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L HYGIÈNE SOCIALE ET LA MORALE COLLECTIVE

royances traditionnelles. Cette guerre, sans raion et sans pitié, est, d'ailleurs profondément lumiliante; c'est une honte pour notre nation.

Si le sentirifent de l'honneur est trop éraoussé hez nous pour y mettre fin. celui de la prévoyance levrait y suffire. Qu'adviendra-t-il de la natalité rançaise le jour oii les rares provinces qui ont ncore conservé quelques restes de prolificité par ttachement aux croyances traditionnelles, la Breagne, la Vendée, la Flandre, la Lorraine et .utres rares parties du territoire, auront été amelées à l'état où se trouvent la Bourgogne et la Gasogne, avec leur mentalité dite moderne?

L'école publique ne doit pas se dresser en face le l'église comme une ennemie ou même comme me rivale. La neutralité que l'on réclame pour iUe doit être une neutralité bienveillante et iympathique ; elle doit s'entendre seulement de ce |ue l'instituteur n'est pas tenu de faire œuvre conessionnelle ; mais il ne doit pas prononcer un seul pot qui soit de nature à ébranler les crovances raditionnelles.

C'est un lamentable spectacle que celui que lonnent nombre d'instituteurs publics en France ît surtout ceux qui, dans les Syndicats, les « Ami- ;ales » et autres groupements s'arrogent le droit le parler en leur non». Ils ont à l'endroit des ■royances religieuses traditionnelles un ton agresif Par une méprisable, mais pernicieuse mesqui- . nombre de livres scolaires évitent systémaiquement le nom de Dieu. Dans un temps, qui a

u les plus grands savants. Pasteur, A. de Lap- )arent, celui-ci géologue, secrétaire perpétuel de 'Académie des Sciences et catholique des plus

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ardents, le mathématicien Hermite, Henry Poincaré, dont les lettres de décès portent qu'il est mort « muni des sacrements de 1 Église» et tant d'autres, non seulement ne pas répudier Ms idées chrétiennes, mais ou proclamer leur fidélité à ces idées ou s'empresser de leur rendre hommage, il est triste que de malheureux (( primaires » infatués, ne possédant que d'informes rudiments de connaissances, prétendent s'érig-er auprès des enfants qui leur sont confiés en détracteurs systématiques de la religion chrétienne. Ce contraste est, à coup sûr, grotesque ; mais il est odieux également : il détourne des âmes populaires les sources les plus abondantes et les plus sûres de la morale, de l'idéal et du désintéressement.

Il ne sert à rien d'alléguer que d'autres savants,! comme Berthelot, ont rompu ouvertement avec! l'Eglise ; tout au moins ceux-ci, en général, ont-ils évité, quand ils détenaient une parcelle des pouvoirs publics, de vouloir lui faire la guerre. C'est un des traits les plus remarquables du temps) présent que toute l'Académie des Sciences en France se montre plus sympathique à la religion chrétienne, plus respectueuse des traditions et des enseignements de celle-ci que ne l'est, en général, l'école primaire publique.

La direction donnée en France à l'instruction publique pour les deux sexes tend beaucoup trop à développer l'arrivisme et le goût du bien-être ; elle apprend aux gens à se pousser dans le monde et guère autre chose ; elle provoque un déclassement national constant. On peut répandre la scierice moderne d'une façon moins sèche, sans ébranler toutes les traditions ; on peut préparer

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l'avenir, sans faire haïr ou mépriser le passé.

Si l'on veut restaurer en France la fécondité familiale, éviter du moins qu'elle se perde complètement dans les quelques départements qui la pratiquent encore en une certaine mesure, il faut que les pouvoirs publics mettent fin à la guerre systématique qu'ils ont entreprise depuis plus dun quart de siècle et plus particulièrement depuis l'ouverture du siècle présent contre la religion chrétienne, qu'ils la traitent, au contraire, avec sympathie, comme une grande et respectable force moralisatrice.

Il conviendrait aussi que, de son côté, le clergé, depuis longtemps engourdi, se réveillât, qu'il osât parler à la population en combattant ses préjugés et ses mauvaises habitudes, que près des hommes et près des femmes il combattît l' « onanisme conjugal », et la stérilité systématique, qu'il proclamât tout au moins le devoir du troisième enfant ; il prouverait ainsi qu'il est un clergé vraiment chrétien et non une confrérie de bureaucrates et de 'onctionnaires ayant de la tenue.

Le retour au sentiment religieux actif, voilà le jremier article du nouveau régime moral auquel )n doit recourir pour lutter contre la stérilité lystématique,

