MOYENS SPÉCIAUX D UNE CERTAINE EFFICACITÉ
de la moitié, soit 110.117, seraient actuellement « assistées régulièrement soit par le bureau de bienfaisance, soit par le département ».
Le rapport du directeur de l'Assistance publique propose, pour soulager ces familles nombreuses et nécessiteuses, diverses combinaisons d'allocations mensuelles, soit uniformément dans toutes les communes, de 10 francs par tête d'enfant, à partir du quatrième (ou du troisième, si le père ou la mère a disparu) appartenant à une famille ayant au moins quatre enfants au-dessous de treize ans (ou trois si le père ou la mère a disparu) ; soit de 15 francs dans les villes de plus de 10.000 habitants et de 10 francs dans les communes moindres; soit de 12 fr. 50 dans les villes de plus de 10.000 habitants et de 8 francs dans les communes inférieures. Le coût annuel de ces trois diverses combinaisons serait respectivement de 47.124.000 fr., :')2.o60.000fr., et 42.600.000 francs (2).
Nous mentionnons ce projet, qui ne vise que l'assistance ; mais nous ne croyons pas que la dépense, variant entre 42 millions 12 et 52 12 annuellement pût avoir une influence sérieuse sur la prohficité. Il s'agit là d'une assistance qui peut être justifiée, suivant les cas ; il est clair que la considération du nombre d'enfants à la charge des familles doit tenir la première place dans l'octroi des secours publics. Si l'on veut, toutefois^ provo-
(1) Journal Officiel du 10 avril 1911 (p. 2.921).
(2) Le nombre des enfants donnant lieu à l'allocation serait de 392.700 dans chacune de ces trois combinaisons; en effet, l'allocation ne partirait qu'à partir du quatrième enfant ou du troisième suivant les cas. les deuï ou trois premiers enfants ne donnant lieu à aucune allocation ; dans la deuxième et la troisième combinaison, on compterait 00.700 enfants à 15 francs ou 12 fr 50 mensuellement et 302.000 à 10 ou à 8 francs.
quer une auj^mentation de la fécondité française et imposer à l'Etat des sacrifices pécuniaires à ce sujet, c'est à une combinaison différente et beaucoup plus ample qu'il faut recourir ; nous l'exposerons dans un chapitre suivant.
Nous ne saurions trop répéter que, pour obtenir un effet positif sur le mouvement de la population, il faut beaucoup moins s'occuper des familles dites nombreuses, c'est-à-dire ayant quatre enfants ou davantage, à plus forte raison quatre enfants audessous de treize ans, que des familles que nous appelons normales, c'est-à-dire comptant trois enfants vivants ou davantage, quel que soit leur âge. Jamais on n'obtiendra qu'un grand nombre de ménages en France consentent à avoir quatre enfants ou plus encore ; on peut espérer, au contraire, qu'en recourant méthodiquement aux moyens que nous préconisons on arriverait, avec le temps, à amener la généralité des ménages à constituer des familles normales, c'est-à-dire comptant trois enfants vivants, de quelque âge que ce soit.
Il s'est fondé à Paris dans les années récentes, par l'initiative du capitaine Simon Maire, père de dl enfants, une « ligue populaire des pères et mères de familles nombreuses », en comprenant, sous ce nom, les familles ayant quatre enfants ou davantage . Cette ligue avait organisé le dimanche 9 avril 1912 une manifestation devant le ministère de l'Intérieur ; elle remit au ministre une liste de revendications ; certaines étaient fondées. Mais c'est placer beaucoup trop haut l'idéal que de le mettre à quatre enfants (1).
(1) Voici ces revendications :
« 1» Qu'une allocation ou dégrèvement d'impôt, soit accor-
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Il est une dernière mesure, une véritable consécration nationale, à laquelle il conviendrait de recourir, pour faire une impression un peu profonde et permanente sur la mentalité publique, c'est V octroi du sucrage plural aux pères de familles normales. Les célibataires dans toutes les élections n'auraient droit qu'à un suffrage ; les hommes mariés sans enfants seraient assimilés aux célibataires ; les hommes mariés avec un ou deux enfants auraient droit à deux suffrages ; les chefs de familles normales (c'est-à-dire ayant trois enfants mineurs ou davantage) auraient droit à trois suffrages.
Qu'on n'objecte pas la complication ou des considérations politiques quelconques, ce sont là des arguties. Quand un peuple, comme le peuple fran- (;ais, se voit à la veille de faire un irrémédiable naufrage qui l'engloutira complètement et définitivement, quand il est menacé de disparaître tout à fait et sans retour en trois ou quatre généra-
dée à partir du quatrième enfant, quelle que soit ia situation de fortune des parents;
« â» Que toutes les faveurs dont dispose l'Etat soient rtfservées de par la loi aux familles nombreuses ;
n 3* Quil y ait dans l'avancement des chefs de famille, et dans les examens, et pour eux et pour leurs enfants, une cote de famille ;
a 4» Que la loi du 29 nivôse an XIII (19 janvier 1805). qui permettait aux pères de famille de sept enfants d'en faire élever un frais de l'Etal (loi supprimt'e par la loi des finances de 1880) soit rétablie;
j- Que les bourses soient surtout réservées aux enfaints des familles nombreuses ;
« 6» Que les emplois qui ne nécessitent pas d'aptitudes spéciales soient donnés d'abord aux chefs de ramilles nombreuses qui les demandent ;
« 7» Que l'Etat s'occupe de cette question capitale : les logements pour familles nombreuses. »
Ces revendications, à la condition de substituer les familles de trois enfants au moins aux familles de quatre enfants au moins, sont, en général, justifiées ; la cinquième même devrait être formulée d'une foçon tout à fait absolue.
lions, il doit se cramponner à la seule planche de i salut qui soit à sa portée : le rétablissement, la généralisation de la famille normale comptant trois enfants ou davantage. S'il ne le fait pas, c'est un malheureux, indigne de toute pitié.