‹ La Question de la PopulationChapitre 61 sur 177 · LA NUPTIALITK RN FRANCE · texte numérisé non relu

LA NUPTIALITK RN FRANCE

li's nouvollos unions où entrent des divorcés ajoute o.OOO à 6.000 mariages nouveaux au nombre qui, sans cette législation, se serait normalement produit (voir plus loin, page 3o0, note 2).

L'affaiblissement de la nuptialité en France, par des causes à coup sûr non physiques, mais morales (4 sociales, malgré le développement de l'aisance et (le l'instruction, ou plutôt par suite même de ces conditions nouvelles, est un fait certain pour la période qui va de 1877 à 181)7. Nous verrons plus loin s'il est possible de l'attribuer, soit au poids des impôts, soit aux charges du service militaire. On vient de voir que, de 1900 à 19Î1, il y a eu un relèvement de la nuptialité, qui a de nouveau oscillé autour de 8 pour 1.000; les causes de ce relèvement viennent d'être expliquées.

A tout considérer, il n'y a pas trop à se plaindre du taux de la nuptialité en France, quoique si l'on tient compte de la faible proportion des enfants dans la population, le taux de 8 p. 1.000 ne puisse être considéré comme élevé ; en Allemagne, avec une bien plus forte proportion d'enfants dans l'ensemble de la population, le taux de la nuptialité était de 8,2 pour 1.000 en 1906, 8,1 en 1907, 7,9 en 1908, 7,7 en 1909, proportion sans cesse décroissante (1). Dans la Grande-Bretagne et l'Irlande le taux de la nuptialité relatif à l'ensemble de la population est sensiblement plus faible : de 1896 à 1901, il varia de 7,3 à 7,8 p. 1.000; il n'est plus que de 7,13 en 1908 et de 6,90 p. 1.000 en 1909(2). La France supporte donc assez bien la

(1) Stalistiches Jahrbuch fur dos Deutsche Reich, 1911, p. 20.

(2) Stalistical Abstracl for the United Kingdom, froin 1895 to

comparaison avec les autres pays sous le rapport de la nuptialité, toute réserve faite de la faible proportion des enfants dans l'ensemble de la population française.

Sur un autre des trois éléments que fournit l'état civil relativement à la population, le chiffre des décès, il n'y a qu'une observation importante à faire : c'est la décroissance très sensible du taux de la mortalité, nous ne disons pas depuis 1806 ou 1810 qui appartenaient à une période exceptionnelle, mais depuis 1815. De 181S à 1830, sous la Restauration, d'après les chiffres publiés par M. Levasseur, dont les principaux ont été reproduits dans notre tableau des pages 194 et 19o, le taux le plus bas de la mortalité fut de 24 p. 1 .000 en 1823, et le plus élevé de 26,3 en 1826, le taux moyen étant de 25,18. Dans la période de 1831 à 1850, le taux de la mortalité fut beaucoup plus favorable, descendant à 21,2 en 1845, montant, il est vrai, à 28,5 au début de la période en 1832 (année de choléra), mais devenant très bas de 1843 à 1848, se relevant, toutefois, à 27,3 en 1849 ; la moyenne du taux de mortalité dans cette période est encore de 24,07 p. 1.000, chiffre élevé. De 1851 à 1869, on ne voit pas, dans cette période de déplacements industriels, les plus bas taux de mortalité de la période précédente (21,2 p. 1.000 en 1845), mais on se tient au-dessous du taux le plus élevé de la même période (28, o en 1832); pour cette période

1909, p. 362; dans ce document, au lieu de donner le taux de la nuptialité, c'est-à-dire le nombre des mariages effectués pour 1.000 habitants, on donne le nombre des gens mariés chaque année, toujours pour 1.000 habitants, soit 14.3 en 1908 et 13,9 en 1909 : ces nombres doivent naturellement être divisés par deux pour avoir le nombre dos mariages.

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