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INFLUENCE DE LA GIVILISATION SUR LA NATALITÉ

L'économiste historien Roscher, avec sa vaste érudition, a cité nombre de faits probants, témoigriant que les anciens Grecs, quasi à leur plus belle période, soufiraient de l'insuffisance de la natalité.

La natalité peut être insuffisante au point de vue relatif et au point de vue absolu.

L'insuffisance de la natalité est relative quand, tout en excédant la mortalité, la natalité dépasse celle-ci beaucoup moins dans une nation que chez les nations voisines et concurrentes, de façon que It's proportions numériques et l'équilibre des forces soient modifiés au détriment de la nation la moins prolifique.

Cette insuffisance relative de la natalité a surtout des inconvénients politiques et militaires ; elle peut conduire, toutefois, à l'assujettissement ou à la subordination des peuples les moins prolifiques aux peuples les plus prolifiques.

lu^ insuffisance absolue de la natalité se présente quand celle-ci est, (fune façon fréquente ou continue, inférieure à la morlalité; c'est alors un vrai et terrible fléau ; la nation qui en est atteinte est destinée à se recroqueviller et à perdre graduellement, non seulement son rang parmi les nations, mais son individualité; si elle arrive à conserver encore son nom, ce nom ne couvre plus qu'un alliage d'éléments divers où l'élément purement national lient une place s'amoindrissant chaque jour.

D'après la démonstration de Roscher^ il ne paraît pas douteux que, au fur et à mesure du développement des arts, de l'aisance, sans doute aussi de l'instruction et des ambitions familiales et indivi-

duelles, la natalité n'ait baissé chez" les anciens Grecs et que l'affaiblissement qui en est résulté n'ait aidé à la conquête romaine et à la disparition de la Grèce comme organisme politique et national.

Il en a été incontestablement de même de Rome. Toute la littérature et la législation latine en témoignent. Les efforts d'Auguste pour enrayer la réduction de la natalité et les lois auxquelles il recourut fournissent à ce sujet la preuve la plus péremptoire. Les lois Julia et Pappia Poppœa sont célèbres et ont été l'objet de beaucoup de commentaires. Leur inefficacité est souvent invoquée par ceux qui sont opposés à toute intervention de l'Etat et des pouvoirs publics pour soutenir la natalité. Nous examinerons ultérieurement cette question (voir pp. 421 à 425).

La chute de la natalité dans la Rome impériale devait s'étendre aussi, sans doute, à toute l'Italie; elle a été vraisemblablement une des causes qui, comme on le propose aujourd'hui pour la France, ont fait admettre dans les légions romaines une proportion de plus en plus considérable d'étrangers appartenant aux populations restées primitives, les « barbares », germains, africains ou autres ; cet affaiblissement de la natalité dans les provinces qui constituaient le cœur de TEmpire Romain a sans doute notablement contribué à livrer l'Empire aux barbares.

Il semble, toutefois, que dans la Rome Impériale le fléau ait eu une autre marche que celle qu'il paraît prendre et devoir suivre dans certaines nations contemporaines. Dans la Rome antique et décadente on se plaignait surtout de la fréquence du célibat, de la réduction du nombre des ma-

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