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immensités de terrains stériles ou à peu près stériles, des déserts comme le Sahara, le Centre Australien et certaines parties des deux Amériques, tandis qu'il ne se rencontre pas de ces territoires presque inexploitables en Europe ; mais même en tenant compte des déductions à faire de ce chef, il est manifeste que la population du globe, à la condition de se répandre sur toute la surface de celuici, peut augmenter dans de fortes proportions, doubler ou tripler môme, sans être acculée à l'insuffisance de nourriture.
On peut alléguer, il est vrai, que dès maintenant — et c'est une thèse que nous examinerons plus loin — les contrées les plus denses de l'Occident de l'Europe, Angleterre, Belgique, Hollande, Allemagne, Italie, même dans les années peu propices, la France, ne peuvent nourrir leur population qu'en tirant des contrées encore insuffisamment peuplées, les deux Amériques, l'Océanie, l'Afrique, le Nord de l'Asie, des quantités d'objets d'alimentation ou de substances végétales diverses, contre lesquelles elles exportent des articles manufacturés, qu'ainsi la faculté de développement de la population des contrées insuffisamment peuplées ne pourrait se donner complètement libre cours sans réduire les approvisionnements de l'Europe Occidentale au point d'éprouver d'une façon sérieuse, peut-être cruelle, la population de cette partie du monde. Nous examinerons plus loin la portée de cette objection et l'avenir prochain de l'Europe à ce point de vue.
A l'heure actuelle, en tout cas, une minime partie seulement des deux Amériques et de l'Océanie étant cultivée, e,t la plus grande fraction de