LA SUISSE
L'examen de l'évolution de la natalité chez les divers peuples civilisés témoigne d'une réduction considérable et quasi continue de la natalité au cours du xix» siècle et dans la partie écoulée du XX» siècle. — L'accroissement de la population en Belgique et l'affaissement du taux de la natalité depuis 1831. — Distinction entre les provinces wallonnes ou de race française et les provinces flamandes. — Enorme abaissement de la natalité dans les provinces wallonnes: le taux tend à s'y rapprocher du taux de la natalité en France. — Un premier degré de bienêtre, parmi des populations rudes et ayant peu de besoins, tend à développer la prolificité; un degré ultérieur de bien-être, d'instruction et de sentiments démocratiques, la restreint.
Un coup d'oeil jeté sur les statistiques des prinl'ipaux pays arrivés à un haut état de civilisation va convaincre de cette vérité que toute la civilisation contemporaine tend à réduire considérablement la natalité.
Considérons un des pays où la natalité est restée longtemps assez forte et où la population, très industrielle, n'est encore qu'assez médiocrement aisée : la Belgique. Examinons-la d'abord en bloc, puis en prenant ensuite à part chacune des deux
grandes catégoriques ethniques d'habitants qu'elle contient : les Flamands et les Wallons.
Complétons les renseignements donnés plus haut (page 148) : de 1830 à 1910, en quatre-vingts ans de très rapides progrès industriels et agricoles et de paix ininterrompue, la Belgique a gagné 3.440.217 âmes, passant de 4.076.513 habitants à 7.513.730, soit un accroissement de 84 1/2 p. 100; mais, comme il s'est produit une certaine émigration belge, ces chiffres n'expriment pas absolument toute la puissance d'accroissement de la population du pays. Ce qu'il faut considérer, ce sont les naissances annuelles et leur rapport à la population existante. En chiffres absolus, jusqu'à ces toutes dernières années, les naissances annuelles se sont fort accrues : elles oscillaient entre 129.000 et 152,000 dans la période de 1830-1840; elles oscillent entre 186.271 et 200.077 dans la période 1901- 1906 : dans la période triennale suivante (1907-1909) , le chiffre le plus élevé est de 185.138 en 1907 et le plus bas de 176.431 en 1909. L'augmentation du chiffre absolu des naissances était assez faible dans la période 1901-1906 par rapport à la période 1895-1900 (minimum 183.015 ; maximum 194.268), on sentait là une tendance au ralentissement ; cette tendance s'est manifestement révélée dans la période triennale 1907-1909. Si, au lieu de considérer les chiffres absolus, on examine attentivement la proportion des naissances à la population, on est frappé de l'affaiblissement graduel et presque continu de ce rapport. On en jugera par le tableau suivant que nous composons avec V Annuaiî'e statistique de la Belgique pour 1907 et le Statesman s Yearbook pour 1912, page 648 :