pour 1.000 en 1907, 15,2 en 1908, 14,8 en
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Les colonnes les pins importantes à consulter dans le tableau des pages 194 et 195. pour se rendre compte de la tendance du mouvement de la population, ce sont celles qui concernent les naissances ; elles sont, au plus haut degré, caracléristiques. On V voit que, au point de vue absolu, après avoir monté, dune manière presque continue, de l'an IX (1801) jusque vers 1826, après être restée quasi stationnaire en moyenne jusque Vers 1869, et pendant les années qui ont tiumédiatemenl suivi la guerre de 1870-1874, la natahté baisse sensiblement et constamment à partir de 1878, se relevant à peine légèrement, mais passagèrement en quelques rares années comme 1893, 1896, mais pour tomber ensuite de nouveau plus bas.
tx iminons la décade 1879-1888, qui ne peut pas être considérée comme ayant été fort influencée par la guerre de 1870-1871 ; en eflet, les jeunes gens capables de contracter mariage dans cette décade d'années étaient, pour la presque totalité, au-dessous de l'âge militaire pendant la guerre firanco-allemande ; d'autre part, le déOcit des naiftsances des années 1870 et 1871 ne pouvait pas encore se faire sentir sur le* unions. Dans celte période décennale
1, 6i»itMiMi AUirmet froffi iW5 ta IM», p. 312. Ea Âll<^ magM hr eoaprâ les mort-nés q«e Yom ae < pss tairvr dar. le eakaî ea Pnnee». la BorUlité « tfté d* 1»JI foor i.M» «^ iSOi, l».i en 1*)7 et en iS««. !»,« po» !-••• en I9t»; si lo: tient compte de ce «tm 1^ sUUsbqne nBemude compraid 1^ ~ mort-nés. In mortnUte y ressort comme dTnn» l^cna nMnônb^ moins forte qn'en Prance sans compter qne In pnmortion de la popniatiMi enftniine y est beiacoop pins con^dâaUe.
(le 1879 à 1888, ainsi choisie à l'abri de toute influence exceptionnelle, le chiffre absolu des naissances, d'après les tables de M. Levasseur, est de 9.221.000 en chiffres ronds. Le nombre absolu des naissances dans la période de 1860 à 1869 atteignait 9.922.000; dans la décade de 1831 à 1840, il montait à 9.667.000 ; enfin dans la décade de 1820 à 1829, il s'élevait à 9.729.000. Ainsi, le chiffre absolu des naissances en France dans la période, parfaitement normale, de 1879 à 1888, est inférieur de 701.000 à celui de la période 1860-1869, de 446.000 à celui de la période 1831 à 1840, et de 508.000 à celui des dix années de 1820 à 1829. Cette diminution du chiffre absolu des naissances, quoique le chiffre de la population globale soit très supérieur à celui des périodes tout au moins de 1820 à 1829 et de 1831 à 1840, et approximativement égal à celui de la période 1861-1869, est certes digne de la plus grande attention.
C'est la colonne, toutefois, du rapport des naissances à la population qui est de beaucoup la plus saisissante et la plus démonstrative. De 1805 à 1815 inclusivement, la natalité se tient 8 années sur 10 fort au-dessus de 30 pour 1.000 habitants, et dans les deux années oii elle tombe au-dessous elle ne s'en écarte que d'une façon infinitésimale, étant de 29,4 en 1812 et de 29,9 en 1813; la moyenne de la natalité dans ces dix années est de 31,31 pour 1.000 âmes de population. L'effroyable guerre qui sévissait et qui enlevait et détruisait des légions de conscrits, moissonnant la partie la plus vigoureuse de la jeunesse masculine, ne semblait pas nuire aux naissances ; on eût dit qu'elle les stimulait et que les familles, en vue des pertes pos-
sibles, s'approvisionnaient d'enfants. Ces habitudes de forte natalité se prolongèrent, en s'atténuant i^raduellement, toutefois, pendant les quinze années de la Restauration, période essentiellement pacifique et de relèvement aprricole et industriel. Dans les quinze années de 1816 à 1830, la natalité ne descendit que deux fois au-dessous de 30 p. 1.000, et même dans ces deux années exceptionnelles, les deux dernières de la période, elle ne s'écarta g^uère de ce chiffre, tombant seulement à 29,9 en 1829 et à 29,8 en 1830 ; quant à la moyenne de la natalité pour ces quinze années, elle fut de 31,25 p. 1.000. très légèrement inférieure à celle des dix années de guerre précédente.
