habitants
dans la période.
dans la période.
28,50 (1841 et 1842)
26,90 (1861 et
(1) Voir plus loin, pages 391 à 403, les départements relativement encore un peu féconds et ceux le plus affligés de stérilité.
(2) D'après les tables de Levasseur, La Population française.
Cette décadence quasi ininterrompue du taux annuel des naissances depuis Le commencement du XIX" siècle offre tous les caractères de la permanence. Il est à craindre qu'elle soit encore loin tlêtre arrivée à son terme ; si le taux des naissances ne peut tomber à rien, il est possible que, dans une quinzaine ou une vingtaine d'années, vers 1930 ou 1935,parexemple, les naissances annuelles fléchissent aux environs de 650.000 ou même de îJOO.OOO, ce qui représenterait une moyenne toml)ant sans doute au-dessous de 2 naissances par mariage, sans tenir compte de ce que le nombre des mariages a chance de se réduire ; quant au nombre des enfants naturels, jadis de 70.000 à To.OOO par année et aujourd'hui de 63.000 à iS.OOO (voir plus loin, p. 215) il se réduira aussi, non par une amélioration de la moralité, mais par la propagation des pratiques anliconceptives. Dès maintenant, on doit envisager que le nombre des naissances a chance de tomber rapidement à 700.000 par an et bientôt après à 650.000, sinon même à 600.000. Si l'on considère que le niveau annuel a baissé de 100.000 naissances en neuf années seulement, soit de 1902 à 1911, et que les causes morales et sociales qui ont amené ce déclin sont, comme nous le montrerons plus loin, encore en pleine activité, on ne pourra s'étonner, sauf un prompt changement dans les mœurs qui ne sau-
t. II, pp. 6 à 9, dans toat le long espace de 1815 à 1868, le chlfTre des naissances annuelles n'a été que s fois, en ces cinquante-trois années, au-dessous de i;50.000 ; encore, dans ces huit années, sauf quatre, n était-il que de très peu inférieur à 9r.0.00U ; depuis'l869 au contraiie, jusqu'en 1893, inclusivement, le chiifre dé 950.000 naissances annuelles n'a été atteint, en ces vingt-cinq ans,
Îue dans trois années, et il ne l'a pas été une seule fois' epuis 1877; celui de 750.600 est actuellement perdu (1911)
rait être spontané, que le niveau de la natalitt" française baisse encore d'une centaine de mille naissances d'ici à une douzaine ou une quinzaine d'années et peut-être de 150.000 avant un demisiècle. Les départements encore à mentalité primitive ou traditionnelle, comme ceux de Bretagne, de Vendée, quelques-uns du centre de la France, la partie flamande et la population belge des départements du Nord et du Pas-de-Calais tendant à se « moderniser » et se démocratiser de plus en plus, et, d'autre part, le nombre des mariages devant graduellement se réduire notablement, surtout h partir de 1920 ou 1925, à mesure qu'arriveront à l'âge de la nuptialité les générations produites par la faible natalité des années écoulées depuis 1890. Quant à un relèvement sérieux des chiffres des naissances, rien ne permet de l'espérer, en dehors des mesures que nous indiquerons; encore tendraient-elles plutôt à empêcher un nouvel abaissement de la faible natalité actuelle qu'à en assurer le relèvement.
On objectera qu'il n'en résulte pas que la population de la France doive nécessairement se réduire ; elle a bien diminué, dira-t-on, dans les trois années consécutives 1890, 1891 et 1892 et de nouveau en 1895, en 1900, en 1907 et en 1911, du chef de son mouvement propre, l'immigration et l'émigration laissées de côté ; mais cette réduction, qui a j été de 38.000 âmes en 1890, 11.000 en 1891, 20.000 en 1892, 18.000 en 1895, 26.000 en 1900, 20.000 en 1907 et 34.800 en 1911, est attribuée par certains optimistes encore plus au chiffre anormalement élevé des décès qu'au chiffre déprimé des naissances; les épidémies d'influenza et
de choléra, disent-ils, en sont la cause, et l'on peut les regarder comme accidentelles. Quoique le taux des décès se soit sensiblement atténué depuis 1816 et même depuis 1830 ou 1870 en France, on peut concevoir, nous l'avons dit, qu'il se restreigne encore sensiblement. Avec le progrès de l'hygiène et du bien-être, si l'on enraye le vice alcoolique, il ne serait pas impossible que le taux des décès tombât avec le temps à 17 ou 18 pour 1.000 environ, sinon même à 16 pour 1.000, soit entre 703.000 (chiffre de l'année 1910, jusqu'ici la plus favorable) et 634.000 par an ; le chiffre des naissances de 1911 pourrait encore baisser d'un vingtième environ dans le premier cas, d'un dixième dans le second, tout en laissant, dans l'hypothèse de la réduction des décès à 18 ou 16 pour 1.000, les naissances et les décès dans un approximatif équilibre et en comportant une population strictement stationnaire, toute réserve faite du mouvement d'immigration et d'émigration. Cette situation, en soi, serait déjà très regrettable, car il est utile d'avoir un excédent tout au moins modique de population pour entretenir l'esprit d'entreprise et mettre en œuvre toutes les ressources du sol et du sous-sol, ainsi que les industries sans cesse transformées et accrues par les découvertes scientifiques, sans parler de l'utile participation de la lation k la mise en valeur et au peuplement des îontrées du globe encore indéveloppées. Mais la îonception que nous exposons est d'un optimisme très superficiel et décevant. La réduction de la Imortalité à 16 pour 1.000 n'est nullement certaine, ini, en tout cas, toute prochaine, et il est possible fque les naissances avant un quart de siècle tom-
bent au-dessous de 650.000 âmes; elles se sont réduites de près de 200.000 en 30 ans (937.000 naissances en 1881 et 742.000 en 1911).
Bien plus, si, comme tout semble le faire prévoir, le chiffre des enfants par couple marié vient à tomber un jour, sinon même bientôt, au-dessous de deux, la réduction graduelle de la population de la France d'origine française, deviendra, quelle que soit la réduction de la mortalité, un fait inéluctable, contre lequel rien ne pourra prévaloir (voir plus loin, page 415).
La France inflige donc un démenti flagrant au prétendu principe de population de Malthiis ; le démenti est d'autant plus catégorique que Malthus, il n'y a guère plus d'un siècle, était loin de considérer que la France fit exception à la loi qu'il croyait avoir établie. On a vu plus haut que Malthus signalait les très nombreux mariages de V ancienne France^ le très grand nombre des enfants dans 7iotre pays, la très forte proportion de la population enfantine à la population totale, l'influence prolifique de la petite propriété, etc. (Voir plus haut, pp. 187 à 192). La France de la fin du XVIIt siècle et du commencement du XIX" siècle paraissait donc à Malthus un argument en faveur de sa doctrine. Aujourd'hui^ sauf que les mariages sont restés dans ce pays assez nombreux, tous les autres traits constatés par Malthus dans la population de notre pays ont fait place à des traits opposés : les naissances sont peu nombreuses, la population enfantine est en faible proportion avec la popula^ tion totale, la petite propriété porte à la stérilité.
D'oii vient que la situation démographique de la France se soit ainsi complètement retournée