‹ La Question de la PopulationChapitre 122 sur 177 · VSSEMEMT DES DÉPARTEMENTS SELON LA NATALITÉ · texte numérisé non relu

VSSEMEMT DES DÉPARTEMENTS SELON LA NATALITÉ

sances par 1 .000 habitants » (l), du moins une natalité satisfaisante, qui suffirait, si elle était généralisée sur tout le territoire, pour procurer à la France un excédent annuel de population de 280. OuO âmes, d'après la base de l'excédent des naissances sur les décès (70 à 73 pour 10.000 habitants) réalisé dans les trois départements du Finistère, du Pas-de-Calais et du Morbihan en 11)11, et seulement de 100. 000 à 160.000 âmes environ, d'après la base, supposée généralisée dans tous les départements, de l'excédent moyen des naissances sur les décès (variant de 26 à 39 pour 10.000 habitants) obtenu dans les huit départements du territoire de Belfort, la Vendée, le Nord, la Corse, les Landes, la Haute-Vienne, les Basses- Pyrénées et les Côtes-du-Nord (2).

I) Le taux actuel de la nalalité dans les départements fran-

is les plus prolifiques eût été considéré, au milieu du xix» siècle

< omme modique, sinon comme faible : il est de 26.8 pour

4.000 habitants dans le Finistire, 26,2 dans le Pas-de-Calais,

2 i.6 dans le Morbihan. 24,1 dans les Côtes-du-Nord.

i) Le document officiel précité indique aussi les arrondisse- -icats qui se signalent, soit par une certaine prolificité, soit par une spéciale infécondité ; voici les passages y relatifs :

« Sur ^■6i arrondissements, 110 seulement ont donné des excé- . lents de naissances (en 1911), au lieu de 215 en 1910, 169 en 1909 • t 195 en 1908. Un certain nombre sont situées dans des départements où le nombre des décès l'emporte sur celui des naissances : ainsi Briançon, Mézières, Rocroi. Coufolens, Bour^aneuf. Nontron, Montforl, Redon. Fougères. Loches, Pithiviers, Segré. Cholet. Senlis, Mouliers. etc. Pour certains d'entre eux (Briançon, Confolens. Nontron, Fougères, Segré), le fait se reproduit presque chaque année.

n Les arrondissements où l'excédent des naissances, rapporté au chiffre de la population légale en 1911, fournit les valeurs !>s plus élevées sont: Briey, 140 pour 10.000 habitants: Béthune, 138 ; Quimper, 113 ': Chàteaulin, Pontivy, 107 ; Mauléon. 82; Guingamp. 76: les Sables-d'Olonne, 71 ,' Saint-Yrieix, 70: Rochechouart, 67. Ces arrondissements donnaient déjà de très forts excédents les années précédentes ; pour chacun deux, Ui valeur de l'excédent a diminué, par rapport à 1910.

n On a enregistré plus de décès que de naissances dans 252 ar-

Nous avons calculé que si l'ensemble de la France avait eu, en moyenne, depuis 1871 l'excédent des naissances sur les décès qu'offre, dans la mauvaise année 1911, le département du Finistère, sa population, en laissant de côté les mouvements d'immigration et d'émigration, se serait accrue d'au moins 30 p. 100 depuis 1871, à raison de 73 annuellement pour 10.000 habitants, et se trouverait être à l'heure présente de 47 millions d'âmes en nombre rond (1) ; si, au contraire, l'ensemble de la France avait eu, depuis 1871, l'excédent des décès sur les naissances qu'offrent en 1911 les deux départements de Lot-et-Garonne et de l'Yonne, lesquels ne sont même pas tout à fait les plus stériles, mais qui peuvent être classés parmi les départements prospères, aisés et réputés éclairés, le Lot-et-Garonne étant le département qui depuis quarante ans a fourni à la France le plus de ministres et de hauts personnages politiques, la population de la France se fût réduite, depuis 1871, à raison de 63 âmes annuellement

rondissements : les nombres correspondants n'étaient que de 147 en i910 et de 193 en 1909. Ceux qui fournissent les déficits les plus considérables se classent dans l'ordre suivant : Cahors, 98 pour 10.000 habitants : Glamecy, 96 ; Moissac, 94 ; Agen. Alençon, 91 ; Aucli, 88 ; Bar-siu'-Seine, 81 ; Gaillac, 79; Montauban. 78 ; Brignoles, Clerraont (Oise), Toulouse, 74 ; Lectoure, Montélimar, 73. Si l'on compare ces résultats à ceux des années antérieures, on remarque que les arrondissements qui donnent les excédents de décès les plus élevés demeurent à peu près les mêmes ; la valeur de ces excédents est plus considérable en 1911 que dans l'année immédiatement précédente. »

1 . Nous devons faire observer que nous ne tenons compte que du taux d'accroissement simple d'après la population du poini de départ : si nous tenions compte du taux d'accroissement composé, c'est-à-dire s'appliquant chaque année au chiffre accru, l'accroissement de la population eût été au bout des quarante années, de 4 millions 1/2 d'âmes environ plus élevé et la population totale, eût dépassé 53 millions d'âmes en 19H.