Sous le règne, cependant si progressif, de Louis- Philippe, où s'épanouit la grande industrie et où la paix fut ininterrompue, le taux de la nataliié s'abaisse sensiblement; on ne revoit plus une seule fois ces taux de 31 et 32 p. 1.000 qui étaient fréquents, ou celui de 33 qui se présentait occasionnellement ; on ne voit même qu'une fois, et précisément dans la première année, en 1831, le taux de 30, qui eût été considéré comme faible pendant les vingt-cinq années précédentes; on tombe bientôt au-dessous de 29, puis au-dessous de 28. Dans cette période 1831 à 1840, la moyenne de la natalité est de 29,01 pour 1.000 habitants ; or, non seulement ce chiffre est inférieur d'environ 7 p. 100 à celui des périodes 1806-1815 et 1816-1830, mais encore un taux aussi bas que cette moyenne ne s'était pas rencontré dans une seule année de celte période d'un quart de siècle. La décade 1841-1850 devait offrir une autre décroissance du taux de la natalité ; il arrive que celle-ci descend, dans cer-
laines années de cette période, au-dessous de 27 et même 26 p. 1.000, tombant à 2S,4 en 1847, qui suit, il est vrai, une année de famine, à 26,4 en 1848, à 26,7 en 1850 ; la moyenne dans cette décade n'est plus que de 27,44 naissances par 1.000 habitants.
L'époque beaucoup plus progressive encore et plus prospère du second empire va-t-elle réveiller cette natalité languissante? Il n'en est rien. Dans les dix années 1851-1860, non seulement on ne revoit jamais plus ces taux de 33, 32, 31, 30 p. 1.000 qui étaient habituels de 1806 à 1830, ou de 29 et 28 p. 1.000 qui l'étaient de 1831 à 1840, et dont le dernier, celui de 28 p. 1.000, se rencontrait très fréquemment de 1841 à 1845, mais le taux même de 27 devient exceptionnel; il n'est plus atteint que deux fois dans ces dix années 1851-1860, à savoir en 1851 même et en 1859 ; quant au taux moyen de la natalité dans cette période décadaire de 1851 à 1860, il n'est plus que de 26,33 p. l.OOOj, inférieur de bien près de 20 p. 100 au taux des périodes 1806-1815 et 1816- 1830, etde 9 p. 100 à celui delà période 1831-1840, enfin de 4 p. 100 à celui de la décade 1841-1850. Les dix années suivantes, 1861-1870, ne modifient pas la marche décroissante ; elle était, toutefois, arrivée à un point où la chute devait naturellement se ralentir. Dans ces dix années 1861-1870, non seulement on ne revoit aucun taux de 33, 32, 31, 30, 29 et 28 p. 1.000, mais même celui de 27 p. 1.000 a définitivement disparu, et dans les trois dernières années (1868-1870, l'année 1870 n'ayant nullement été influencée, au point de vue des naissances, par la guerre qui n'éclata qu'au
mois de juillet), on tombe au-dessous de 26 p. \ .000; la moyenne du taux de natalité pour ces dix années, représentant une période extraordinaireiiienl prospère et toute pacifique, estde 26, 30 p. 1 .000, inférieure, d'une façon infinitésimale, il est vrai, au taux, si déprimé déjà, de la période décennale I S") 1-1 860.
Dans les dix années 1811-1880, la natalité est t-ncore plus faible ; on pourrait . l'expliquer en [•artie par les ravages qu'a faits la guerre de IK70-71 dans la jeunesse masculine; mais, outre (|ue la forte natalité sous le premier Empire et au début de la Restauration témoigne que cette explication serait insuffisante, les taux déjà bas de natalité des années 1868, 1869 et 1870 prouvent qu'il devait y avoir à cette décroissance des naissances des causes plus générales. Quoi qu'il en soit, dans cette période 1871-1880, le taux de la natalité n'est jamais remonté à 27 p. 1000 et est tombé plusieurs années au-dessous de 25 ; la moyenne en a été de 25,42.
On eût pu espérer que la décade 1881-1890 aurait vu la natalité se relever ; alors, l'eflTet des pertes de jeunes hommes causées par la guerre de 1870-71 ne pouvait plus se faire sentir, dans des i proportions sensibles, sur les mariages, et, d'autre part, l'effet de la raréfaction des naissances en 1^71 n'était pas encore susceptible de se produire ur les unions, du moins dans une mesure appréciable. Or, cette période de 1881-1890 qui a, d'ailleurs, été toute pacifique et plutôt prospère, consi- .nrée dans l'ensemble, n'a fourni qu'une natalité moyenne de 23,87 p. 1.000, inférieure de 23 p 100 environ à celle des périodes 1806-1815 et 1816-
1830; d'environ 17 p. 100 à celle de 1831-1840, de plus de 11 p. 100 à celle de 1841-1850; de 10 p. 100 environ à celle des périodes 1851-1860 et 1861-1870; enfin de 6 à 6 1/2 p. 100 à celle de la période 1871-1880.
