‹ La Question de la PopulationChapitre 51 sur 177 · MOUVEMENTS DE LA POPILAIIO.N CHEZ LES ASIATIQUES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DE LA POPILAIIO.N CHEZ LES ASIATIQUES

Quant à la totalité de l'Empire Anglo-Indien, comprenant certaines parties des plus médiocres comme terres, notamment la Birmanie, la superficie en était évaluée, moins quelques districts frontières très peu étendus, à 1.789.134 milles carrés, soit 4.630.000 kilomètres carrés en nombre rond ou plus de huit fois et demie la superficie de la France et la population à 294.361.000 âmes en 1901 et 313.132.000 âmes en 19U, soit 163 habitants au mille carré ou 60 environ au kilomètre carré à la première de ces dates et 176 âmes au mille carré ou 68 au kilomètre carré à la seconde. Cette densité de population peut ne pas paraître énorme, puisqu'elle est inférieure de 6 p. 100 environ à la moyenne de la population de la France; mais il faut tenir compte de ce qu'une très vaste partie de l'immense Empire Indien et de ses annexes, notamment la Birmanie, se compose de montages généralement incultivables, de marécages peu propices à la culture et de hauts plateaux médiocres. 11 serait, toutefois, excessif, semble-t-il, d'admettre que la population de l'Inde soit arrivée à la limite des moyens d'existence et surtout des moyens de production, d'autant qu'elle exporte, d'une façon régulière, du blé, des céréales diverses et des matières premières végétales ou des substances animales ; d'autre part, l'exploitation du sol est encore en certaines régions de cette immense contrée plus ou moins rudimentaire ; il est très vraisemblable que, dans certaines, elle pourrait être considérablement développée. Mais, si elle n'est pas arrivée à la limite des moyens d'existence et surtout des moyens de production, même avec la simple technique actuelle,

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elle paraît s'y diriger ; elle rentrerait assez dans la conception de 3Ialthus (1).

De 1901 à 1911, l'augmentation de la population de la totalité de l'Empire Anglo-Indien s'est élevée à 20.771.000 âmes (3io. 132.537 âmes en 19H contre 294.361.056 en 1901), ce qui représente un accroissement de 6,92 p. 100 en dix ans ou de 0,69 p. 100 par an environ.

La population de l'Inde n'a guère d'exutoire en dehors de l'immense empire Anglo-Indien. Les nations civilisées, au cours du xix" siècle, ont en quelque sorte séquestré les Asiatiques sur leur continent et dans quelques îles tropicales adjacentes. On reçoit bien, il est vrai, les coolies hindous dans les colonies tropicales britanniques, les anciennes terres à sucre, Maurice, les Antilles, la Guyane : le nombre des coolies émigrants de l'Inde a varié depuis 1903-04 entre un minimum de 11.644 (1909-10) et un maximum de 21.003 (1906-07); c'est un écoulement bien maigre, pour une population de 315 millions d'habitants. Si l'Angleterre ouvrait toutes ses colonies à ses sujets angloindiens, l'émigration prendrait aux Indes des proportions beaucoup plus considérables. Mais le gouvernement de Londres, n'osant triompher du mauvais vouloir des gouvernements des grands Dominions britanniques (Australie, Afrique Aus-

(1) La natalité aux Indes est de 36 à 38 p. 1.000 habitants (37.66 en 1907, 37.70 en 1908. 36.65 en 4909); c'est une forte natalité, supérieure à celle de toute les nations de l'Europe Occidentale depuis le début du xx' siècle et se rapprochant de celle des peuples de l'Orient de l'Europe (voir plus loin, pp. 240 et 241) ; la mortalité est très forte et très variable, : 37.18 pour 1.000 habitants en 19U7; 38.21 en 1908 et seulement 30.91 enl909). On sait que, en France la mortalité est maintenant au-dessous de 20 p. 1.000 en Allemagne et en Angleterre seulement de 14 à 17 p. 1.000.

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