‹ La Question de la PopulationChapitre 131 sur 177 · LA FAMILLE ET LES IMPOTS · texte numérisé non relu

LA FAMILLE ET LES IMPOTS

Actuellement même, l'un des peuples restés les plus proliliques, esf celui de toute notre civilisation que l'on peut considérer comme le plus chargé d'impôts de toutes sortes, directs et indirects, à savoir : l'Italie. L'un des peuples, au contraire, où les impôts de toute nature sont le plus légers, tend à perdre toute prolificité et l'a perdue même pour la moitié de sa population, à savoir le peuple belge qui, dans l'ensemble, n'a plus qu'une natalité médiocre et, en ce (jui concerne les wallons, en a même une très faible (voir plus haut, p. 224).

En France, les impôts indirects sont aujourd'hui très supportables, la généralité des objets de première nécessité, blé, farine, viande, vin, sucre, étant ou indemnes de toute taxe ou assujettis à des droits qui sont moitié moindres, souvent quatre ou cinq fois, môme quinze fois moindres (comme le vin à Paris) de ce qu'ils étaient vers le milieu ou le dernier quartier du xix" siècle. Les droits d'octroi eux-mêmes ont été très allégés et, quant aux droits de douane sur les principaux objets d'alimentation, tout excessifs qu'ils soient, en vertu du système économique dominant actuellement le monde, ils ne sont pas plus élevés (ju'en Allemagne et ils ont en France cet avantage, pour le blé, le vin et même la viande de ne s'appliquer pas, de ne point « jouer », suivant l'expression technique, dans la plupart des années, la France, avec l'appoint qui lui vient en franchise de ses colonies Nord-Africaines, suffisant alors à sa consommation, tandis qu'ils « jouent » toujours en Allemagne.

Il est, certes, recommandable, pour un peuple qui se trouve à l'aise dans ses (inances, de ne pas

taxer ou de ne taxer que légèrement les objets d'alimentation populaire, ceux, du moins, de toute première nécessité, mais ce n'est nullement cette taxation qui empêche la prolificité.

Les dégrèvements de certains impôts directs, comme l'impôt mobilier en France, pour les peisonnes ayant des charges de famille, se recommandent moins en raison de l'aide modique que ces familles en retirent, qu'en raison de l'action morale qu'ils peuvent avoir sur la natalité nationale ; c'est, si l'on nous permet cette expression, une sorte de réclame publique en faveur de la prolificité. Or, dans un pays à faible natalité, l'Etat ne saurait omettre une occasion d'inculquer au peuple le sentiment et l'idée qu'une famille nombreuse, et notamment le troisième enfant par ménage, ont pour la nation un intérêt suprême.

Page 1