LA RKI.ir.lON ET LA FÉCONDITÉ MATRIMONIALE 395

[tour 10. 000 habitants, de plus d'un quart sur le . hiffre de 1871, qui était de 36.100.000, c'est-àdire qu'elle eût baissé de plus de 9 millions d'âmes et qu'elle serait, à l'heure présente, de 27 millions d'ùmes au plus (1).

Cela donne l'idée du sort qui menace notre nation dans un temps relativement prochain.

Si l'on recherche quels sont les traits communs aux départements ayant conservé une relative, quoique décroissante, fécondité, on voit que si «juelques-uns de ces départements, comme ceux (lu Nord, du Pas-de-Calais et de Meurthe-et- Moselle, se distinguent par un vif essor économique, tous, y compris les trois qui viennent d'être nommés, sont des départements où la masse de la population est restée, en grande partie, fidèle aux croyances traditionnelles. Cela est très t ortàin pour les départements bretons et la Vendée, mais cela l'est également pour le département du Nord qui contient une grande partie de population Mammingante et de belges de toute origine; cela l'est aussi du Pas-de-Calais, de Meurthe-et-Moselle et des autres départements sus-indiqués.

Les croyances et les pratiques religieuses ont t'té peu ébranlées parmi les populations de ces ilépartements. Sans donc contester que le grand t'ssor industriel et particulièrement minier contribue à soutenir la natalité dans les départements du Pas-de-Calais, du Nord et de Meurthe-et- Moselle, il faut admettre que, pour ces départements, il est une autre cause agissante, laquelle est tout à fait dominante dans les autres départe-

(4) On doit faire ici une remarque analogue à celle de la note précédente, mais comportant une aggravation en sens inverse.

ments à assez bonne natalité, à savoir la fidélité aux sentiments religieux et à l'idéal chrétien.

Un libre penseur aussi déterminé que l'économiste italien socialisant, M. Nitti, reconnaît l'action du sentiment religieux sur la natalité : « L'influence de la religion sur la natalité est non moins évidente, écrit-il, et rentre dans la catégorie large et complexe des influences psychiques et morales. Le but de toutes les religions est de diriger l'âme vers une fin lointaine, de salut individuel. La religion entraîne, d'autre part, la croyance à une intervention providentielle et pousse les races à la fécondité (1) «. L'auteur italien renvoie pour la grande influence exercée par la religion sur la fécondité des mariages, au beau livre de Fustel de Coulanges, La Cité antique (2), et pour la même consta-

(1) Nilti, La Population et le Système social.

(2) L'influence de la religion dans tous les temps et dans tous les pays sur la natalité est tellement prédominante que nous croyons devoir produire à ce sujet les passages principaux du livre de Fustel de Coulanges : La Cité Antique (livre II, ch. m intitulé : De la Continuité de la Famille, etc. :

« Les croyances relatives aux morts et le culte qui leur était dû ont constitué la famille ancienne et lui ont donné la plupart de ses règles.

« On a vu plus haut que l'Iiomme, après la mort, était réputé un être heureux et divin, mais à la condition que les vivants lui offrissent toujours le repas funèbre. Si ces offrandes venaient à cesser, il y avait déchéance pour le mort, qui tombait au rang de démon malheureux et malfaisant... Aussi, chaque père attendait-il de sa postérité la série des repas funèbres qui devront assurer à ses mânes le repos et le bonheur.

« Cette opinion a été le principe fondamental du droit domestique chez les anciens. Il en a découlé d'abord cette règle que chaque famille dût se perpétuer à jamais. Les morts avaient besoin que leur descendance ne s'éteignît pas... Aussi l'Hindou croyait-il que ces morts répétaient sans cesse : « Puisse-t-il naître toujours dans notre lignée des tils qui nous apportent le riz, le lait et le miel ». L'Hindou disait encore : « L'extinction d'une famille cause la ruine de la religion de cette famille ; les ancêtres privées de l'offrande des gâteaux tombent au séjour des malheureux !... »

« On lit dans un discours d'un orateur [athénien : « Il n'est

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