La campagne antireligieuse qu'ont entreprise los gouvernements et qu'ils poursuivent, avec seulement de passagères accalmies, n'a pas, Tailleurs, que de fâcheux résultats moraux; elle )orte aussi aux familles un détriment positif qui les létourne de la prolificité ou même d'une fécondité Tiodérée. C'est ainsi que, grâce à tîiverses congrégations d'hommes et de femmes, aux ressources

qu'elles avaient accumulées durant le xix'' siècle et au dévouement de leurs membres, il y avait eu France dans tous les arrondissements, un ou plusieurs établissements d'enseignement moyen ou secondaire pour garçons et pour filles, avec pensionnat à des prix très modérés. Moyennant 4 ou 500 francs, les familles soit de la petite bourgeoisie, soit de l'élite ouvrière ou paysanne, pouvaieni faire élever un garçon ou une fille, en des conditions salubres, morales et le pourvoir d'un convenable enseignement moyen. Avec la proscriptior systématique de toutes les congrégations enseignantes, ces établissements ont disparu ; ils n'oni pas été remplacés et ne peuvent pas l'être, les éta blissements publics qu'on voudrait leur substitue! ne pouvant être que beaucoup plus onéreux, puis qu'il faut rétribuer largement leur personnel, e\ n'offrant pas, aux yeux d'une notable partie de l£ population, faute de base religieuse, toutes ies garanties de bonne éducation auxquelles on attachf du prix. Il en résulte que, dans toutes les petites ou moyennes villes et toutes les campagnes, leî familles de la petite bourgeoisie et de rélit( ouvrière et paysanne ne peuvent plus faire élevei leurs enfants à si bon compte et dans des condi tions qui leur paraissent satisfaisantes. Les chargeî de l'éducation des enfants sont ainsi lourdemenl accrues; il en résulte, dans ces classes nombreuses et dont l'influence rayonne sur les classes infé rieures, un découragement et des appréhensions qui tendent à réduire leur fécondité (1).

(1) On peut signaler encore d'autres eCfets d'ordre antifamilia de la proscription des congrégations. Quoique celte proscription au sens absolu, ne s'applique qu'aux congrégations enseignantes

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D'autres articles doivent composer le pro^amme d hvgiène générale et nouvelle qui s'impose à la nation fian(;aise si elle ne veut pas rapidement disparaître.

Il convient qu'elle renonce à son indifférence et a son abstention vis-à-vis l'immoralité croissante. Une partie de la littérature française et des arts français, sous prétexte d'esthétique, est cyniquement immorale. La justice tolère en France, sous ce rapport, ce qui n'est toléré dans aucun autre pays civilisé.

La répression méthodique de toute propagande publique immorale est un devoir essentiel pour une nation.

A plus forte raison en est-il ainsi des livTCS, journaux, circulaires, réclames, annonces qui préconisent plus ou moins ouvertement les pratiques dites néo-malthusiennes, destinées, dans l'union des sexes, à prévenir la conception (voir plus haut, p. 328). Les écrits ou incitations de ce genre pullulent aujourd'hui en France. Les annonces à ce sujet, dans les feuilles soit mondaines, soit populaires, foisonnent. On v recommande les « articles spéciaux pour les deux sexes » destinés à prévenir la conception.

Toute cette littérature, toute cette publicité

ilispoàitions et les tracasseries des pouvoirs publics font aussi -paraître beaucoup de congrégations charitables; celles-oi fournissaient à la bourgeoisie, aussi bien petite que moyenne et à l'élite de la classe ouvrière ou paysanne, â très peu de frais, des pardes-malades ; aujourd'hui, en beaucoup de cas. on doit substituer aux religieuses gardes-malades, devenues beaucoup moins nombreuses, des infirmières laïques, qui parfois, non pas toujours, sont plus instruites, mais dont la rémunération est trois ou quatre fois plus élevée; c'est là pour les familles modestes un gros surcroît de charges.

devraient être punies des peines les plus sévères, non pas de quelques amendes ou de quelques jours de prison, mais d'amendes s'élevant à des milliers de francs et, en cas de récidive, à des' dizaines de mille francs, ainsi que de plusieurs années d'emprisonnement et de la privation des droits civiques (1).

La fabrication et le commerce de ces « articles spéciaux pour les deux sexes » devraient être rigoureusement interdits et punis des mêmes peines. Certains États prohibent la fabrication et la vente de l'absinthe ; en France, on interdit la fabrication et le commerce de l'opium ; le mal est bien autrement grave et les conséquences pour la nation bien autrement terribles dans la fabrication et la vente des objets que nous sig'nalons.

Il faudrait aussi avoir les yeux ouverts sur les sages-femmes, leurs agissements et punir méthodiquement, inexorablement les avortements, non seulement chez les sages-femmes mômes, mais aussi chez celles ou ceux qui recourent à leur office dans ce dessein. Les sages-femmes, au nombre de 13.011

(1) Dans ces dernières années, la raagislrature est sortie parfois en France de son inertie et s'est mise à châtier les actes particulièrement audacieux de propagande néo-malthusienne, conseillant aux femmes « l'emploi des préservatifs », et. subsidiairemeut, en termes plus ou moins voilés, le recours à l'avortement. On cite, en ce sens, trois jugements, l'un du tribunal correctionnel de Rouen (12 mai 1909). les deux autres du tribunal correctionnel de la Seine (21 juin 1909 et 28 décembre 1909). Le dernier de ces jugements condamnait l'inculpé à cinq mois de prison et 3.000 francs d'amende (Jacques Bertillon : La dépopulation de la b'rance, p. 237 et 238) ; le texte de ce jugement est donné dans ledit ouvrage.

Ces accès, nous ne disons pas de sévérité, mais de justice, de la part de la magistrature, sont très honorables et très louables; mais, pour qu'ils fussent efficaces, il faudrait qu'ils fussent fréquents et méthodiques, qu'ils amenassent une répression régulière des honteuses incitations du néo-malthusianisme.

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