Les dix dernières années du xix* siècle, malgré un faible relèvement des naissances en 1893, témoignent d'un nouvel affaiblissement : 8. 530. 000 naissances, soit 853.000 par an ou un taux moyen de 22 à peine pour 1.000 babitants. Les onze premières années du xx" siècle témoignent d'une chute nouvelle, beaucoup plus accentuée même et plus rapide, surtout dans les années toutes récentes : 815.000 naissances en moyenne par année ou 20,9 par 1 .000 habitants ; dans les deux années 1907 et 1908 le chiffre des naissances tombe au-dessous de 800.000 et le taux de natalité annuelle pour les deux réunies n'atteint pas 20 p. 1.000; c'est encore pis dans les trois années 1909, 1910 et 1911, le nombre des naissances n'y est respectivement que de 769.000, 774.300 et 742.100 ; ainsi le niveau de 750.000 naissances est perdu alors qne l'on se tenait aux environs et même parfois au-dessus de 1 million vers le milieu du second Empire et que, sauf l'année de guerre 1871 et l'année tout exceptionnelle 1890, on était resté largement au-dessus de 850.000 jusqu'en 1897 inclusivement. Pour l'ensemble des trois années 1909-1911, la natalité n'est annuellement que de 19,4 pour 1.000 habitants et elle tombe au-dessous de 19 p. 1.000, soit à 18,7 pour 1.000 habitants en 1911 : et cela malgré l'arrivée à l'âge nuptial des hommes nés dans les années de 1872 à 1886, lesquelles avaient conservé une natalité relativement assez satisfaisante.
<Jue sera-ce dans les années qui vont venir et qui représenteront l'arrivée à rage nuptial de générations beaucoup moins nombreuses? (1) Rappelons que les taux de natalité, jug:és cependant modiques, des trois dernières années du second Empire, 1868, 1869 et 1870, étaient encore de 25,7, 25,6 et 25,5 pour 1.000 habitants : dans un de nos principaux ouvragées, nous écrivions il v a une douzaine d'années : « la probabilité semble être que, à partir de 1 010 à 1915, le taux de la natalité fléchira encore sensiblement et aura de la peine à se tenir audessus de 20 ou 21 p. 1.000 (2). » Cette prévision s'est plus que confirmée ; on est tombé sensiblement au-dessous de 20 naissances pour 1.000 habitants.
La natalité moyenne actuelle, déjà si faible, n'est maintenue encore que par la survivance des mœurs antiques dans quelques départements reculés, que le mouvement des idées nouvelles finira par pénétrer : quatre départements de Bretagne, le Finistère, le Morbihan, les Côtes-du-Nord, rille-et-Vilaine ; la Corse, les Hautes et les Basses- Alpes, la Lozère, et, d'autre part, deux départements septentrionaux qui comptent un important élément étranger, le Nord et le Pas-de-Calais. Si la dizaine de départements encore relativement un peu prolifiques vient à se mettre au pas du reste de la France, ce qui semble être l'aflfaire de quelques années, la natalité française, déjà si faible,
(<) Dans le premier semestre de 1912, la natalité française a un. (ire fléchi; on n'v a compté que 378.807 naissances, au lieu de ;<sj '99 en 1911 et de 399.669 en 1910; c'est, ramené à l'année, un rapport de 19,1 pour 1.000 habitants.
(2) Voir notre Traité théorique et pratique d Economie Politique (3« édit.. 1900. t. IV. p. o87 .
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devra encore baisser ; c'est ce que l'examen attentif des statistiques des naissances par département nous permettait déjà d'annoncer il y a trente ans. Au fur et à mesure que les départements primitifs se civilisent, dans toutes les acceptions reçues du mot, la natalité générale doit faiblir [i).
Il suffit de jeter les yeux sur le tableau qui suit pour saisir l'énorme recul du taux des naissances en France depuis le commencement du xix* siècle. Jamais l'on n'eût eu l'idée, sous le premier Empire, sous la Restauration et dans la première décade du règne de Louis-Philippe, d'une natalité aussi faible, nous ne disons pas que celle de 1901-1911 ou 1891-1900, mais que celle même de la période 1881-1890 : le taux annuel le plus élevé de cette période 1881-1890, à savoir celui de l'année 1881, reste fort au-dessous du taux annuel le plus bas de toutes les périodes de 1806 à 1870 et particulièrement de la période 1831-1840, et encore plus de ceux des périodes 1816-1830 et 1806-1813 (2).
TAUX MOVEN
de la natalité