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L'ACCROISSEMENT DE LA POPULATION PARMI LES FRANCO-CANADIENS

Les Franco-Canadiens, depuis la cession en 1763 du Canada à l'Angleterre, paraissent constituer le groupe ethnique d'origine européenne, qui s'est montré le plus prolifique pendant une période plus que séculaire. — Milieu pl»ysique et social des Franco-Canadiens tout spécialement favorable à un rapide accroissement de la population. — Incitations particulières à la prolificité. — L'augmentation de la population, de 1763 à 1901, chez les Franco-Canadiens, si énorme qu'elle soit, reste, cependant, au-dessous du doublement en vingt-cinq ans. — Démonstration à ce sujet. t

Le mouvement de la population aux États-Unis, tant dans la population globale, que dans la population blanche indigène ou dans la population noire, n'ayant, à aucune époque, depuis 1790, année à partir de laquelle l'on a des renseignements un peu précis, correspondu à la progression en vingtcinq ans, regardée par Malthus comme normale, en tant que tendance tout au moins, sinon en tant qu'effectivité, recherchons s'il est dans le monde une autre contrée peuplée par la race européenne où une progression de ce genre ait pu se produire.

On invoque parfois l'exemple du pullulement des Français au Canada. Certes, il y a eu là une prolificité extraordinaire. On admet, en général, que, au moment où la France céda le Canada à l'Angle-

terre, en 1763, le nombre des Canadiens français était de 65.000. Il s'est prodigieusement accru.

Les Français canadiens avaient devant eux des immensités de terres fertiles, on peut dire une quantité illimitée de ces terres ; le pays était remarquablement sain ; la dispersion des babitants, la longueur de l'hiver, portaient à la vie de famille. Outre les occupations agricoles, il s'en offrait d'autres qui, lucratives et hygiéniques, développent Ténergie physique et entretiennent la simplicité des mœurs : le métier de bûcheron dans les énormes forêts du Canada dont le défrichement donnait lieu à une très grande et rémunératrice exportation de bois; le métier aussi de chasseur et de trappeur, non pas seulement ou principalement pour du gibier alimentaire, mais pour les fourrures nrécieuses des animaux hyperboréens ; une grande Compagnie, celle de la Baie d'Hudson, encore vivante et merveilleusement prospère, dirigeait cet important trafic; le métier aussi de pêcheur sur les côtes poissonneuses de l'Amérique hyperboréale. Dans tous ces métiers, les enfants dès leur arrivée à la puberté et parfois avant, pouvaient rendre des services; ils produisaient plus qu'ils ne coûtaient; une fois parvenus à maturité, ils se mariaient jeunes et essaimaient; aucune inquiétude de l'avenir; l'exubérance de la nature, en même temps que la facilité d'en tirer parti, faisait à tous un sort assuré et profitable.

Les conditions morales étaient aussi favorables que les conditions physiques et que le milieu social. Les Franco-Canadiens étaient profondément catholiques, fréquentant les églises, écoutant leurs curés, rudes paysans eux-mêmes, pratiquant une religion

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