu d'années, on comptera plusieurs centaines de mille Espagnols concentrés dans les sept ou huit départements voisins des Pyrénées.

Le mouvement d'infiltration des Italiens en France

est bien plus prononcé encore et il continuera

■également de s'accentuer. On comptait 264.568

Italiens en France en 1886, 330.465 en 1901 et

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