‹ La Question de la PopulationChapitre 135 sur 177 · LHYGIÈNE SOCIALE ET I.A MORALE COLLECTIVE · texte numérisé non relu

LHYGIÈNE SOCIALE ET I.A MORALE COLLECTIVE

Bien loin de rendre plus restrictives les lois sur le travail des adolescents et des jeunes gens, ainsi que celles sur les écoles et les règlements sur les entrées de carrière, il convient de les modifier de sorte qu'adolescents et jeunes gens soient en mesure de venir le plus tôt possible en aide à leurs familles et à eux-mêmes.

Certaines classes sont particulièrement stériles, par suite d'une mentalité professionnelle et des exigences actuelles aussi de la profession : la classe des domestiques, par exemple des domestiques attachés à la personne et même des domestiques de ferme et les catégories qui s'en rapprochent : concierges, jardiniers en location, gardes particuliers, etc. Les enfants paraissent aux uns et aux autres un obstacle à leur placement. L'enfant et surtout les enfants sont ici particulièrement redoutés; ces catégories de personnes se marient encore pour avoir un ménage, mais avec la stérilité soit absolue, soit relative en vue (1). Or la classe des domestiques, concierges, gardes, etc., tient une place numérique de plus en plus considérable dans l'ensemble de la population. En 1906, on a recensé 946.000 domestiques « attachés aux personnes ou aux propriétés non industrielles » ; c'est à peu près le vingtième de la population en âge de travail. Dans le département de la Seine, on comptait 635 domestiques sur 10.000 habitants.

M An moment où j'écris ces lignes, il me santé ans yeux, dans le journal Le Temps (n* du i"' octobre 1912) les annonces suivantes, les trois seules concernant, dauis ce numéro de journal.

ce genre demploi : « Jardinier marié demande place » ;

« Ménage jardinier, 28-27 ans. «ans en/an/, demande place » ;

» Jardinier marié. 37 ans, un enfant (7 ans) demande place ».

On voit que plusieurs enfants seraient considérés dans cette profession, comme un obstacle.

4iH LA UUESTION DE l,A POPULATION

Lo remède à cette stérilité serait que les classes supérieures et aisées se pénétrassent un peu pi; (lu sentiment du devoir et consentissent à avoir ib domestiques, concierg'es, jardiniers, gardes, etc . ayant non seulement un ou deux enfants, mais trois ou quatre. Cette réforme morale et mondaine csl difficile à obtenir.

On doit bien se pénétrer de cette idée, que le suprême intérêt de la nation est de se perpétuer : nous venons d'esquisser les règles principales du régime d'hygiène morale et sociale qui s'impose si l'on veut voir le peuple français durer.

Tl nous reste à examiner, en dehors de ce régime général, certains moyens spéciaux qui peuvent avoir de l'efficacité ou auxquels on en attribue une pour relever en France la natalité, mais l'instauration du régime d'hygiène morale et sociale que nous venons de décrire constitue l'œuvre préparatoire qu'il convient d'abord de réaliser.

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