CLASSEMENT DES DÉPARTEMENTS SELON LA NATALITÉ
causes opèrent chez elle et s'il s'y en rencontre quelques autres. Ce rapide examen est le préliminaire indispensable de la recherche des moyens soit de relever dans une certaine mesure la natalité française présente, soit tout au moins d'en arrêter le déclin.
La France, quoique le pays relativement le plus homogène d'Europe, présente, cependant, des différences caractéristiques en ce qui concerne la iii-ntalité, les mœurs et la natalité dans les diverses provinces.
On se souvient que, pour l'ensemble du territoire français, l'année 1911 a présenté un excédent des décès sur les naissances de 34.869 âmes. Même dans cette année fatale, qui a eu plusieurs précédents et qui doit avoir, sans aucun doute, bien des imitatrices, il s'est encore trouvé un certain nombre de départements 'offrant un excédent des naissances sur les décès. Reproduisons comme base d'appréciation, quelques morceaux du résumé officiel (lu mouvement de la population en France dans Tannée 1911 tel qu'il a été présenté par le il i recteur de la Statistique générale de la France, M. Lucien March (1) : '
En 1911, on ne constate d'excédents de naissances (sur les décès) que dans 23 départements, au lieu de 55 en 1910. 40 en 1909, 45 en 1908 et 29 en 1907. Les départements où l'excédent, rapporté au chiffre de la population légale en 1911. atteint les valeurs les plus fortes, sont : Finistère, 73 pour 10.000 habitants; Fas-de-Calais, 72 ; Morbihan, 70; territoire de Belfort. 39 ; Vendée, 38 ; Nord 35 ; Corse, 32 ; Landes. 30 ; Ilaute-Vienne, 28 ; Basses-Pvrénées, 27 ; Côtes-du-Nord, 26 : Meurthe-et-Moselle, 18. Ces départements sont ceux qui four-
(1) Journal officiel du 6 juin 1912, pp. 504 et 505.
nissaient les plus forts excédents les années précédentes ; mais, pour chacun d'eux, la valeur de l'excédent a fortement diminué par rapport à 1910 (1).
Cependant, ces divers départements ne contribuent pas de la même façon à l'accroissement naturel de la population. C'est en grande partie grâce à une natalité élevée, associée H une mortalité moyenne ou même assez forte, que le Pasde-Calais, le Finistère, le Morbihan, les Côtes-du-Nord enregistrent des excédents de naissances, tandis que c'est surtout à une très faible mortalité que sont dus les excédents constatés dans la Corse, la Vendée, la Haute-Vienne.
Dans 64 départements on a eni'egistré plus de décès que de naissances ; les départements à excédents de décès étaient au nombre de 32 en 1910, 47 en 1909. 42 en 1908, 58 en 1907. Si on les classe d'après la valeur relative de l'excédent des décès rapporté au chiffre de la population légale, ceux qui fournissent les chiffres les plus élevés sont : Lot, 88 pour 10.000 habitants; Tarn-et-Garonne, 78; Gers, 75; Haute- Garonne, 66 ; Lot-et-Garonne, 65 ; Yonne, 62 ; Orne, 60 : Basses-Alpes, 57 ; Nièvre, 51 ; Puy-de-Dôme, 49 ; Drôme, 48 ; Eure, 46; Côte-d'Or, 45. Ces départements donnaient déjà les années précédentes de notables excédents de décès ; ces excédents se sont accrus en 1911. La plupart de ces départements possèdent d'ailleurs une faible natalité et une mortalité élevée. ..
En résumé, les seuls points du territoire où la natalité l'emporte sur la mortalité sont les régions du Nord, de la Bretagne, des frontières de l'Est, du Limousin et la Corse.
Chaque nouvelle année, les départements des bassins de la Garonne et du Rhône enregistrent plus de décès que de naissances, et accentuent ainsi leur mouvement de dépopulation.
Nous avons tenu à citer littéralement le document officiel. On voit que certaines parties de la France ont encore, sinon une natalité élevée (elle n'atteint dans nul département aujourd'hui 21 nais-
(1) Les excédents de 1911 sont, en général, les deux tiers ou la moitié des excédents calculés en 1910,