‹ La Question de la PopulationChapitre 124 sur 177 · LA RELIGION KT LA FÉCONDITÉ MATRIMONIALE · texte numérisé non relu

LA RELIGION KT LA FÉCONDITÉ MATRIMONIALE

Je ces nations que nous avons appris à le mieux connaître, le Japon.

Après avoir recherché le trait commun aux populations des départements qui ont conservé encore une certaine prolificité : Bretagne, Vendée, partie de la Lorraine, Béarn, Nord et Pas-de-Calais et y avoir noté une fidélité plus accentuée que dans la généralité du territoire aux sentiments religieux traditionnels, recherchons s'il n'y a pas des traits communs de caractère ou d'esprit chez les populations des départements qui sont particulièrement stériles. Rappelons ceux-ci : Lot, Tarn-et-Garonne, Gers, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Yonne, Orne, Basses-Alpes, Nièvre, Puy-de-Dôme, Drôme, Eure, Côte-d'Or.

Ces départements comprennent d'abord et en première ligne presque toute la vallée de la Garonne, puis plusieurs départements bourguignons, deux des départements duDauphiné, deux de Normandie et un de l'Auvergne, ainsi que le Nivernais.

C'est surtout la Gascogne et la Bourgogne qui se distinguent sur cette liste fâcheuse. On ne fait plus de cadets de Gascogne ; ce type joyeux est quasi disparu. Y a-t-il quelques traits communs à tous les départements séparés par les distances, mais réunis par l'infécondité? Le Lot-et-Garonne et l'Yonne, par exemple, les deux départements de quelque importance, sociale sinon numérique, qui se signalent le plus par la stérilité, ces deux départements à enfant unique , ont-ils , en dehors de cette fatale stérilité, quelque ressemblance, quelque trait commun dans le caractère et la mentalité des populations?

Nous ne nions, certes pas, que, parmi les treize

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départements que nous avons nommés comme particulièrement improlifiques, il ne s'en trouve où l'essor économique soit restreint ; il reste à savoir si la médiocrité de cet essor économique est une cause ou un effet. Ces départements ne sont pas, en général, des contrées industrielles, quoique certains le soient comme l'Eure et même l'Orne, où l'on a découvert, récemment, il est vrai, de grandes richesses minières. Mais la plupart de ces départements ont un bon sol, se prêtant à des cultures variées, raffinées et productives, ce qui est le cas de ceux de la vallée de la Garonne et de ceux de la Bourgogne.

On a voulu récemment fournir une explication nouvelle de la stérilité de certains de ces départements. On attribue cette stérilité à une maladie collective dont le nom sonne bien dans ce siècle : à la neurasthénie, la neurasthénie rurale. On a publié des études ou des livres sur ce sujet et portant ce titre (1). Les enfants uniques du pays de Gascogne seraient des neurasthéniques ruraux, tandis que les cadets de Gascogne d'autrefois se montraient de joyeux compagnons. Cette explication, quoique reposant sur quelques observations intéressantes, nous paraît difficile à admettre. Les gens de Gascogne sont loin d'être indécis et inertes comme les neurasthéniques; ils se proposent des buts prochains et clairs qu'ils s'efforcent d'atteindre avec calme et persévérance. Considérer comme neurasthénique le département de Lot-et-

(1) La Neurasthénie rurale, par le D' Raymond de Belbèze, de Nevers (chef-lieu d'un département improlifique), Paris, 1911 : dans un esprit analogue, les études du docteur Labat sur les populations de la vallée de la Gascogne publiées, vers la même époque, par la Revue des deux Mondes.

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