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tution chez des races ditférentes à l'ouvrage toul aussi célèbre, quoique d'une autre inspiration, de Sumner Maine, L'Ancien Droit. 11 est vrai que M. Nitti fait des réserves au sujet de la faveur que le célibat ecclésiastique ou monastique rencontre dans la doctrine catholique. Mais ces réserves sont de peu de portée. En fait, les peuples restés profondément fidèles à la religion catholique, comme les paysans italiens et espagnols, ont une natalité qui est à peu près égale à celle des Allemands et qui dépasse de beaucoup celle des Anglo-Saxons,
pas un homme qui. bâchant qu'il doit mourir, ait assez peu de -ouci de soi-même pour vouloir sa famille sans descendants : • ar il n'y aurait alors personne pour lui rendre le culte tjui est dû aux morts ». Chacun avait donc un intérêt puissant à laisser un lils après soi, convaincu qu'il y allait de son immortalité heureuse...
« Nous touchons ici à l'un des caractères les plus remarquables de la famille antique. La religion qui l'a formée exige impérieusement qu'elle ne périsse pas...
« Le mariage était donc obligatoire. Il n'avait pas pour but le plaisir : son objet principal n'était pas l'union de deux êtres qui se convenaient et qui voulaient s'associer pour le bonheur ou pour les peines de la vie. L'effet du mariage, aux yeux de la religion et des lois, était, en unissant deux êtres dans le même culte domestique, d'en faire naître un troisième qui fût apt«^ à continuer ce culte. On le voit bien par la formule sacramentelle qui était prononcée dans l'acte du mariage : Ducere uxorem liberum quœrendoi'um causa (prendre une femme atin d'avoii* des r-nfants), disaient les Romains ; -aiowv t-' ipôro) v'/T,ff{u)v. • lisaient les Grecs...
'< La naissance de la fille ne remplissait pas l'objet du mariage. En effet, la GUe ne pouvait pas continuer le culte, par la raison que, le jour où elle se mariait, elle renonçait à la famille et au culte de son père... u
La fille ne comptant pas. cela poussait à la prolificité, celui qui n'avait que des filles poursuivant jusqu'à la venue d'un garçon ou plutôt de plusieurs, car un seui était bien fragile pour assurer indéfiniment le culte.
Les peuples orientaux, à l'heure présente, paraissent encore animés de sentiments analogues à ceux des anciennes civilisations d'Europe ; on le voit par les tablettes des amcêtres au Japon et en Ciiine ; cela y maintient la prolificité et fait de *-es peuples de bien redoutables concurrents pour les peuples européens.
des Scandinaves et des Suisses. La religion catholique, plus encore que toutes les autres, enseigne la résignation à son sort, condamne Tégoïsme et déconseille l'ambition; c'est-à-dire qu'elle exalte le sentiment qui tend à rendre les familles nombreuses et qu'elle réprouve ceux qui tendent à diminuer le nombre des enfants. Elle se montre enfin d'une inexorable sévérité à l'endroit de toutes les pratiques frauduleuses qui tendent à diminuer la fécondité des unions. Dans une annexe à son livre, La V inculture, M. de Molinari a réuni sous le titre : Le Devoir conjugal et le but du mariage au point de vue chrétien, de très curieuses et très topiques prescriptions des docteurs et des écrivains catholiques à ce sujet.
On nie parfois, cependant, cette influence de la religion sur la prolificité. On argue de ce que nombi'c de ménages fréquentant les églises el remplissant leurs devoirs religieux se signalent par la réduction du nombre de leurs enfants. Cela se rencontre souvent, en eff"et, et les bons observateurs ont déjà signalé que les membres du clergé catholique, dans les petites villes et les campagnes, soit par insouciance, soit pour ne pas compromettre leur autorité, s'abstiennent de rappeler à leurs ouailles, en chaire ou au confessionnal, que l'Église est contraire à la réduction abusive du nombre des enfants. Mais les populations qui sont restées pénétrées des sentiments religieux n'ont pas besoin de ces avertissements.
On argiie aussi parfois de ce que la bourgeoisie française, quoique revenue depuis un demi-siècle ou un quart de siècle, sinon toujours à l'esprit religieux, du moins aux pratiques religieuses, se signale par la
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réduction du nombre des enfants. Mais ici l'on se trompe ; l'une des classes qui, au temps présent, montrent une certaine proliiicite, le retour même à la prolificité, c'est la haute bourgeoisie qui simprèsrne de nouveau des sentiments chrétiens ; les familles, parmi elles, où le nombre des enfants est supérieur à deux, à trois, parfois à quatre, sont frétjuentes.
C'est une erreur, écrivions-nous il y a une quinzaine d'années (i), de croire que la stérilité systématique se rencontre surtout dans les classes opulentes; les comparaisons que font à ce sujet divers statisticiens entre la natalité des différents quartiers d'une ville, ou entre létat des familles dans les quartiers riches et les quartiers moyens d'après les recensements, sont insuffisamment probantes. La constitution démographique des divers quartiers n'est pas, en effet, la même. Il se trouve dans les quartiers riches une plus forte proportion de ménages âgés, de gens retraités, de domestiques, classe particulièrement stérile, et de personnes qui ne passent qu'une partie de l'année à la ville; la natalité enregistrée doit donc y être plus faible, sans qu'on puisse rien en inférer. On qualifie leXVI' arrondissement qui compte 13o.0(K) habitants comme un arrondissement riche et le VHP également qui, de son côté, compte 104.000 habitants. Or, il est manifeste que les gens vraiment riches ne représentent pas la dixième partie, peut-être pas même la vingtième partie, de la population de ces arrondissements dits riches ; les gens
(1) Voir, dans la Revue den l^eux Mondes du io octobre 1897, notre article : La Queslion de la l'opulalion et la Cimlisalion Démocratique.
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opulents ne se comptent pas, même à Paris, patcentaines de mille ; le gros de la population de ces arrondissements est composé de domestiques, de concierges, de petits boutiquiers et d'ouvriers d'élite. Les conclusions que l'on tire de la natalité dans les quartiers dits riches de Paris sont donc sans valeur.
Nous croyons que, en France notamment, il y a plus d'enfants dans la tout à fait haute bourgeoisie et dans l'ancienne aristocratie que parmi les petits bourgeois, les paysans des départements bourguignons ou gascons, et même que parmi les artisans, les contremaîtres et les ouvriers d'élite.
Des observations que nous venons de présenter sur l'influence des sentiments religieux, au point de vue de la natalité conjugale, chez les familles qui en sont restées imprégnées, on ne doit pas conclure que seule la religion chrétienne ait une action dans ce sens. On a vu que Fustel de Coulanges a reconnu une influence analogue dans l'ancienne religion romaine. Rappelons ici le vers du vieux poëte Ennius :
Moribus antiquis Kes stat lioiiiaaa virisque.
Sur les mœurs et les hommes antiques repose l'État Romain. De même, chez les grandes nations asiatiques les mœurs traditionnelles, liées aux sentiments religieux, sont certainement pour beaucoup dans le maintien de la fécondité. L'influence profonde, même au milieu des plus grandes transformations apparentes, de ces sentiments et de ces croyances héréditaires, est très visible chez celle