LES FRANC0-CANAOI£NS
tion tle Canadiens français aux Etats-Unis, notamment dans les Etats du Maine et de Massachussetts
• îi ils ont fourni de la main-d'œuvre aux manulactures ; cela est vrai. Mais dùt-on penser qu'il v avait en 1901, 3 ou 400.000 Franco-Canadiens éta- ])lis aux États-Unis, ce nombre joint aux 1.649. 000 personnes de langue française résidant à la même époque au Canada, ne porterait encore quà 2 millions environ la descendance des Canadiens français de 1763 ; or, le doublement par période de 25 ans exigerait qu'ils fussent au nombre de 3 millions: il s'en faudrait donc d'un tiers environ que le doublement eût lieu dans la période considérée par Maltlius comme anormale (1).
Il faudrait établir, en outre, que les Franco-Canadiens, ainsi supputés, ne proviennent pas en partie tlunions contractées par certains des 63 000 fran-
ais de 1763 avec des sauvages, ou avec des femmes tnglaises ou irlandaises, celles-ci de même reli- -ion, qui auraient introduit un élément additionnel. Le fréquent métissage des Canadiens français, tout iiu moins dans les anciens temps, est certain : c'est
linsi que Ricl, le Franco-Canadien qui leva l'éten-
(I) On ne pourrait se rapprocher, ians encore y atteindre, de ce doublement tous les vingt-cinq ans, indiqué par Malthus, qu'à la condition de considérer commi- Canadiens d origine eïclusive- Mient française, ia totalité des l.li^.liû habitants des Etats-Unis iui, daprt's le recensement de 1110, étaient nés au Canada ou à Terre-Neuve : encore doit-on dire que le nombre de 2.848.000 canadiens de langue française résiliant au Canada en 1901, ou aux Ktats-L'nis en 1910, resterait encore un peu au-dessous de la période de doublement en vingt-cinq ans ; mais, il est de toute évidence
3ue la majorité sans doute des Canadiens établis aux Etats-Unis oit être d origine britannique: il devrait y en avoir plus des deux tiers ayant celte origine si l'on se reporte aux rapports numériques •les deux races dans le Canada actuel: pnis le cnilTre de l.lPD.lfO habitants nés au Canada et se trouvant aux Etals-Unis, s'applique i l'année 1910 et non à l'année 1901. soit neuf années de plus.
dard de la révolte contre l'Angleterre en 1883 et fut pendu par la Grande-Bretagne, était un métis d'Jndiens et de Français : le métissage a été une pratique qui a dû se poursuivre jusqu'à un temps très rapproché, en supposant qu'il ne se produise pas encore, et ainsi s'explique' que les recensements récents ne comptent pas plus de 110.000 ou 120.000 Indiens au Canada.
D'autre part, il est évident que les Franco-Canadiens, surtout dans le passé, ne peuvent représenter un groupe social normal et complet : il s'agit de paysans, ayant pratiquement devant eux des terres illimitées, ou de manœuvres, ayant aussi en lace d'eux une demande de travail pour ainsi dire indéfinie, dans les manufactures et les chantiers tant du pays que des Etats-Unis du Nord, abondamment commandités par les exubérants capitaux d'Europe. Dans ces conditions toutes spéciales, ce groupe ne comprend pas toute la variété de situations que renferme une nation. Il n'est pas soumis, ou du moins, ne l'a pas été, dans le passé, à la diversité des influences morales et matérielles qui agissent sur un groupe social plus complexe, moins primitif, moins près de la nature, pour employer une expression de la littérature contemporaine. Il ne peut donc être considéré comme un exemple du mouvement démographique et de ses tendances chez les peuples civilisés.